Transport et infrastructures

Les routes et réseaux bretons se dégradent dangereusement

Mots clés : Conservation du patrimoine - Réseau routier - Travaux publics

La cellule économique de Bretagne vient de publier le premier «tableau de bord des travaux publics durables». Cet état des lieux fait apparaître une constante dégradation du patrimoine d’infrastructure dont une grande partie est invisible.

Routes, eau potable et assainissement, énergie, ferroviaire, télécommunication… Tous les réseaux bretons ont été passés au crible de la cellule économique de Bretagne (CEB), soutenue financièrement pour l’occasion par la région et la Fédération régionale des travaux publics. «Identifier ce que représentent les infrastructures, quantitativement» est un premier objectif de cette étude disponible sur le site internet de la CEB. Mais l’intérêt est aussi de l’évaluer qualitativement car les professionnels des travaux publics assistent depuis plusieurs années à un net ralentissement des engagements et des investissements des différents acteurs publics en charge de ces infrastructures.

Cette tendance baissière se retrouve sur les nouveaux projets d’infrastructure, mais surtout sur un patrimoine commun qui subit une profonde dégradation. D’où la mise en garde des professionnels des travaux publics. «Nous voulons sensibiliser les élus sur cette dégradation et sur cette véritable dette grise qui se profile, à savoir une dette que l’on ne voit pas aujourd’hui et qui s’accroît d’année en année» explique François Coville, président de la FRTP de Bretagne. «Ne pas entretenir aujourd’hui coûtera plus cher demain» prévient-t-il.

 

17% du volume d’eau potable perdus

 

Ce bon sens semble avoir été oublié par la plupart des décideurs qui ont tendance à réserver leurs investissements à des opérations plus «visibles» que, par exemple, la rénovation des quelque 72 000 km de réseau d’eau potable que compte la Bretagne. Résultat, les pertes en eau potable avoisinent 17% du volume introduit. «Cela représente 30 piscines olympiques par jour, rien que pour la Bretagne» commente François Coville. Concernant les réseaux d’assainissement, les taux de fuites sont impossibles à connaître mais 15% des stations d’épuration ont plus de 30 ans.

En fonction des réseaux, les données ont été plus ou moins difficiles à obtenir. Ainsi, pour le ferroviaire, il faudra se contenter du taux de ponctualité (94,8%) car les données sur l’état du réseau ne sont pas disponibles à ce jour.

Pour la route, la situation varie selon les maîtres d’ouvrage. Si 69% du linéaire des routes nationales (1,5% du réseau routier breton) est en bon état, les informations sont très disparates au niveau départemental. Ainsi les Côtes-d’Armor connaissent bien leur patrimoine routier et le département estime que «25% du linéaire est en excellent état et 53% en bon état». En revanche, le conseil départemental du Finistère ne s’est même pas donner la peine de répondre à l’enquête. Enfin, 74% du réseau routier – celui des 1 270 communes de Bretagne – est totalement méconnu.

Voilà qui pourrait expliquer en partie le grand déclassement de la France dans le classement «Global competitiveness report 2015-2016» du forum économique mondial de Davos. La France, qui occupait la première place en 2008-2009 concernant les routes chute à la 7e place. Même tendance concernant les infrastructures ferroviaires (de la 2e à la 6e place), les ports (de la 10e à la 26e place) et les aéroports (de la 5e à la 15e place). Globalement, pour l’ensemble de ses infrastructures, la France a été déclassée d’une honorable 4e place à la 10e place du classement mondial.

 

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