Chantiers

Les voûtes de la halle Freyssinet mises en valeur

Mots clés :

Béton

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Toiture - Vêture - Etanchéité

Pour conserver l’aspect du béton d’origine, les voûtes en béton précontraint de la halle centenaire sont réparées en sous-face et revêtues, côté extérieur, d’une isolation et d’une étanchéité qui respectent la courbe et la teinte du béton.

Dans le XIIIe arrondissement de la capitale, l’ancienne halle des messageries de la gare d’Austerlitz est un bâtiment rectangulaire de 310 m de long et 72 m de large construit entre 1927 et 1929 par Eugène Freyssinet, pour le compte de la Compagnie d’Orléans. L’ingénieur a expérimenté, sur cet ouvrage, la technique de précontrainte dont il allait déposer le brevet en 1929. Il a aussi développé la technique des nervures sur voûte permettant d’augmenter les portées.

Menacée de démolition avant d’être sauvée par un classement à l’inventaire des monuments historiques en 2012, la halle est appelée à une seconde vie puisqu’elle deviendra le plus grand incubateur de start-up au monde. Projet financé par Xavier Niel, cette future pépinière numérique accueillera un millier de start-up innovantes.

Sous ses trois nefs parallèles constituées de voûtes en béton précontraint éclairées par des verrières en leur sommet, l’agence Wilmotte & Associés Architectes, en charge du projet, a imaginé les lieux sous forme de containers en structure métallique, rappelant l’histoire ferroviaire du site, rangés sous les deux nefs latérales et laissant la nef centrale libre de toute construction. Ces espaces ouverts et aériens ont été pensés pour favoriser l’échange, l’émulation et le partage entre ses occupants.

Les  34 000 m2 de locaux abriteront des espaces de coworking, un Fab Lab avec imprimantes 3D, un auditorium de 370 places creusé en sous-sol, des salles de réunions de 2 à 50 personnes, de larges espaces de travail, un grand bar restaurant ouvert 24h sur 24, autant de lieux de rencontres, d’échange et de liberté.


Conserver la courbure de la voûte



Pour répondre aux exigences des architectes des bâtiments de France, les bétons de la voûte seront partout apparents. Les parties endommagées sont réparées en soudant de nouvelles armatures et en comblant les manques de béton avec un mortier spécialement mis au point pour se rapprocher au maximum de la teinte et de la texture originelles, en recréant notamment les effets de trames produits par les coffrages bois, utilisés à l’époque pour couler les voûtes en place.

Pour laisser les voûtes apparentes, l’isolation de la toiture devait forcément être réalisée au-dessus, sur l’ancienne étanchéité, avant de la recouvrir par le nouveau revêtement d’étanchéité. « Les voûtes de béton étant très fines (seulement 5 cm par endroit !), il fallait trouver une solution d’isolation et d’étanchéité légère », explique Manuel Decoodt, directeur travaux de l’entreprise Etandex. Pas question de fixer mécaniquement dans la dalle sous peine de la traverser, et impossible de coller l’isolant sur l’ancienne étanchéité pas assez adhérente. Etandex a donc proposé une solution de double coque : un système de sur-toiture en bacs acier de 4 cm d’épaisseur qui se fixe sur les nervures de la toiture afin d’accueillir 14 cm d’isolation et l’étanchéité.

Différents isolants ont été testés en vraie grandeur en atelier sur la largeur d’une trame de toiture pour sélectionner un produit léger qui conserve la courbure de la voûte, sans présenter des facettes. C’est la laine de verre Panotoit Confort d’Isover, en deux couches croisées de 7 cm, qui a été sélectionnée pour sa légèreté et sa performance thermique (λ =0,038 W/m.K). Outre la contrainte de poids rapporté sur les voûtes, la légèreté et la facilité de manipulation de la laine de verre présente également un atout majeur en termes de confort de pose, a jugé l’entreprise, les déplacements étant très contraints lors d’une mise en œuvre en toiture voûtée.

Pour conserver la hauteur des nervures après la surépaisseur de 18 cm ajoutée sur la voûte, celles-ci ont été surmontées de 14 cm de laine de verre, comme la voûte, maintenue sur les côtés de la nervure par deux plaques latérales de laine de verre de 2 cm d’épaisseur qui suppriment les ponts thermiques. Au dessus, pour conserver la couleur gris-beige du béton d’origine, le fabricant de membrane synthétique 3T a réalisé son produit Rhépanol FK dans une teinte sur mesure (RAL 7030), qui a été validée par les architectes des bâtiments de France.

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