Aménagement

Lille: la fin d’une situation foncière ubuesque à «Saint-Sauveur»

Mots clés : Gares, aéroports - Transport ferroviaire

Grands sourires pour tous les acteurs présents ce vendredi 17 mars 2017 à la gare Saint-Sauveur à Lille. Objectif: signer l’acte notarié scellant -enfin- la vente de 13 ha de friches ferroviaires de la SNCF à la Métropole européenne de Lille (Mel). Il aura fallu plus de 10 ans de négociation et une loi, presque sur-mesure, pour acquérir ce terrain qui va donner une nouvelle vie aux 23 ha de «Saint-So» situés en centre-ville de la capitale des Flandres.

«On a un vrai problème à Lille. C’est ce qu’on m’a dit quand je suis arrivé à cette fonction de délégué interministériel. J’ai de fait trouvé des acteurs tendus qui en avaient plus qu’assez, après plus de 10 ans de négociations pour acheter à la SNCF ces 13 hectares de friches ferroviaires afin d’en faire un nouveau quartier», a résumé lors de son allocution le délégué interministériel à la mixité sociale dans l’habitat, Thierry Repentin.

De fait, le blocage de ces 13 hectares sur les 23 que compte le site au total a donné du fil à retordre aux élus locaux qui ont depuis plus de 10 ans frappé à toutes les portes pour débloquer une situation «ubuesque», comme l’a nommée Damien Castelain, président de la Mel, nouvelle propriétaire des lieux.

 

Opiniâtreté et persévérance

 

Thierry Repentin a notamment souligné l’opiniâtreté et la persévérance d’Audrey Linkenheld, élue municipale déléguée au logement à Lille, députée (PS) du Nord et rapporteur de la loi du 18 janvier 2013 de mobilisation du foncier public (voir encadré). Loi ayant permis de débloquer les 13 hectares de terrain. La décote accordée en vu de faire du logement social a permis à la Mel d’acquérir les terrains au tarif imbattable de 60 euros du m2.

«C’est un grand jour. Pierre Mauroy serait content. Le combat que nous avons dû mener contre réseau ferré de France a été hallucinant. Aujourd’hui grâce à une loi courageuse inventive et efficace les terrains ont pu bénéficier d’une décote permettant de développer un quartier mixte de 2 500 logements et 4,5 ha de verdure», s’est réjouie la maire de Lille, Martine Aubry.

Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable s’est, de son coté, félicité de cette cession de terrain, la plus importante en surface menée par l’état dans ce cadre de la loi de janvier 2013: «Libérer du foncier constructible en zone dense à prix accessible va permettre de créer des logements abordables en cœur de ville. Cela participe aussi à la relance de la construction. Mener la bataille du foncier est très important. Il faut définir les décotes en fonction de la nature des projets. L’Etat et ses opérateurs publics doivent être exemplaires».

 

Focus

Une loi qui a la... décote

La loi de mobilisation du foncier public en faveur du logement du 18 janvier 2013 permet à l’État de mettre en vente les terrains nus ou bâtis de son domaine privé ou de celui de ses établissements publics pour construire des logements. Selon le principe de décote, la loi prévoit que le prix de cession de ces terrains peut être inférieur à leur valeur vénale dès lors qu’ils ont vocation à accueillir des programmes de logements, notamment sociaux. L’avantage financier résultant de la décote est exclusivement et en totalité répercuté dans le prix de revient des logements locatifs sociaux et des logements en accession à prix maîtrisé.

 

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