Industrie/Négoce

Les professionnels de la menuiserie vent debout contre la réforme du CITE

Mots clés : Démarche environnementale - Fenêtre - Fiscalité - Gouvernement - Menuiseries - Politique énergétique

Après avoir annoncé la suppression du crédit d’impôt transition énergétique pour les fenêtres, portes et volets, le ministère de la Transition écologique a finalement maintenu le dispositif avec une réduction progressive du taux en 2018 et son arrêt en 2019. Mais c’est surtout la raison invoquée – une moindre performance en termes d’économies d’énergie – qui a provoqué la colère du secteur.

« Les économies d’énergie sont faibles et l’attrait pour ces travaux porte davantage sur l’isolation phonique et le confort (voire la sécurité pour les portes blindées) ». Cette simple phrase du ministère de la Transition écologique pour justifier l’arrêt du crédit d’impôt transition énergétique pour le remlpacement des fenêtres a fait sortir les professionnels de la menuiserie de leurs gonds. « Je ne comprends pas », a ainsi déclaré au Moniteur Jean-Luc Marchand, délégué général du SNFA. « Nous avons présenté au ministère un dossier qui explique les gains énergétiques d’un changement de fenêtre, les gains économiques pour notre filière, et le rôle incitatif que joue le CITE. Et voilà qu’en une phrase on discrédite notre activité. C’est insupportable ». 

« Suivant l’importance des surfaces des fenêtres des logements, les déperditions des anciennes fenêtres sont de l’ordre de 15 à 40% des déperditions totales » et « le remplacement des anciennes fenêtres par des fenêtres performantes permet de réduire les besoins de chauffage jusqu’à 30% », explique ainsi l’étude de Pouget Consultants pour le pôle fenêtre de la FFB. « En valeur absolue cette réduction peut représenter jusqu’à 60 kW/m2/an soit plus de 25% de l’amélioration nécessaire pour porter un logement de 300 à 80 kW/m2/an ».

Quant au CITE, selon les entreprises, il est « dans 90% des cas » le déclencheur des travaux pour les ménages. Et « 61% des artisans le proposent » pour financer les travaux, explique encore la FFB qui note qu’en moyenne, « les aides permettent de diminuer de 17% les dépenses de rénovation énergétique des ménages ».

« Notre filière est extrêmement sensible aux fluctuations du marché de la rénovation qui représente 70% de son activité », prévient Jean-Luc Marchand. « Si on touche à ce dispositif incitatif cela aurait un impact direct et négatif sur la fillière ».

Rappelons que la filière menuiserie extérieure est forte de 1200 ETI et PME industrielles, fabricants de fenêtres et de composants, ainsi que 51 000 PME et artisans, fabricants et installateurs répartis dans tous les territoires. Elle est aussi la première famille RGE avec 32 000 entreprises certifiées. L’ensemble représente près de 180 000 salariés.

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  • - Le

    un diagnostic thermique pour le CITE?

    Il est vrai que dans certains cas (présence de grandes baies vitrées) les économies d’énergie générées par le remplacement des menuiseries extérieures peut être important. Aussi plutôt que de progressivement supprimé le CITE, pourquoi ne pas le lier à un diagnostic thermique avec un gain minimal en deçà duquel le CITE ne s’appliquerait pas? C’est ce que fait l’ANAH (25 à 35% de gain minimal)et cela encouragerait à réaliser un bouquet de travaux. Denis PERRIN, architecte, chargé de mission SOLIHA
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