Performance énergétique

Les MOOCs bâtiment durable dans les starting blocks

Mots clés : Apprentissages - Démarche environnementale

Le Plan Bâtiment Durable et l’ADEME lancent, vendredi 23 janvier, une étude sur les « MOOCs » et le bâtiment durable. Objectif : déterminer la faisabilité de la mise en place de cette forme d’enseignement en ligne. Christina Nirup, chef de service formation externe à l’Ademe et Jérôme Gatier, directeur du Plan Bâtiment Durable détaillent leur projet.

Qu’est-ce que les MOOCs ?

Christina Nirup : Le terme MOOC (massive open online course) signifie, en anglais, « cours en ligne ouverts et massifs ». C’est une nouvelle forme d’enseignement en ligne, qui est capable d’attirer potentiellement des dizaines de milliers d’apprenants en parallèle. Les supports pédagogiques sont pensés pour être adaptés à l’ère du numérique : vidéos, références et documents numériques, quizz, mais aussi interactivité avec l’enseignant et entre apprenants. L’idée est aussi que les MOOCs ont un début et une fin, ce qui fait que tous les inscrits avancent en parallèle et peuvent créer des interactions entre eux. Cela évite donc une sensation d’isolement qu’on peut avoir face au e-learning.

Jerôme Gatier : Les MOOCs, au Plan Bâtiment, on a fait leur découverte il n’y a pas si longtemps ! C’est Sabine Basili et Ingrid Nappi-Choulet qui, dans leur rapport « rénovation énergétique et filière bâtiment » publié l’été dernier, ont mis l’accent sur cette nouvelle possibilité pour le secteur du bâtiment. Après avoir trouvé ce terme un peu amusant et même loufoque, on a pris au sérieux l’idée. Surtout que plusieurs acteurs sont venus nous voir pour dire qu’ils souhaitaient lancer des MOOCs –ce que certains ont déjà commencé à faire-, mais qu’ils aimeraient ne pas le faire chacun dans leur coin.

 

En quoi, les MOOCs sont-ils un support utile et approprié aux professionnels du bâtiment ?

CN : Nous savons que les enjeux, dont celui de la formation pour réaliser la transition énergétique dans le bâtiment est gigantesque. Collectivement, acteurs privés et publics, on a déjà fait un effort important pour développer les formations : FEEBat, les plateformes Praxibat®, les modules des organismes de formations, les initiatives régionales, les efforts des industriels… Mais force est de constater que nous pouvons encore beaucoup progresser, tant quantitativement que qualitativement. On doit donc continuer à chercher des solutions complémentaires, surtout si elles permettent de toucher beaucoup de monde.

JG : Se former au moment où on peut se rendre disponible, sur le lieu de travail ou ailleurs, au rythme qui est le sien, avec les moyens que l’on préfère, cela répond certainement à un besoin pour beaucoup de professionnels. La formation présentielle reste utile et même nécessaire pour certains aspects, notamment pour acquérir les gestes métiers, mais toute une partie de l’apprentissage peut être plus flexible et plus variée. On pense aussi que cela correspond de plus en plus aux pratiques des professionnels qui utilisent massivement internet dans leur activité (la quasi totalité pour la maitrise d’œuvre, plus de 80% pour les artisans). Enfin, les MOOCs ouvrent la faculté de développer des dynamiques collaboratives : dans certaines formes de MOOCs, les apprenants sont invités à travailler ensemble, y compris en se retrouvant physiquement par secteur géographique, pour travailler sur des projets concrets, 1 heure, 2 heures… Attention, nous avons bien conscience que les MOOCs ne sont pas un outil miracle ! Mais ils peuvent contribuer à faire avancer les choses ensemble et c’est cela que nous voulons tenter.

 

Pourquoi le Plan Bâtiment Durable et l’Ademe lancent-ils cette étude de faisabilité sur la mise en place de MOOCs dédiés au bâtiment durable ?

JG : D’abord, nous voulons vérifier l’intérêt de la filière pour cette forme de diffusion de la connaissance. Nous sommes convaincus de l’intérêt et du potentiel… Nous espérons ne pas être les seuls !

