Entreprises de BTP

Les patrons du BTP divisés sur le CPE

Christian Baffy président de la Fédération française du bâtiment (FFB) a été reçu mardi à Matignon par Dominique de Villepin pour évoquer les perspectives du contrat première embauche (CPE) dans le BTP. Contrairement aux deux autres fédérations patronales du secteur, la FFB estime que le CPE « s’adapte bien » au bâtiment.

A sa sortie de Matignon, Christian Baffy a indiqué à la presse de le CPE était un outil intéressant pour le secteur. « Le CPE s’adapte bien » au secteur du bâtiment. « Nous l’avons déjà prouvé avec le CNE, qui est actuellement utilisé par l’ensemble de nos entreprises jusqu’à 20 salariés. Nos entrepreneurs aujourd’hui ont un besoin urgent de recruter ».
Pour lui, le CPE ne risque pas d’accroître la précarité: « Aujourd’hui, si un jeune a l’ambition de venir nous rejoindre, l’entrepreneur, lui, a l’ambition de le garder, de le former, de le qualifier et de lui offrir un métier d’avenir ».

Un point de vue qui diffère sensiblement de celui de Patrick Bernasconi, président de la Fédération Nationale des Travaux Publics. « Le CPE ne correspond pas à nos besoins » déclare-t-il dans Le Moniteur à paraître vendredi 17 mars. « Globalement, il y a trop de contrats de travail aujourd’hui, l’ensemble manque de lisibilité pour les entreprises » ajoute-t-il.
Quand les salariés ne sont pas embauchés en CDI, il y a déjà « une dizaine de contrats disponibles (intérim, et apprentissage) » en vigueur actuellement, estime pour sa part Jean Lardin, le président de la Capeb.
C’est d’ailleurs du côté de l’artisanat du bâtiment, qui n’est pourtant pas directement concerné par la mesure (ndlr : le CPE s’adresse aux entreprises de plus de 20 salariés), que les critiques vis à vis du CPE sont les plus virulentes.
Déclarant que le CPE est « inapproprié » car « labellisé comme un contrat précaire », Jean Lardin estime qu’il risque de faire fuir les candidats à l’emploi dans une profession déjà en mal de recrutement.
Alors que le secteur du bâtiment connait de grandes difficultés à recruter, chez les jeunes et chez les moins jeunes, « nous n’en sommes pas à séduire les patrons sur la flexibilité », a-t-il lancé. Au contraire, a-t-il avancé: « avec une telle image de précarité, on fout en l’air les efforts pour attirer les candidats dans notre profession ».
La Capeb avait indiqué au gouvernement, il y a quelques mois, avant l’annonce du CNE, qu’elle était favorable à un contrat comprenant une période d’essai de trois mois renouvelable une fois.
Jean-Philippe Defawe

Retrouvez dans Le Moniteur du 17 mars un article complet sur le CPE et l’apprentissage junior, les deux principales mesures du projet de loi sur l’égalité des chances qui vient d’être définitivement adopté par le parlement.

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