Paysage

Les jardiniers territoriaux, médecins joyeux des âmes urbaines

Mots clés : Aménagements extérieurs - Rénovation d'ouvrage - Risque sanitaire

Consacré aux « politiques d’espaces publics pour une santé durable », le congrès d’Hortis s’est achevé sur le thème du bonheur. L’association des chefs de services d’espaces verts territoriaux, réunie du 5 au 7 octobre à Lyon, a pu mesurer sur place le lien entre l’activité de ses 600 membres et le mieux-être en ville : la jeune métropole poursuit l’extension et l’embellissement de ses espaces publics, après avoir  abandonné la priorité à l’automobile depuis 30 ans.

Le feu d’artifice final incombe à Jacques Soignon, directeur des espaces verts de Nantes, ce 5 octobre vers midi sous les fresques Second empire du palais de la bourse de Lyon, après une journée-et-demi d’interventions sur le lien entre santé et espaces verts : « Les interventions artistiques et ludiques se couplent et recueillent immédiatement l’adhésion de la population », témoigne le représentant de la « ville aux 100 jardins », sourire aux lèvres et photos de foule en liesse à l’appui. Chargé d’élargir la réflexion au rôle des  parcs et jardins dans le bonheur, Jacques Soignon rappelle cet épisode : « L’atelier participatif sur les petits poussins utilisés pour confectionner un poussin géant et éphémère a rassemblé 500 personnes, par le seul intermédiaire de Facebook », jubile le fonctionnaire territorial, devant les congressistes d’Hortis, l’association des chefs de service d’espaces verts territoriaux.

 

Bonheur nantais

 

Des nouvelles toutes fraîches actualisent son propos : « L’artère centrale de l’Etoile verte de Nantes dégagera l’espace pour 3 km de jardins qui débarrasseront l’hypercentre de 8000 m² de bitume », annonce Jacques Soignon, après l’officialisation du projet de la  paysagiste Jacqueline Osty. Et le directeur des espaces verts de Nantes de conclure sous les ovations : « Racontez des histoires ! Ca marche. Nous  sommes une entreprise de spectacle vivant. Soyez des magiciens ! ».

« Nous aurions pu conclure à ce stade », a embrayé Jean-Pierre Guéneau. Mais le président d’Hortis ne dissimule pas non plus son bonheur, dans l’exercice de la synthèse qui lui incombe, après le rappel de l’argumentaire du congrès : « Le jardinier exerce une responsabilité sociétale, à travers les gains qu’il offre à la santé publique, en dehors du système de soins ». A Lyon, la démonstration repose sur le parc Zénith, en cours de réalisation sous la maîtrise d’œuvre de Thierry Laverne : la ville et l’Agence régionale de santé entendent mesurer les bénéfices sanitaires engendrés par cet espace vert qui remplace une ancienne friche industrielle.

 

Expérimentation bordelaise

 

La montée en puissance de ce thème se traduit dans un nouvel outil en cours d’expérimentation à Bruges, au Nord de la métropole bordelaise : l’Etude d’impact santé (EIS), mise en place pendant la phase de programmation de la troisième tranche de la Zac du Tasta. « L’outil a donné à nos collègues de l’urbanisme les arguments qui justifient leurs prescriptions pour limiter les impacts sonores », se réjouit Isabelle Haumont, cheffe du service Santé – qualité de vie de Bordeaux Métropole et coordinatrice de l’EIS, aux côtés de l’observatoire régional de la santé. L’exercice aboutit à 150 prescriptions qui concernent tant les 600 logements que les espaces publics et la conception globale du projet.

 

Sus au mono-spécifique

 

Le lien entre santé et espaces verts ne conduit pas les cadres territoriaux à éluder les risques sanitaires provoqués par les plantes allergènes, même s’ils remettent le sujet à sa juste place : le mal vient de la conjonction entre pollution et pollens. « Quand une poussette circule entre un alignement mono-spécifique de graminées et des pots d’échappement, je vois un avenir tout tracé », soupire Michel Thibaudon, responsable scientifique du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA). Les lecteurs des deux guides en ligne publiés par ce dernier éviteront sans doute de reproduire le contre-modèle des abords du centre Pompidou Metz, avec ses 700 bouleaux.

 

Arbres lyonnais

 

Pendant les visites guidées de la fin du congrès, les militants de l’arbre urbain ont pu mesurer les efforts lyonnais, jusque dans la presqu’île centrale : « Après la fin du modèle américain qui avait animé l’ancien maire Jacques Pradel, les premiers aménagements de place ont suscité des critiques, en raison du manque de végétal, alors que la Cité internationale déclenchait l’enthousiasme, dans son écrin de verdure », rappelle Frédéric Ségur, chef du service Arbres et paysages à la métropole. Première expression de la nouvelle génération d’aménagements, la place des Jacobins témoigne d’une percée verte conquise de haute lutte avec Jacqueline Osty : « les Bâtiments de France ne voulaient pas d’arbres », rappelle Frédéric  Ségur. Des espèces qui ne dépasseront pas 10 m de hauteur ont tracé la voie du compromis et du verdissement qui se poursuit dans le programme « Cœur de presqu’île », jusqu’en 2021.

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