Réalisations

Les solutions pour faire face aux inondations

10% de la population française est susceptible d’être touchée par des inondations mais les moyens ne manquent pas aux riverains pour limiter les dégâts. A Mâcon, le Salon national des techniques de prévention des inondations, premier du genre en France, a présenté aux professionnels mais aussi aux particuliers les dernières trouvailles.

« Les habitants accusent souvent l’Etat et les collectivités, qui n’auraient pas pris selon eux les mesures nécessaires. Mais ils oublient que les cours d’eau peuvent franchir les digues, et qu’ils doivent aussi faire preuve de responsabilité », explique Eric Pelus, un des responsables du syndicat mixte Saône et Doubs, l’organisateur de ce salon.

Outre les solutions techniques proposées, ce salon a été l’occasion de rappeler quelques conseils élémentaires : rehausser les prises et les compteurs électriques, ainsi que les équipements sensibles type réfrigérateur ou four, privilégier le carrelage ou le parquet traditionnel (non flottant), et dans les cas les plus extrêmes, relever le plancher et créer un étage.

Devant des photos de rues balayées par les eaux, d’habitations sans dessus-dessous, figurent d’autres conseils: se renseigner sur l’histoire des inondations dans sa région, même si depuis la loi « risques » du 30 juillet 2003, tout nouveau locataire ou propriétaire doit être informé du fait qu’il se trouve en zone à risque.

Un stand fait le plein: celui où est distribué un produit japonais destiné à remplacer le traditionnel sac de sable, mais dont la diffusion est encore limitée en France. L' »hydro-bag » est un petit sachet de 345 g qui, déplié et au contact de l’eau, gonfle jusqu’à atteindre 50 cm de long et 30 cm de large, tout en durcissant.
Plus loin, sont exposés des cylindres remplis d’air comprimé qui peuvent servir à boucher les canalisations, par lesquelles arrivent souvent les grandes eaux dans les maisons.

D’autres équipements ne paraissent pour le moment qu’à la portée des collectivités territoriales: ainsi les batardeaux, planches ou poutres qui se superposent horizontalement pour former un mur étanche. Ils peuvent être disposés autour des habitations, formant une digue, ou simplement devant portes et fenêtres. Leur coût est d’environ 800 euros le m2 en métal, 500 euros en plastique.
« Mais pourquoi les riverains devraient-ils payer la facture, alors que l’Etat a laissé construire en zone inondable ? », interroge Sylvaine Lacan, co-présidente de la Confédération des riverains du Rhône et de ses affluents, qui rassemble 73 associations de victimes d’inondations, soit 20.000 familles.
Selon cette confédération qui figure en bonne place sur le salon, la problématique doit être élargie. « Pour une prévention efficace, il faut aussi agir sur les causes des inondations. Parmi elles, l’évolution des méthodes agricoles, la réduction des champs d’expansion des crues, dont le rôle est de permettre aux eaux de se répandre sans dommage, et l’urbanisation à outrance », affirme Mme Lacan.
Anne-Pascale Reboul (AFP)

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