Paysage

Les pépiniéristes et horticulteurs rajeunissent leur gouvernance

Mots clés : Etat et collectivités locales

Cinq nouvelles recrues figurent parmi les 42 administrateurs de la Fédération nationale des producteurs horticulteurs pépiniéristes, à l’issue de son congrès annuel réuni les 8 et 9 juin à Paris. « Jamais je n’avais observé un tel renouvellement en une seule fois », se réjouit son président François Félix, qui entame son deuxième et dernier mandat de trois ans.

Objectif clé de François Félix à la présidence de la Fédération nationale des producteurs horticulteurs pépiniéristes  (FNPHP), le rajeunissement des troupes prouve que l’engagement paye : « Je me suis rendu systématiquement aux assemblés régionales, pour stimuler la mobilisation sur le terrain », témoigne le président. Plus encore que les cinq nouveaux membres du conseil d’administration élus le 8 juin, sur un total de 42, la résistance du syndicat à l’effondrement de son vivier prouve la réussite du bilan : alors que France Agrimer recense 1500 disparitions d’entreprises au cours des cinq dernières années, les troupes syndicales restent stables, avec 450 adhérents.

 

Asphyxie hexagonale

 

François Félix relativise la portée de l’hémorragie, due autant à des cessations d’activités qu’aux concentrations qui accompagnent la fin de la domination du modèle de l’entreprise familiale détenue par une seule personne.  Malgré « l’asphyxie » dont souffre la France, premier marché européen majoritairement couvert par l’importation, les pépiniéristes et horticulteurs tricolores affichent leur poids économique : plus de 3500 entreprises, 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 40 000 emplois directs, auxquels s’ajoutent 150 000 à l’aval.

Fidèle au credo initial de son président en faveur d’un « syndicalisme de projets plutôt que de complainte », la FNPHP a réuni son congrès 2017 à Paris, les 8 et 9 juin, sur les thèmes de la « qualité et de l’innovation », après une édition 2017 sous le signe de « l’optimisme », à Ecully (Rhône). Nouveaux venus au bureau exécutif, Marie Leveaux (pépiniériste dans l’Hérault) et Michel Leborgne (dans le Nord) incarnent ces perspectives : « Habituée à saisir les tendances du marché et à les traduire dans son offre, Marie Leveaux me secondera dans le domaine de la prospective. Quant à Michel Leborgne, il a fait ses preuves comme chef de file de notre pôle paysage », commente François Félix.

 

Traduire le Bim en paysage

 

Parmi les pistes d’innovation prometteuses, la FNPHP suit celle du Lim : le Landscape Information Modeling prolonge, dans le monde du végétal et de l’aménagement extérieur, le Building information modeling du bâtiment. « Si nous ne nous emparions pas de ce sujet, d’autres le feraient à leur place et nous imposeraient leur règle », plaide François Félix. Plutôt que d’attendre une mobilisation interprofessionnelle lourde à déclencher, les pépiniéristes comptent s’appuyer sur des locomotives de la conception paysagère, au premier rang desquels l’agence Land’Act, et sur un partenariat avec un éditeur de logiciels en cours d’identification. L’appui scientifique et technique de la Société nationale d’horticulture de France contribuera à la création d’une base de données de végétaux disponibles.

 

Croisade pour l’achat local

 

Sur le plan commercial, les producteurs de végétaux innovent par leur capacité à rebondir sur le thème du « végétal local », qui a inspiré une table ronde : « Nous abordons le sujet sous l’angle de la relocalisation de l’achat, comme nous y autorise désormais le code des marchés publics », précise François Félix. A partir d’une première expérience pilotée en Isère depuis 10 ans par le président des pépiniéristes et horticulteurs de ce département Dominique Bonnardon, la région Rhône-Alpes Auvergne fait figure de pionnier, avec sa « charte de l’achat public local », signée en début d’année par 11 institutions représentatives de la filière Paysage et des acheteurs publics. Les Pays-de-Loire dupliqueront l’initiative cet été, et la première réunion préparatoire en vue d’une démarche similaire s’est récemment tenue dans les Hauts-de-France… « Les instances régionales de l’union nationale des entreprises du paysage rejoignent plus facilement ce type de partenariat que sa direction nationale, compte tenu des  pratiques de certains majors du paysage qui préfèrent s’appuyer sur des centrales d’achat », remarque François Félix.

 

Focus

Trois priorités pour la mandature

Les pépiniéristes et horticulteurs de France invitent les futurs députés et le nouveau président de la République à souscrire trois engagements pour les cinq ans à venir.

Pour accompagner la modernisation des entreprises, la Fédération nationale des producteurs horticulteurs pépiniéristes (FNPHP) chiffre ses besoins à quatre millions d’euros sur cinq ans. « Des aides actuellement ciblées entièrement sur l’innovation ne répondent pas aux besoins de compétitivité des entreprises », estime son président François Félix. Face aux distorsions de concurrence issues du droit environnemental et social, le syndicat demande que l’harmonisation juridique figure en tête des objectifs européens de la France. Enfin, sur le modèle du bâtiment, le syndicat revendique une fiscalité environnementale qui réduirait la TVA à 5 % sur l’achat de végétaux, et à 17528516 % sur les travaux de plantation. 

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