Energie

Les solutions « éco-électriques » s’activent pour être le premier recours de la transition énergétique

Mots clés :

Efficacité énergétique

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Réglementation technique

Cinq organisations professionnelles du secteur électrique – FFIE, FGME, Gimelec, Ignes et Serce – publient lundi 14 janvier une étude sur l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment. Sous-titrée « Levier de la transition énergétique », cette contribution au débat national a l’ambition d’être « un outil d’aide à la décision des pouvoirs publics ».

L’étude quantifie le potentiel lié à l’efficacité énergétique dite « active », qui, au vu de ses atouts, devrait, estime-t-elle, être la première pierre de la transition.
Le succès de la transition énergétique passera par la mise en place d’une véritable stratégie. Si l’heure est au débat tout azimut, un temps devra être consacré à mettre la musique en partition.

Sans attendre certains avancent leurs pions. C’est le cas de la filière éco-électrique qui verse une nouvelle pièce au débat national sur la transition énergétique. L’étude que ce collectif de cinq organisations professionnelles (voir encadré) publie s’intéresse exclusivement au secteur du bâtiment, un secteur qui consomme près de 44 % de l’énergie finale. Son ambition vise à démontrer qu’il faut en premier s’attaquer à la gestion automatique et dynamique – efficacité active – avant d’envisager de lourds investissements dans la rénovation thermique – efficacité passive.

Une trajectoire qui ne satisfera pas forcément tout le monde. « Bien bâtir c’est important, mais c’est le pilotage qui fait le gain », affirme Antoine de Fleurieu, délégué général du Gimélec. Qui avance des exemples : 25 % d’économies sur un bâtiment THPE de 2010 ou encore 50 % dans des écoles construites dans les années 90…

 

L’efficacité énergétique active, une solution rentable pour tous les bâtiments

 

Face aux murs d’investissement qui attendent les secteurs de la production d’électricité et des réseaux et de la rénovation thermique, l’étude affirme que « l’efficacité énergétique active est une solution rentable pour tous les bâtiments ». Des économies annuelles comprises entre 13 et 20 milliards d’euros sont accessibles via un investissement sur la totalité du parc résidentiel et tertiaire de 116 mds euros sur 25 ans, affirme-t-elle. Ce qui confère aux solutions actives un temps de retour sur investissement compris entre 3 et 13 ans suivant le type de bâtiment. Soit mieux, souligne l’étude, que des TRI de « 8 à 15 ans pour l’investissement dans des équipements à rendement amélioré (remplacement de chaudière, installation de pompe à chaleur, etc.) et de 6 à 45 ans pour l’efficacité passive (isolation thermique) ». De plus, 9 MW de capacités d’effacement sont mobilisables sur les sites de consommation diffus. De quoi soulager les périodes de fortes pointes de consommation d’électricité. L’étude estime qu’un MW effacé par les solutions prônées par la filière coûte « moins de 200 k € contre plus de 600 k € par MW de capacité supplémentaire ».

 

Solution pertinente pour les bureaux, commerces et établissements d’enseignement

 

Aussi, assure Antoine de Fleurieu, « les solutions disponibles de l’efficacité active sont rentables sans évolution tarifaire ». L’étude raisonne dans l’absolu en exprimant un potentiel (16 Mtep/an d’économie) et non un gisement. Si elle cherche à donner des ordres de grandeur pour fixer les idées, elle ne s’arrête toutefois pas là. Elle fournit notamment des éléments chiffrés par type de bâtiments. Ce qui lui permet de proposer un plan d’attaque. « Des actions ciblées permettront d’atteindre très vite des résultats conséquents ». Trois cibles prioritaires sont identifiées : les bureaux, les commerces et les établissements d’enseignement.

 

 

 

Les segmentations des espaces et temporelle permettent une gestion très fine de ce type de bâtiments. Mais la démarche reste également pertinente pour les bâtiments résidentiels, qui affichent eux-aussi « une rentabilité intéressante », estime l’étude. Y économiser un MWh d’énergie (d’une valeur moyenne de 90 €)nécessite un investissement compris entre 22 et 46 €.

 

Investir par étapes

 

Face aux atouts de l’efficacité énergétique active, les cinq organisations professionnelles soutiennent que cette démarche devrait être le « levier » de la transition énergétique. « Elle doit constituer la première pierre de l’efficacité énergétique », estime Antoine de Fleurieu. Une place que devrait lui conférer le classement des solutions disponibles selon le « merit order ». En ce sens, l’étude vient compléter celle publiée fin 2012 par l’UFE basée sur les solutions développées dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE). Globalement, la vision de la filière est que « les économies financières générées à court terme par la mise en oeuvre des solutions d’efficacité énergétique active peuvent permettre dans un second temps des investissements plus lourds dans le renouvellement des équipements et/ou dans l’amélioration du bâti ». Si l’approche de l’efficacité énergétique se doit d’être « globale » (qualité du bâti, efficacité énergétique active, équipements performants, consomm’acteur), il n’en reste pas moins qu’une « approche raisonnée » doit être élaborée.

 

Pour une neutralité fiscale et réglementaire de l’Etat

 

Le FFIE, la FGME, le Gimelec, les Ignes et le Serce font de cette approche visant à « investir par étapes » leur plus importante recommandation. Leur étude relève que l’installation de « solutions médiocres » – soutenues par des mesures incitatives qui peuvent s’avérer insuffisantes – reviendrait « à perdre une occasion d’installer des solutions pleinement efficaces ». Aussi la filière plaide-t-elle pour une neutralité fiscale et réglementaire de l’Etat. « En modérant les subventions accordées à certaines technologies, dont l’efficacité et le retour sur investissement restent à démontrer, on permettrait au marché de s’orienter naturellement vers les solutions les plus compétitives et efficaces ». Et ce en redonnant des marges de manoeuvre dans les secteurs où un soutien est requis comme ceux de la précarité énergétique et de la R&D. Cette façon de faire n’est pas anecdotique puisqu’elle nécessite un véritable changement de culture, souligne la filière.

Par exemple, la RT 2012 (réglementation thermique) et le dispositif des CEE devraient être revus avec comme finalité le résultat et non le moyen. Le résultat signifie que ce qui est primordial est le kWh final et non le kWh primaire et que les gains des actions doivent pouvoir se quantifier. « Qui peut chiffrer le gain réel des CEE ? », fait remarquer Antoine de Fleurieu. Et puis la dynamique de l’efficacité active se veut créatrice d’emplois – l’étude avance 56 000 créations – et d’innovations. Un dernier point qui permet d’ouvrir les portes de l’export.

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  • - Le

    @ Paul D

    bonjour, Je pense que l’active est lié d’une part à la sobriété (l’article 23 de la RT 2012 est là pour conseiller le suivi des conso par visualisation) mais l’active me parait aussi lié à la production d’énergie. Cordialement, Rémi jonquières
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  • - Le

    Efficacité active ?

    Si j’ai bien compris ce que recouvre l’efficacité passive, en revanche l’efficacité active est-elle synonyme de sobriété énergétique ou recouvre-t-elle autre chose ?
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