Transport et infrastructures

Les infrastructures, premier défi économique pour l’Indonésie

Avec ses chaussées défoncées, ses coupures électriques, ses télécommunications laborieuses et ses chemins de fer dépassés l’Indonésie doit absolument réformer ses infrastructures. Mais le pays a pris du retard et le gouvernement peine à attirer les investisseurs étrangers.

L’archipel reste la première économie d’Asie du Sud-Est et pourtant il suffit d’emprunter le réseau routier à Java ou à Sumatra, ultra saturé et crevé de nids-de-poules, pour se rendre compte des efforts qu’il doit accomplir s’il veut conserver sa place.
Le gouvernement du président Susilo Bambang Yudhoyono a promis de faire du problème une priorité, sans grand résultat pour l’heure.

Le plus inquiétant est que le pays ne va pas dans la bonne direction par rapport à ses voisins. En 1996, l’Indonésie surpassait la Thaïlande, Taïwan, la Chine ou le Sri Lanka en terme de qualité d’infrastructures, selon des données officielles diffusées ce mois-ci. Aujourd’hui le pays est en queue de peloton régional dans la plupart des domaines.
L’Indonésie arrive onzième sur douze nations d’Asie du Sud-Est (Asean) pour son taux d’électrification: seulement 53% des 220 millions d’habitants sont reliés au courant. Elle est dernière pour le raccordement au réseau téléphonique filaire (qui profite à seulement 4% des Indonésiens). Enfin elle est huitième sur douze pour ses routes, avec seulement 1,7 kilomètre de chaussée par millier d’usagers. Quelque 40% du réseau est endommagé.

« Les infrastructures empirent et cela affecte gravement notre compétitivité », résume à l’AFP Faisal Basri, économiste de l’Université d’Indonésie. « Comment l’économie peut-elle croître si les routes sont saturées, les ports sont embouteillés et l’électricité manque? », interroge-t-il.
Seulement 55% de la population dispose d’une installation sanitaire et nettement moins (14%) d’eau propre.
« En dehors de Java et de Bali, plusieurs régions souffrent d’une crise en matière d’électricité », relève le rapport.
« La situation est très critique car le gouvernement n’a pas d’argent pour entretenir ce qu’il a, encore moins pour construire du neuf », explique Sri Adiningsih, une autre économiste de l’université Gadjah Mada.
Elle estime que les conséquences pour les échanges commerciaux dans et hors d’Indonésie sont importantes. « Par exemple, le triste état des routes et de la circulation dans Jakarta et ses environs entrave les activités économiques et le mouvement des biens », dit-elle.

Le gouvernement admet qu’il ne peut financer qu’un cinquième des projets d’infrastructures nécessaires au pays.
En janvier 2005 le président Yudhoyono nouvellement élu avait organisé un sommet destiné à convaincre les investisseurs internationaux de s’impliquer en Indonésie.
Jakata estimait les besoins globaux à 150 milliards de dollars sur cinq ans et un total de 91 premiers grands projets avaient été présentés, pour un montant de 22,5 milliards de dollars.
Le gouvernement avait dû par la suite concéder que seulement 20% des projets avaient trouvé preneurs.

Un second sommet consacré aux infrastructures a depuis été repoussé par deux fois, le gouvernement assurant avoir besoin de temps pour peaufiner ses offres de marchés. Vingt-cinq grands projets devraient être présentés pour un montant de sept milliards de dollars.
Si l’Etat indonésien ne parvient pas à renverser la vapeur, la région qui pourrait paradoxalement voir ses infrastructures le plus se moderniser est la province d’Aceh ravagée par le tsunami du 26 décembre 2004, où la reconstruction est financée par les dons de la communauté internationale.
Ahmad PATHONI (AFP)

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