Economie

Les TP entrent en campagne

Mots clés : Travaux publics

La Fédération nationale des Travaux publics organisait, le 23 février, son Forum TP au Carrousel du Louvre. Point d’orgue de la journée : l’intervention de plusieurs candidats à la présidentielle, qui ont donné leur vision de l’avenir pour les infrastructures.

Réinvestissons la France. Depuis déjà plusieurs mois, la FNTP martèle le message. Et c’était également le mot d’ordre du Forum TP, journée de conférence et d’échanges qui s’est tenue le 23 février, au Carrousel du Louvre.

3 000 visiteurs se sont pressés dans les allées du Forum. Et la FNTP avait fait les choses en grand : un plateau TV avait été installé, une quarantaine de personnalités s’y sont succédées. Le tout en direct sur BFM TV.

Il faut dire que le contexte de ce forum est particulièrement important. Les travaux publics commencent doucement à sortir la tête de l’eau alors même que le pays vit une période électorale à l’issue encore très incertaine. Les thématiques choisies cette année ont permis d’aborder des sujets stratégiques pour le secteur. Et d’envisager l’avenir.

 

La compétitivité au centre des préoccupations

 

Il a d’abord été question de compétitivité. Le Bim, qui commence tout juste à émerger dans les TP, et les infrastructures intelligentes, ont été au cœur des conférences organisées autour de ce sujet. Bousculé par la révolution numérique, le secteur voit ses métiers évoluer.

L’innovation joue également un rôle important en la matière, et de nombreux exemples étaient exposés dans les allées du Forum. Le but : trouver comment améliorer la productivité et le travail des hommes (avec les outils numériques, l’Exo-squelette de Colas) et trouver des solutions pour aborder les grands projets porteurs en cours, comme la fibre ou le Grand-Paris.

 

L’innovation et le social pour mieux appréhender l’avenir

 

Les enjeux autour de la croissance verte étaient aussi de la fête. Autour de la ville durable, le groupe Eiffage présentait, au travers d’une expérience immersive, les travaux qu’il a pilotés dans la ville d’Astana, au Kazakhstan. Les visiteurs ont pu apprécier des innovations tant dans les énergies produites par les infrastructures, que dans l’économie circulaire de façon générale, et dans les matériaux (comme le revêtement Lumi+ d’Eurovia qui réfléchit mieux l’éclairage public, ou d’autres pistes en matière d’écoroutes).

Un programme qui avait de quoi attirer les étudiants venus nombreux sur le Forum. Un motif de satisfaction alors que plusieurs personnes, lors d’une table ronde invitant de jeunes salariés à témoigner de leur expérience, déploraient le déficit d’image de la profession.

La question sociale qui ne ne s’arrête d’ailleurs pas au discours en direction des jeunes. Un autre débat s’installe en effet dans les entreprises : le gestion du fait religieux. Le BTP est confronté depuis longtemps à la diversité sur les chantiers. Mais les demandes liées à la religion sont de plus en plus fréquentes, et désarçonnent les managers. C’est pourquoi, par exemple, le groupe Vinci les réunit régulièrement sur le sujet.

 

Des propositions pour les infrastructures

 

Mais le point d’orgue de la journée a été la présence de trois candidats à la présidentielle (1). Emmanuel Macron, Marine Le Pen et François Fillon ont été interrogé par le président de la FNTP, Bruno Cavagné, et le journaliste Christophe Barbier. Le but : évoquer leurs propositions pour les infrastructures.

Globalement, tous sont d’accord pour dire qu’il faut investir dans les infrastructures. Un point les réunit : le vote d’une loi de programmation dès le début du quinquennat. Ce qui permettra à la fois de fournir de la visibilité aux entreprises et d’être clair envers les citoyens.

Mais leurs visions sur le compte pénibilité (Benoît Hamon veut renforcer, Emmanuel Macron le conserver, Marine Le Pen et François Fillon le supprimer), ou sur les grands projets, et notamment le cas Notre-Dame-des-Landes divergent indéniablement. Tout comme leur méthode pour relancer les investissements.

 

Des méthodes divergentes

 

Emmanuel Macron prévoit 50 Mds€ d’investissement de la part de l’Etat, dont 20 Mds directement pour les infrastructures. Si les collectivités devront encore procéder à 10 Mds€ d’économies, leurs dotations ne baisseront pas et leurs efforts devront se concentrer sur le fonctionnement. Sur la question du financement des infrastructures, il évoque l’augmentation de la TICPE et croit en l’Eurovignette.

Marine Le Pen insiste sur les contraintes imposées par l’Union Européenne. Les dotations aux collectivités seraient maintenues, mais plusieurs échelons (intercommunalités et régions) disparaîtraient « ce qui augmentera la capacité globale de dotation ». Elle souhaite également renationaliser les autoroutes et créer une taxe sur les poids-lourds étrangers.

François Fillon prône son plan de redressement de l’économie française et, en cela, confirme la poursuite de la baisse des dotations. Mais, pour aider à financer les infrastructures, il compte sur la sortie de l’Etat du capital de certaines entreprises privées. Il croit aussi en un grand ministère en charge des infrastructures.

Une journée a riche, donc. Et, qui, à deux mois du premier tour de la présidentielle, a permis au secteur d’obtenir quelques réponses de la part des candidats, qui s’étaient encore très peu exprimés sur le sujet des infrastructures.

 

 

Focus

Le palmarès des Trophées des TP

Les Trophées des TP 2016, organisés par La FNTP et Le Moniteur, ont été remis jeudi 23 février au Carrousel du Louvre.

Le Grand Trophée est remis à Eiffage Infrastructures pour Safety Force, un outil mobile d’évaluation du risque en temps réel ;

Le trophée Ressources Humaines est remis à Spie Batignolles, pour le Guide des métiers et passerelles ouvriers ;

Le trophée Innovations techniques  et recherche est remis à Charrier pour Satis ;

Le trophée Processus Matériels est remis à Soletanche Bachy, pour son hydrofraise à grippeurs ;

Le trophée Environnement et Energie est remis à Luc Durand pour ODO-VIA.

Le jury a par ailleurs choisi de décerner deux mentions spéciales : l’une à Bouygues Construction pour la formation destinée aux pilotes de tunnelier, l’autre à Satif pour ses sonars pour voir sous l’eau.

 

(1) Absent, Benoît Hamon avait reçu les deux interviewers quelques jours avant et a répondu dans une vidéo. Il promet 20 Mds€ au minimum pour les infrastructures. Bien que favorable à une programmation, il souhaite aussi plus de concertation avec les citoyens, quitte à « revenir sur le chemin des grandes conférences de consensus ». En attendant la sortie totale du diesel, il préfère favoriser le ferroutage et le train de façon générale.

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