Profession

Les ingénieristes tirent les enseignements de leur opération vérité sur les prix

Demande de revalorisation de la phase d’Avant projet sommaire, sous-rémunérations chroniques de la maîtrise d’œuvre et faiblesse de l’engagement des ingénieristes dans les missions. Trois enseignements collectés à l’occasion des formations organisées par la Chambre de l’ingénierie et du conseil de France (CICF), sur la méthode de calcul des honoraires.

Trois mois après le lancement de la « Solution pour l’évaluation des offres de prestations intellectuelles » (voir l’article du Moniteur.fr du 28 octobre 2009), François Amblard, président de la Chambre de l’ingénierie et du conseil de France (CICF) évoque les enseignements tirés des premières formations dispensées sur le terrain. Rappelons que cette « solution » est une méthode créée par la CICF à l’attention des maîtres d’ouvrage publics et privés pour alerter sur les risques et les dangers liés à la pratique de prix anormalement bas dans la rémunération de la maîtrise d’œuvre. La CICF poursuit son tour de France et plaide dans chaque département pour la vérité sur les prix.

Une réaction ? Ecrivez-nous à courrier.moniteur@groupemoniteur.fr

Focus

Trois questions à…

François Amblard, président de la Chambre de l’ingénierie et du conseil de France (CICF)

Vous avez élaboré une méthode d’analyse des offres de prestations intellectuelles à l’attention des maîtres d’ouvrage et engagé un tour de France pour sa diffusion. Quel retour d’expérience en tirez-vous ?

Deux enseignements forts émergent des commentaires qui sont faits à la CICF par les quelque 350 personnes formées, à ce jour, à l’occasion de notre tour de France. Le premier est que l’évolution technique des bâtiments mobilise davantage la maîtrise d’œuvre en phase d’Avant projet sommaire (APS). Cette phase est plus lourde en études et nécessite d’être mieux rémunérée. Le second est que la rémunération des prestations intellectuelles reste avant tout étroitement liée aux exigences de la maîtrise d’ouvrage. Le processus de co-conception (architecture-ingénierie-économie et autres) est par exemple actuellement collectivement sous rémunéré.

A combien évaluez-vous actuellement la sous rémunération de la maîtrise d’œuvre ?

La CICF estime cette sous rémunération jusqu’à 20 à 30% par le jeu combiné de la baisse des taux d’honoraires, d’une part, et de la baisse de valeur des travaux réalisés actuellement en pleine crise économique, d’autre part. Il faut ajouter à cela l’augmentation du besoin d’études générées par le relèvement des exigences techniques et environnementales liées aux nombreuses évolutions réglementaires actuelles : nous constatons l’aggravation de cette sous rémunération qu’en temps normal nous évaluons déjà à 10%. Par ailleurs, la rémunération n’est pas toujours adaptée à la répartition des tâches au sein même de la maîtrise d’œuvre.

Quels commentaires vous livrent les maîtres d’ouvrage – une centaine à ce jour – qui a suivi vos formations sur cette méthode ?

Dans leur très grande majorité, les maîtres d’ouvrage veulent que nous soyons plus présents sur les chantiers. Ils exigent également de nous plus de remise en cause, de recherche, de pertinence dans l’exécution des missions qu’ils nous confient (moins de « copier-coller »). Ces remarques, sans doute fondées, résultent d’une sous rémunération chronique des prestations de maîtrise d’œuvre. La méthode proposée par la CICF vise en particulier à éclairer les maîtres d’ouvrage sur cette réalité.

Propos recueillis par Dominique Errard

 

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
  • - Le
    quoiqu’il en soit et peut importe les criteres de choix( ponderés comme l’exige le code des MP) impossés lors de la consultation de maitrise d’oeuvre e, à la finale le seul critere qui et décisionnaire c’est le prix
    Signaler un abus
  • Commenter cet article
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X