CN : On souhaite vivement que tous les acteurs s’emparent de la question pour avancer ensuite concrètement. C’est une étude qui a vocation à créer une dynamique collective qui aboutit sur des réalisations concrètes.

 

Qu’est-ce que vous attendez de cette étude ?

CN : Si l’intérêt est confirmé, l’étude doit permettre de déterminer comment développer des MOOCs sur le bâtiment durable au service de la filière. Nous identifions deux sujets : d’une part, les MOOCs en eux-mêmes et d’autre part l’organisation pour valoriser et faire connaître les MOOCs.

Pour le premier point, doit-on initier un ou plusieurs MOOCs « de référence » qui seraient capables de lancer la dynamique et de répondre à un besoin particulier ? Si oui, quelles thématiques sont prioritaires ? Sur quel schéma pédagogique ? Pour quels publics ? Quel est le degré de technicité qu’il faut viser ? De quels contenus pédagogiques existants pourrait-on partir ? Mais également, quel est le modèle économique ? Comment on s’articule avec les organismes de formation pour trouver la bonne complémentarité ?…

Pour le second point, on s’interroge sur la façon de faire en sorte que la dynamique soit collective et puissante. Plusieurs acteurs ont déjà initié des MOOCs qui touchent directement ou indirectement le bâtiment durable : comment on les valorise ? On imagine possiblement la mise en place d’une plateforme dédiée « MOOC bâtiment durable », ouverte, sur laquelle pourraient être hébergés tous les MOOCs lancés par les acteurs de la place, sous condition d’un gage de qualité. Est-ce une bonne idée ? Si oui, quelle plateforme retenir ? Quel modèle économique ? Quelle gouvernance et quelle vérification de la qualité du contenu ? Quel partenariat avec les universités et avec les organismes de formation initiale et continue ?…

Autant de questions qui sont largement ouvertes ! Et auxquelles on veut pouvoir répondre collectivement.

 

A qui les MOOCs s’adresseraient-ils ?

JG : Potentiellement à tout le monde ! Tous les professionnels peuvent être concernés. Même la maitrise d’ouvrage professionnelle mais aussi les particuliers peuvent être intéressés pour apprendre, comprendre les fondamentaux d’une rénovation d’un bâtiment, par exemple. Cela ne peut qu’aider à l’émergence de projets et à la facilitation du dialogue sur un projet entre tous les intervenants.

CN : Evidemment, un MOOC doit être adapté à son public cible. On ne fera pas la même chose selon qui est visé. Et pour l’instant, tout reste ouvert ! C’est pour cela que nous lançons cette étude collaborative : afin de pouvoir déterminer quel(s) MOOC(s) pourrai(en)t être réalisé(s), pour qui, comment… Dans tous les cas, ce projet doit contribuer à lancer la dynamique.

 

Après l’étude en mode collaboratif qui durera 2 à 3 mois, quels sont vos objectifs et comment voyez-vous la suite ?

JG : Nous sommes fermement décidés à ce que cette étude ait des suites opérationnelles ! A l’issue de l’étude et en fonction de son résultat, nous voulons pouvoir lancer au moins un MOOC qui se déroulera avant l’été ou à la rentrée. Et possiblement une plateforme commune. Mais pour cela, nous aurons besoin d’une adhésion large et d’un engagement collectif.

 

 

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  • - Le

    Il y a urgence...

    http://www.construction21.org/belgique/articles/be/guide-batiment-durable—bruxelles-environnement.html … pourquoi pas un guide des bonnes pratiques accessible à tous?
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  • - Le

    Formation de groupe d'entreprise

    Pourquoi pas former toutes les entreprises d’un même projet en même temps, créer un interaction et une synergie entre eux, impliquer également le MOA, l’équipe de MOE, et observer les réactions de chacun, lancer un TP sur le projet et s’en servir comme fil rouge pour la formation. Je suis convaincu de l’efficacité d’un tel processus !
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  • - Le

    mocs batiment durable

    pour mettre en construction sur le terrain des logements il faut avant tout des ouvriers dans chaque métier (électriciens, plombiers,maçons peintres et autres) = si on suit le démarrage d un immeuble, le numérique avec ses centaines d informaticiens a déjà englouti la plus grande part des capitaux = simplification = économie
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