Entreprises de BTP

Les peintres relèvent le défi environnemental

Déchets à gérer, généralisation des peintures sans solvant… le métier de peintre connaît de profondes mutations induites par une nouvelle obligation : protéger l’environnement. Ce thème sera d’ailleurs le fil conducteur du salon Couleurs et Métiers qui se tient du 22 au 24 mars, à Lyon.

Dans neuf mois, le 1er janvier 2007, le taux de composés organiques volatiles (COV) dans les peintures intérieures en phase solvant ne devra plus excéder 400 g/l et ce, pour pouvoir respecter la directive européenne du 21 avril 2004. Ces COV, qui peuvent atteindre actuellement jusqu’à 750 g/l, sont contenus dans les diluants (White-Spirit, essence de térébenthine…) servant à fluidifier la peinture. Ils sont source de pollution de l’air et peuvent provoquer troubles respiratoires, allergies, maux de tête voire des malaises plus graves.
Ces dernières années, la prise de conscience de ces dangers et le renouvellement générationnel des peintres se sont conjugués pour que la profession travaille avec des produits moins toxiques. L’amélioration technique des peintures en phase aqueuse n’est pas non plus étrangère à leur succès croissant : l’association des résines polyuréthanes ou acryliques à des résines alkydes ou siloxanes permet des applications aussi bien en intérieur qu’en extérieur, avec des temps de séchage plus courts et très peu d’odeurs. Ces qualités séduisent des applicateurs soucieux de travailler rapidement et des clients qui veulent profiter des locaux le plus vite possible.
Résultat : depuis l’an 2000, il se vend plus de peintures en phase aqueuse qu’en phase solvantée, tendance qui s’accroît chaque année. En 2004, selon la dernière estimation connue de la FIPEC, les livraisons de peinture bâtiment en phase aqueuse représentaient les deux tiers du volume total.
La mise en œuvre de la directive européenne devrait accélérer ce mouvement et sonner le glas d’un certain nombre de produits, dont les laques glycéros et les peintures dites « Pliolites ». Et si celles-ci passent le cap de 2007, elles ne pourront techniquement pas résister à celui de 2010, date à laquelle les taux de COV seront encore abaissés.

Des initiatives locales
Si le passage à des peintures « plus propres » s’effectue sans trop difficulté, il ne semble pas en être de même pour la gestion des déchets. « La réglementation interdisant aux peintres l’accès à leur décharge habituelle est sortie en 1992 », se souvient Alain Schmoll, le président de la Commission déchets du Groupement des Professionnels de la Peinture et de la Finition (FFB). « Elle laissait 10 ans à la filière pour la mettre en place. Mais ce n’est qu’à l’approche de l’échéance, lorsque la profession s’est rendue compte que nos prestataires habituels n’allaient plus avoir le droit de récupérer nos déchets, que nous avons commencé à véritablement réfléchir à cette question ». Même si quatre ans plus tard, une grande majorité de peintres affirment être préoccupés par le devenir de leurs déchets, peu d’actions sont mises en place directement par la profession.
Industriels et distributeurs prennent donc le relais, souvent de manière locale. C’est ainsi qu’il y a 3 ans, aux confins de Villeurbanne et de Vaulx-en-Velin, l’industriel et négociant Pia-Gazil a créé en partenariat avec une société spécialisée, un centre de tri destiné à accueillir les déchets de ses clients. « Soit nous collectons directement dans les entreprises grâce à une flotte de camions équipés de bacs de rétention, soit les artisans amènent leurs déchets eux-mêmes au centre », explique Yves Gazil, le responsable communication et marketing. « Ils reçoivent alors un bordereau qui les couvre en cas de contrôle ainsi que la facture qui prend en compte les 50% d’aide attribuée par l’Agence de l’Eau ». Cette subvention est plafonnée à 20 tonnes de déchets par an. Et Yves Gazil de souligner que cette démarche est un « plus » pour des entreprises qui veulent accéder à la commande publique où la ligne « élimination des déchets » est de plus en plus présente. Nationalement, depuis 2005, le groupe SigmaKalon organise de son côté une opération « coup de balai » pour collecter les pots usagés de ses clients. Mais cette opération ne dure qu’un mois !

Un document de la Capeb
Sans mettre en place une véritable filière, l’UNA Capeb Peinture-Vitrerie-Revêtement a depuis peu cherché à faciliter les démarches de ses adhérents. Forte des divers retours d’expériences en région, elle diffuse un document didactique expliquant la marche à suivre pour organiser une opération collective de récupération des déchets de peintures au niveau de chaque département. « Deux solutions s’offre à nos adhérents », explique Jean-Jacques Chatelain, le président de l’UNA. « Soit une collecte de porte à porte soit une collecte en point d’apport volontaire. Dans tous les cas, nous incitons les entreprises à se rapprocher des acteurs concernés : Ademe, Agence de l’Eau, DRIRE et Conseil Régional ou Général ».
Thierry Devige-Stewart

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La filière peinture se retrouve à Lyon


Les peintures intelligentes et respectueuses de l’environnement seront à l’honneur pour cette deuxième édition du Salon Couleurs et Métiers qui se tient du 22 au 24 mars, à Lyon (voir lien ci-contre).
Cette année, le Salon Couleurs et Métiers permettra à plus de 100 fabricants et distributeurs nationaux, régionaux et étrangers de présenter aux 5 000 professionnels attendus (entreprises, négociants, maîtres d’ouvrages et prescripteurs) leurs dernières innovations en termes de produits, de matériaux, de revêtements sols et murs, d’outillages et d’équipements.

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Que dit la loi ?


La loi du 13 juillet 1992 réserve l’accès des décharges aux seuls déchets ultimes, c’est-à-dire à ceux qui ne peuvent pas être valorisés par recyclage, réemploi ou incinération. Toute personne qui produit ou détient des déchets est tenue d’en assurer l’élimination et de justifier de sa traçabilité.
Le tri est effectué en fonction de la nocivité des déchets :
– déchets inertes : ils ne peuvent pas nuire à l’environnement et sont destinés aux centres de stockage de classe 3. Ce sont par exemple comme la terre, les gravats, le verre, les abrasifs usagés…
– déchets industriels banals (DIB) : non dangereux, ils doivent être dirigés vers les centres de stockage de classe 2. Il s’agit des déchets papiers, cartons, bois, plastiques, chutes de moquette…
– déchets industriels « spéciaux » (DIS) : Ils sont définis par le décret du 15 mai 1997 impliquant des précautions particulières d’élimination ou de traitement : solvants et eaux de rinçage usés, vieilles peintures à l’état liquide ou pâteux, bidons et pots de peinture, manchons, brosses, chiffons souillés.
S’il ne respecte pas la loi, le responsable de dommage à l’environnement peut être mis en cause tant d’un point de vue civil (demande de réparation pécuniaire) que pénal (amende allant jusqu’à 76225 euros et deux ans d’emprisonnement maximum).

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