Industrie/Négoce

Les loueurs de matériels de chantier affrontent la crise

La 16ème Journée Nationale de la Location qui s’est tenue le 3 décembre dernier a été l’occasion pour les professionnels du secteur de dresser un bilan de la crise… et de ses remèdes possibles.

« Nous avons souffert de deux phénomènes différents, dit Hervé Cohade, le président de la Commission Location du DLR (Fédération nationale des distributeurs loueurs et réparateurs de matériels de bâtiment, travaux publics et manutention). L’inversion de tendance traditionnelle dans notre secteur et la crise de confiance de l’été 2008 ». Cette déclaration inaugurait la 16ème Journée Nationale de la Location qu’a tenue le syndicat le 3 décembre dernier et qui a réuni plus de 120 professionnels.

« Nous pensions qu’après une 2007 record, cela ne pouvait plus durer. Le retournement a été sensible en avril 2008 », poursuit le président. Un phénomène prévu donc. Il n’en est pas de même pour la crise de confiance qui a affecté le marché des matériels. Et pourtant, observe Hervé Cohade : « Il n’y a pas de crise de financement dans nos professions. Nous n’avons constaté de refus de la part des banquiers de délivrer des crédits ni auprès des loueurs, ni auprès de nos clients entrepreneurs ».
Mais la dépression que connaissent les carnets de commande a eu un effet mécanique sur le marché de la location, à mesure que l’année avançait. Les loueurs devraient finir 2008 sur un chiffre d’affaires à peu près équivalent à celui de 2007, pense le président.

Taux de rotation
La structure des coûts des loueurs comprenant matériels, personnels et locaux, rend difficile une réaction rapide à la crise. Agir sur le personnel c’est d’abord cesser d’avoir recours à l’intérim, puis ne plus embaucher, puis ne pas renouveler les postes vacants, et, en dernier recours, licencier. « Les licenciements sont un cas de conscience pour des entreprises qui se sont dotées, pendant les dernières années, d’équipes qualifiées et performantes » font observer les loueurs. « Fermer les agences les moins rentables est une solution, mais les effets sont longs à se faire sentir, dit Hervé Cohade. La vraie variable d’ajustement, c’est arrêter d’investir, et déstocker si nécessaire. Il faut accroître le taux de rotation des machines. Il ne faut surtout pas baisser les prix ».

Loi LME
Si la demande fléchit de 10%, les loueurs vont perdre 320 millions d’euros de chiffre d’affaires, affirme Hervé Cohade. Comment récupérer l’équivalent de cette somme ? En réduisant les délais de paiement des clients. Une mesure qui fait partie des dispositions de la loi de Modernisation de l’Economie. La FFB et la FNTP ont adressé au DLR, chacune de leur côté, une lettre en vue d’un accord d’échelonnement de la mise en application de cette mesure. Le bureau du DLR, qui s’est réuni le 4 décembre, a voté contre cet accord au nom des loueurs mais également des distributeurs de matériels de chantier.
« Je me prononce également contre la Taxe Professionnelle et contre son remplacement par une autre imposition, complète Hervé Cohade, et pour l’instauration d’un bouclier fiscal pour les entreprises ».

2009 ne sera pas bon. Les loueurs sont d’accord sur ce point. Quelle sera l’ampleur de la récession ? « La FNTP et la FFB tablent sur -6%, observe Hervé Cohade. Or le taux de pénétration de la location, soit le rapport du chiffre d’affaires de la location sur celui de la construction, évolue lentement mais favorablement. Si l’activité de nos clients baisse de 6% je ne pense pas que nous finissions à -15% », conclut prudemment le président.

Michel Roche (Matériels et chantiers)

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