Transport et infrastructures

Les moules de la Vienne freinent les travaux de la LGV Tours-Bordeaux

Mots clés : Ouvrage d'art - Transport ferroviaire

Les travaux de construction du viaduc de la Vienne, réalisés dans le cadre de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique, ont été ralentis, le temps que les mulettes – une espèce de moule protégée – soient transférées dans la Creuse.

Le chantier de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique bat son plein. Tous les travaux sur le tracé entre Tours et Bordeaux sont en effervescence. Tous, sauf ceux du chantier de construction du viaduc de la Vienne à cheval sur Nouâtre et Ports-sur-Vienne, ralentis les quinze premiers jours de juillet. Pas de problème technique, mais plutôt une exigence animale : sur le chantier de la Vienne, les moules font la loi. Tant que les grandes mulettes et les mulettes épaisses, des espèces de moules très protégées, ne seront pas déplacées vers des sables plus cléments, la construction de l’estacade ne pourra pas se poursuivre. Depuis juin, les ouvriers de Coséa (la société en charge de la construction de la ligne) et les plongeurs de Biotope (bureau d’étude spécialisé dans la faune, la flore et les milieux naturels) cohabitent : pendant que les uns récupèrent les moules – qui mesurent jusqu’à 20 cm ! – les autres assemblent le viaduc à terre.

 

Protéger une espèce en « danger critique d’extinction »

 

L’arrêté du 23 Avril 2007 du Ministère de l’Ecologie et du Développement durable protège les grandes mulettes en interdisant « l’altération ou la dégradation des aires de repos des animaux ». Cette espèce, la plus ancienne et la plus imposante des moules de rivière, est considérée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme étant en « danger critique d’extinction ». Elle n’existe plus que dans quatre rivières au monde, dont la Vienne. Pas étonnant alors que RFF se soit engagé à ne pas détruire l’habitat naturel des mulettes lors des travaux de construction du viaduc de la Vienne. La seule solution était de transférer les mollusques dans un autre secteur qui ne sera pas touché par les travaux. Avec l’aide des plongeurs de Biotope, les moules partent s’implanter dans la Creuse où elles pourront profiter de leurs 150 ans d’espérance de vie.

 

Un suivi pendant cinq ans

 

Lors de la signature du contrat, la société concessionnaire Liséa (menée par Vinci Concessions) s’était engagée à enlever les moules avant de lancer les travaux. En avril, les intempéries ont rendu les conditions d’intervention « dangereuses » pour les plongeurs de sorte que le déplacement des moules a été reporté entre le 25 juin et le 13 juillet. Sur les quinze derniers jours, Biotope a demandé aux ouvriers du chantier « d’arrêter l’avancée de l’estacade » pour leur permettre de sécuriser l’intervention. Sur les 6410 mulettes épaisses et les 50 grandes mulettes recensées en 2010, ce sont respectivement 150 et 40 mollusques qui ont été trouvés et déplacés. La différence tient à  un « événement » encore inexpliqué qui a entrainé une « très forte mortalité » de ces espèces. Un programme de suivi des moules a été organisé. Elles ont été marquées avec un transpondeur et seront suivies pendant cinq ans.

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