Paysage

Les végétaux sculptent les collines du Normandie Outlet

Mots clés : Architecte - Centre commercial - Etat et collectivités locales - Magasin

Le paysage joue les premiers rôles dans le chantier du village de marques, première opération du Parc d’activités Calvados Honfleur. Mandataire de la maîtrise d’œuvre de la zone de 125 hectares aménagée par la Shema pour un syndicat mixte ad hoc, la Compagnie du paysage, représentée par Jean-Frédéric Gay, accompagne Edouard François, l’architecte du centre commercial qui a baptisé le projet « Les collines de Honfleur ».

Eiffage et Serru n’ont qu’à bien se tenir : sur le chantier du futur Outlet Normandie à Honfleur, les arbres, arbustes ou plantes tapissantes sur remblais polystyrène dictent leur chemin au constructeur de la voirie et au charpentier métallique du parking silo. Habituées à intervenir dans les dernières semaines de travaux et à subir les aléas des lots précédents, les trois équipes de 10 à 15 personnes mobilisées par l’entreprise de travaux paysagers Vallois ne boudent pas le plaisir de cette inversion.

 

Sept collines

 

Intitulé « Les collines de Honfleur », le concept architectural d’Edouard François, épaulé par le paysagiste Jean-Frédéric Gay, explique l’intervention précoce du lot paysage : sur les terrains plats de de la rive gauche de l’estuaire de la Seine à l’ouest du pont de Normandie, les 20 000 m2 du centre commercial émergent comme deux collines, de part et d’autre d’une faille matérialisée par la voie centrale. Seule une grande maison normande, au centre, échappera à la végétalisation. Dès l’ouverture du site à la Toussaint, les consommateurs percevront le relief créé par des rangées de végétaux de différentes tailles, classés en sept types de collines selon les variétés choisies, dans le prolongement des coques des boutiques. Aux vergers et aux haies d’ilex tournés vers l’intérieur, répondent une alternance de pommiers et de saules têtards qui regardent vers la ceinture de canaux et l’autoroute A 29. Les haubans fabriqués par le métallier local Ambiance de fer aident les plantations à résister au vent.

 

3000 arbres et arbustes

 

« Nous avons planté 90 % des 3000 arbres et arbustes », évalue Nicolas Cornet, chef de l’agence Estuaire de Vallois, tandis que quelque 130 ouvriers, tous lots confondus, se frayent leur passage sur le chantier, en attendant les pics attendus pour l’été prochain avec deux fois plus de personnes. Des contrats de culture signés en amont avec deux pépinières locales – Jardins Services dans la Manche et Pépinières de la Roselière, près de Rouen – ont permis de donner leur forme aux pommiers, conduits en palmettes rectangulaires ou obliques, ainsi qu’aux charmes et charmilles. Un spécialiste angevin de la micorhyzation a contribué à soulager ces derniers du stress lié à la proximité du chantier.

 

Bois de bouleaux

 

Parmi les 10 % de végétaux qui restent à planter, figure le solde des bouleaux commandés à l’allemand Lappen, dont la plupart camouflent déjà le parking silo en cours de montage par Serru : il fallait bien laisser un passage aux profilés métalliques. En attendant de quitter l’Allemagne du nord pour Honfleur, les derniers arbres à planter se nourrissent avec des arroseurs en goutte à goutte, protégés dans des bâches.  

 

Parking perméable

 

A côté du silo, le stationnement de surface contribuera à répondre à l’exigence posée par le dossier de conformité du projet à la loi sur l’eau et aux prescriptions du label Biodiversity : le centre commercial doit échapper aux inondations, même à l’issue d’une pluie centennale d’une durée de huit jours. Pour relever ce défi, Vallois, épaulé par le bureau d’études Viamap, est intervenu en sous-traitance d’Eiffage, avec l’une  des plus importantes références françaises de la solution Grasscrete, importée de Grande-Bretagne : des moules en forme de X, posés à l’envers, retiennent le béton armé coulé en place. La destruction de ces X par brûlage crée ensuite des vides que les ouvriers de Vallois comblent avec une terre légère, avant de la semer d’un gazon rustique et résistant au piétinement. « La stabilisation des moules à l’aide de planches en contreplaqué, pendant le coulage, constitue la phase la plus délicate », témoigne Nicolas Cornet.

 

Opération épique

 

Les planches d’essais réalisés en 2016 par Vallois ont conforté cette solution : « Le gazon n’a pas pâli malgré un été sec », se réjouit le chef de l’agence Estuaire. Les semis prévus fin mai laissent prévoir sept à huit tontes sans circulation, au terme d’un an de chantier mené tambour battant et d’une opération épique marquée par quatre années de procédures, la reconstitution d’un habitat adapté au pélodyte ponctué (également connu sous le nom de crapaud persillé) et la défection d’un promoteur auquel a suppléé la Shema : l’aménageur de la zone a trouvé en dernière minute les investisseurs britanniques regroupés dans la société Champs Vernet, maître d’ouvrage de l’opération de 28 millions de travaux.

 

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