Transport et infrastructures

LGV Bordeaux-Toulouse : les élus d’Occitanie demandent confirmation

Mots clés : Transport ferroviaire

La présidente PS de la région Occitanie Carole Delga, le président PS du Conseil départemental de Haute-Garonne Georges Méric, et le président LR de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc ont lancé lundi 17 avril un « appel aux candidats » à la présidentielle pour qu’ils confirment le lancement de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse.

 « Nous adressons un appel aux candidats à l’élection présidentielle. Nous leur demandons de confirmer le lancement de la ligne Bordeaux-Toulouse selon les engagements pris depuis le début du projet Grand Projet Sud-Ouest (GPSO) », ont écrit lundi 17 juin les élus de la région Occitanie (Carole Delga sa présidente, le président PS du Conseil départemental de Haute-Garonne Georges Méric, et le président LR de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc). Ils demandent comment concevoir que « la quatrième ville de France soit mise à l’écart de la grande vitesse et de toutes les retombées positives qu’elle entraîne pour le territoire ». « Toulouse, la Haute-Garonne et l’ensemble d’Occitanie/Pyrénées-Méditerranée ne peuvent pas rester sans liaison ferroviaire à très grande vitesse avec le reste du pays », affirment-ils.

« Pour booster l’économie et les emplois, pour accroître l’attractivité et l’activité touristique, pour assurer l’égalité territoriale, la LGV reliant Paris à Toulouse n’est plus un atout, c’est une nécessité », ajoutent-ils alors que le président de la SNCF Guillaume Pépy sera à Toulouse mercredi 19 avril.

Début avril, de grands élus du Sud-Ouest avaient déjà cosigné une déclaration commune appelant l’État à « respecter » son « engagement » sur la construction des LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Notant que le projet de LGV a été déclaré d’utilité publique le 6 juin 2016 par l’État, les élus avaient rappelé que cet engagement devait « être respecté ». « Il ne saurait y avoir de pause ni de retour en arrière », avaient-ils affirmé.

Fin mars, M. Pépy avait de son côté indiqué qu’en ce qui concernait la ligne Paris-Toulouse et le projet consistant à prolonger la ligne Paris-Bordeaux au-delà de sa limite actuelle, notamment vers Toulouse, l’instruction « par l’État était toujours en cours ». Selon lui, c’est probablement courant 2018, une fois tous les recours administratifs et juridiques purgés qu’il appartiendra à l’État et aux élus de prendre les décisions et de passer aux étapes suivantes.

Le coût de l’ensemble du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, censé notamment relier en 2024 Paris à Toulouse, via Bordeaux, est estimé à 8,3 milliards d’euros.

Le TGV Paris-Bordeaux, qui ouvrira en juillet, permettra déjà d’économiser une heure sur le trajet avec Toulouse, soit quatre heures et vingt minutes environ.

 

Focus

LGV Bordeaux-Toulouse: «Notre mobilisation doit être entière et totale !», Jean-Luc Moudenc, maire (LR) de Toulouse et président de Toulouse Métropole

A la veille de la venue de Guillaume Pépy, président du directoire de SNCF, à Toulouse, afin de présenter les ambitions du groupe pour la région Occitanie, Jean-Luc Moudenc, maire (LR) de Toulouse et président de Toulouse Métropole confie ses attentes au sujet de la LGV Bordeaux-Toulouse.

 

Quelles sont vos craintes quant à la LGV Bordeaux-Toulouse

Jean-Luc Moudenc: Ma crainte est de voir l’Etat se désengager et se dédire. Tous les premiers ministres de François Hollande se sont pourtant engagés sur ce projet structurant du rééquilibrage de notre territoire, Jean-Marc Ayrault en 2O13, Manuel Valls en 2O14, Bernard Cazeneuve cette année, et j’espère que leur promesse sera tenue. Je regrette particulièrement la passivité d’Alain Vidalies et m’inquiète des difficultés d’Alain Rousset dans sa majorité autour de cette LGV. Notre mobilisation doit être entière et totale !

C’est la raison pour laquelle nous avons lancé une pétition, qui, au 11 avril, rassemblait déjà 21OOO signataires de Toulouse et d’ailleurs, afin de demander aux candidats à la Présidentielle de s’engager sur le sujet ! Toulouse, mais plus largement le Sud-Ouest, en ont bien besoin !

 

Avec d’autres élus, vous avez adressé une lettre à l’Etat pour lui demander de respecter ses engagements et lui proposer un financement «innovant». De quoi s’agit-il ?

J.-L. M.: Il est toujours utile d’apprendre du passé pour ne pas renouveler les mêmes erreurs. Le partenariat public-privé mis en place pour la liaison LGV Tours-Bordeaux est un échec financier, tout le monde en convient. Nous sommes donc tombés d’accord avec les différentes collectivités pour que chacun puisse prendre sa juste part financière à ce chantier, mais aussi pour proposer à l’Etat d’innover dans sa recherche de financements: financements européens avec le plan Juncker mais aussi grand emprunt de long terme -sur 5O ans par exemple- afin de tirer profit des taux d’intérêts du moment. Il faut creuser toutes les solutions pour mobiliser toute ressource utile autour de cette LGV.

 

Pourquoi ce projet est-il essentiel ?

J.-L. M.: A l’heure où Toulouse est en train de rattraper Lyon en termes de population et où l’agglomération de Toulouse gagne 2OOOO habitants par an, c’est un non-sens démographique que nous restions isolés en dehors de toute LGV. Economiquement, gagner 1h vers Paris constituera un tremplin pour la Métropole toulousaine, mais pas seulement puisqu’à travers nous, c’est tout le Sud-Ouest qui se rapprochera de Paris: Agen, Castres, Albi, Carcassonne, Montauban, etc. Le tourisme s’en trouvera facilité et les entreprises pourront plus facilement travailler en réseau, grâce à des déplacements plus rapides et efficaces, de centre-ville à centre-ville.

 

Quelles seraient les retombées de ce chantier en termes d’emploi et de travail pour les entreprises locales ?

J.-L. M.: Pour vous donner un ordre de grandeur, on estime que sur la LGV Rhin-Rhône (Dijon-Belfort), dont le chantier a été mené de 2OO6 à 2O11, plus de 6OOO emplois ont été créés. Selon Thierry Le Friant, en 2O14, alors président de la Fédération régionale de travaux publics (FRTP) Midi-Pyrénées, le nombre d’emplois générés par la LGV Bordeaux-Toulouse devait être plus de deux fois plus élevé que sur le tracé Dijon-Belfort: 15OOO  au total, selon les prévisions. Dans le détail, le chantier représenterait 6OOO emplois directs, auxquels il faut ajouter 6OOO emplois indirects et 3OOO induits sur notre aire géographique. Inutile de vous dire la bouffée d’air que cela représenterait pour notre économie locale !

 

Quelles conséquences pour votre agglomération pourraient entraîner l’abandon du projet ?

J.-L. M.: Je ne souhaite même pas envisager un tel abandon. En effet, si un engagement ferme et sans ambiguïté de l’Etat était balayé d’un revers de main par le prochain Président, quel discrédit ce serait pour la parole publique et le principe de continuité de l’Etat !

Il s’agirait également un mauvais signal envoyé en matière d’environnement, puisque cela équivaudrait à dire qu’on se satisfait du duo voiture-avion dont on connaît l’empreinte carbone !

 

Propos recueillis par Orianne Dupont (Bureau de Bordeaux du Moniteur)

 

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