Entreprises de BTP

Les syndicats professionnels prennent un coup de jeune en Alsace-Lorraine

Mots clés : Entreprise du BTP

Les quadras prennent le pouvoir dans les fédérations professionnelles en Alsace-Lorraine. Le Sprir Alsace, son homologue de Lorraine et la fédération du BTP du Haut-Rhin viennent de porter à leur présidence des dirigeants d’entreprise de la nouvelle génération.

 

Leur point commun : ils ne considèrent pas le recul d’activité comme un phénomène passager mais bien comme une donnée durable, de sorte qu’ils invitent leurs adhérents à repenser leur métier… et les maîtres d’ouvrage à en faire de même.

 

 

Christophe Druost, président du Sprir Alsace

Christophe Druost, 49 ans, président du Sprir Alsace (Syndicat professionnel régional de l’industrie routière), en est convaincu : « La conjoncture que nous connaissons depuis trois ans (- 28 % de chiffre d’affaires et – 18 % d’effectifs)  n’est pas une crise, mais notre nouvel environnement de travail ». Les entreprises se sont réorganisées en profondeur, estime-t-il. Aux donneurs d’ordre publics de s’adapter à leur tour, par une meilleure planification de leurs travaux dans le temps – « on peut aussi travailler en hiver en Alsace ! » – et surtout par l’instauration d’une vraie politique d’entretien de la voirie. « La baisse des dotations aux investissements a créé dans les collectivités locales un  mouvement de panique tel qu’il les a incitées à freiner aussi sur l’entretien. C’est une attitude dangereuse, pour nous entreprises mais aussi pour elles, car la dégradation de l’état des routes qui en résulte pèsera à terme sur les finances publiques », expose Christophe Druost, par ailleurs directeur régional d’Eurovia Alsace-Lorraine.

La perspective de nouveaux chantiers d’envergure dans les deux à trois ans (le contournement ouest de Strasbourg, la suite de la rocade Sud de Strasbourg, la Voie de liaison sud de Haguenau, le contournement de Châtenois…) ne doit pas faire passer au second plan les travaux d’entretien régulier. Conscient que les petites collectivités n’ont guère les moyens de faire la « prospective de leur patrimoine routier », le nouveau président du Sprir propose que les entreprises puissent  les accompagner dans cette tâche. Pour « ne pas se contenter de brandir le slogan : on veut du travail ! »

 

François Mariel, président du Sprir Lorraine

 

A tout juste 40 ans, François Mariel, chef d’agence de Jean Lefebvre à Woippy près de Metz, devient président du Sprir Lorraine. Lui aussi alerte sur « les conséquences de plus en plus visibles du sous-entretien de la voirie » et en appelle, chez les donneurs d’ordre, à  la « sanctuarisation des dépenses d’entretien ». « On a compris leur ralentissement des investissements, beaucoup moins leurs restrictions sur le fonctionnement », à l’exception de la Meurthe-et-Moselle qui fait plutôt figure de bon exemple à suivre. Le diplômé de l’ESTP (Ecole spéciale des travaux publics) s’inquiète aussi du temps de latence probable qui s’instaurera en début d’année prochaine suite à la réforme territoriale, avant que l’organisation concrète de la gestion du patrimoine routier soit bien en place dans les intercommunalités nouvelles ou élargies.  Avec ses vice-présidents,  François Mariel compte par ailleurs  identifier un projet-phare de construction à défendre par département, outre l’incontournable A31 bis.

 

Etienne Barilley, président de la fédération du BTP du Haut-Rhin

44 ans dont à peine quatre dans le bâtiment, la gestion d’une PME d’électricité de 15 personnes : le profil d’Etienne Barilley détonne quelque peu. Venu de la métallurgie et de l’électronique (Hager, Siemens, Würth Elektronik…), il apportera la vision renouvelée d’un adhérent du CJD (Centre des jeunes dirigeants d’entreprise) qui s’est lancé dans l’entrepreneuriat en 2012, par la reprise de Réjélec.

L’ancien joueur de rugby préfère visiblement l’avancée du pack à la percée individuelle d’un trois-quart. Il annonce une « gouvernance partagée » de la fédération du BTP du Haut-Rhin, marquée par une responsabilité accrue des commissions thématiques, dont une nouvelle consacrée à la numérisation. Une façon, pour lui, de « décloisonner les métiers » en réponse à trois défis jugés majeurs : garantir une concurrence « saine et loyale » par une « lutte féroce contre le hors-la-loi » et l’ « encadrement de l’ubérisation de nos professions » ; la fin des offres anormalement basses grâce à des acheteurs publics qui jouent enfin pleinement le jeu ; la promotion des métiers auprès des jeunes.

 

 

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