Transport et infrastructures

Ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, la réalisation de tous les superlatifs

Mots clés : Gouvernement - Transport ferroviaire

La dernière-née du réseau ferroviaire français, inaugurée ce mardi en présence de François Hollande, se signale à la fois par l’ampleur d’un chantier démarré en 2012, et son exploitation, concédée sur 50 ans au consortium Lisea.

L’inauguration s’est faite en grande pompe. Le président de la République, François Hollande, s’est rendu ce mardi 28 février sur la base de maintenance Mesea (la société chargée de la maintenance de la LGV) à Villognon (Charente) pour l’inauguration de la ligne à grande vitesse (LGV) sud Europe Atlantique (SEA) Tours-Bordeaux (SEA) Tours-Bordeaux, qui sera mise en service le 2 juillet prochain. Cinq ans de travaux et 7,8 milliards d’euros auront été nécessaires pour créer cette nouvelle ligne, qui met Paris à seulement 2h04 de Bordeaux, réalisée dans le cadre d’une concession avec le partenaire privé Lisea.

 

Le chantier a généré 17 000 emplois

 

Cette inauguration marque la fin du plus grand chantier ferroviaire d’Europe et de 37 millions d’heures de travail. Un chantier achevé avec un mois d’avance. Unique par sa taille puisqu’il s’agit de 300 km de voie nouvelle, 40 km de raccordements et de 500 ouvrages d’art, dont 24 viaducs, la LGV l’a été aussi en termes de montage financier. SNCF Réseau l’a concédée au partenaire privé Lisea (Groupe Vinci) pour 50 ans. Un partenaire qui a investi 3,3 milliards d’euros, aux côtés de SNCF réseau (1 milliard d’euros + 1,2 milliard d’euros pour des aménagements complémentaires) et des 58 collectivités, l’Etat et l’Europe (3 milliards d’euros).

«C’est cette association qui a permis de réaliser un investissement aussi considérable en si peu de temps», a salué François Hollande, lors de la cérémonie d’inauguration. «Un mélange de fierté et de bonheur, a commenté Alain Rousset, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, tant la bataille, débutée en 1998, a été longue.» Il faisait notamment référence à la difficulté de boucler le financement. «Les collectivités locales ont participé, même si elles ne savaient pas quelles seraient les retombées.» Au final, le chantier a généré 17 000 emplois directs et indirects; 2000 personnes ont, par ailleurs été recrutées localement. Au pic des travaux, 9 000 salariés ont gravité sur le site.

 

«Une vraie prouesse»

 

Lisea a confié la conception et la construction de la LGV SEA Tours-Bordeaux au groupement d’entreprises Cosea, piloté par Vinci Construction, associant Eurovia, ETF, le pôle Energies de Vinci, Inéo Rail, ainsi que Systra et d’autres entreprises extérieures au groupe Vinci: NGE, TSO, Egis.

La complexité du chantier était principalement liée à sa taille. «La vraie prouesse, c’est la coordination et les délais», commente Martial Du Puy de Goyne, présent à toutes les étapes du chantier en tant que directeur adjoint à la direction de projet dans le secteur 2 (Poitiers), directeur adjoint de la base travaux et directeur des essais.

Avec du recul, c’est la gestion de la co-activité des quatre sous-groupements infrastructure, voie-caténaires, télécommunications-signalisations et énergie qui a été ardue. Pour simplifier les interventions, il y a eu beaucoup de préfabrication béton sur les ouvrages d’art. «C’est intéressant d’un point de vue économique, indique Martial Du Puy de Goyne, car il y a moins de personnel sur place – 10 personnes pour réaliser un ouvrage voûté de 300 mètres sous l’A 10 au Nord de Poitiers – le chantier est plus «secure» et la qualité meilleure.»

 

Trois ans à l’avance

 

D’autant que Cosea avait sa propre usine, démantelée à l’issue des travaux. Un point difficile a dû être traité: les raccordements à la voie existante. «SNCF avait des travaux à faire sur ces lignes et les trains ont continué à circuler, c’était à flux tendu. Il a fallu bloquer des créneaux de nuit et durant le week-end trois ans à l’avance pour certains travaux ! Et nous avons dû décomposer les tâches, ou attendre.» D’un point de vue environnemental, Cosea salue également son action. « Lisea et Cosea ont travaillé en amont en évitant les zones humides et mettant en place les mesures compensatoires», précise Martial Du Puy de Goyne.

Pour certaines des 223 espèces protégées répertoriées, Cosea a réalisé 814 ouvrages de déplacement de la faune et Lisea a acquis 3500 hectares de surface pour mettre en place les mesures compensatoires: 1700 ha sont à ce jour validés, 600 ha proposés et 1220 identifiés. Cosea a malgré tout été condamné pour dommages écologiques. «Nous avons travaillé près d’une zone humide sans la protection suffisante et avons rejeté de la terre», consent Martial du Puy de Goyne.

 

«Cette dynamique ne s’arrêtera pas»

 

Ce mardi, les différents protagonistes – Lisea, Vinci, la région Nouvelle-Aquitaine, SNCF Réseau et l’Etat – se sont félicités du chemin parcouru. «La LGV ce n’est pas relier Paris à Bordeaux, a estimé Laurent Cavrois, président de Lisea, mais c’est développer le trafic régional.» François Hollande a d’ailleurs profité de l’occasion pour rappeler son attachement au prolongement de la ligne vers Toulouse et Dax.

«Les Toulousains et les Espagnols ne nous pardonneraient pas de ne pas les desservir», l’avait précédé Alain Rousset. «Cette dynamique ne s’arrêtera pas», l’a rassuré François Hollande. Une promesse qui ne vaut que jusqu’au 7 mai 2017.

 

 

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