Transport et infrastructures

LGV Rhin-Rhône : Une alternative à la saturation de la LGV sud-est

Alors que Réseau Ferré de France (RFF) annonce la pose des premiers rails de la branche Est (Dijon-Mulhouse) de la LGV Rhin-Rhône en mai 2009 et la SNCF, une commercialisation tout début 2012, Dijon entend réaffirmer son rôle de noeud ferroviaire avec les phases suivantes de cette ligne à trois branches, devant se prolonger vers Lyon et Paris.

François Rebsamen, président de l’association Trans Europe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée et maire de Dijon, François Patriat, président du conseil régional de Bourgogne, Charles Joder, directeur régional de la SNCF et Marc Svetchine, directeur de la LGV Rhin-Rhône en ont débattu devant plus de 200 personnes, le vendredi 28 novembre au salon Entreprissimo à Dijon, à l’invitation du Moniteur, à l’occasion de la publication d’un double dossier dans sa dernière édition (n° 5479), sur l’agglomération de Dijon et le chantier de la LGV Rhin-Rhône.

Dijon se voit un rôle majeur dans le futur doublement de la LGV sud-est, saturée à moyen terme. La branche sud de la LGV Rhin-Rhône serait un itinéraire alternatif entre Paris et Lyon. Déclarée projet d’intérêt général en juillet 2007, la branche ouest de la LGV Rhin-Rhône fera prochainement l’objet d’études approfondies dans sa traversée de l’agglomération dijonnaise jusqu’à son raccordement à la ligne sud-est, à Aisy, au nord de la Côte-d’Or. Le projet de LGV par le centre de la France qui mettrait Clermont-Ferrand à 2 heures de Paris, via Nevers, offre une autre alternative : celle de réaliser une « voie ferrée centre Europe-Altlantique » (VFCEA), reliant les trafics en provenant de l’est (ceux de la LGV Rhin-Rhône) à ceux de l’ouest (LGV Centre de la France). Selon François Patriat, président du conseil régional de Bourgogne, l’électrification de la ligne Dijon-Nevers, estimée à 75 millions d’euros suffirait à rendre opérationnel cet axe est-ouest.

Au stade de l’étude de trois fuseaux dans la plaine de la Bresse (Saône-et-Loire), la branche sud de la LGV Rhin-Rhône comporte encore des inconnues. Ligne mixte (fret et voyageurs) ou ligne dédiée aux seuls voyageurs ? « Le projet doit préserver l’avenir en tenant compte du trafic ultérieur des marchandises, une fois réalisé le contournement de l’agglomération lyonnaise », indique Marc Svetchine, directeur de la LGV Rhin-Rhône. Président de l’association Trans Europe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée, François Rebsamen plaide quant à lui, pour le transport exclusif des voyageurs, « condition nécessaire pour relier Strasbourg et Lyon en moins de 2h20 », affirme t-il. Il concède toutefois un usage pour la messagerie express.

Les partenaires doivent aussi s’accorder sur l’implantation des gares. Louis de Broissia, président de l’association Dijon-Côte-d’Or-Bourgogne TGV et vice-président du conseil général de la Côte-d’Or s’inquiète de la proximité géographique des trois gares envisagées à Dijon, Dole (Jura) et Louhans (Saône-et-Loire). Jusqu’à présent seule collectivité de Bourgogne-Franche-Comté à refuser de financer de la branche est, le conseil général du Jura fait de la présence d’une gare sur son territoire la condition d’une contribution de 13 millions d’euros. RFF n’est pas indifférent à cette position nouvelle. Outre un dépassement prévisible de budget, estimé à 330 millions à la fin du chantier, le maître d’ouvrage n’a pas encore le financement de la 2ème tranche de la ligne nouvelle en construction, permettant aux trains d’entrer dans Dijon et dans Mulhouse.

Christiane Perruchot

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