Performance énergétique

Les Hauts-de-France dans la troisième révolution industrielle

Mots clés : Innovations

Le projet Rev3, la troisième révolution industrielle initiée en Nord-Pas-de-Calais en 2012 par l’essayiste américain, économiste et spécialiste de prospective Jeremy Rifkin, a été élargi à la Picardie  mercredi 29 juin à Amiens. Une innovation en France.

Pour Jeremy Rifkin, «il n’existe aucune autre alternative à la révolution industrielle que de s’engager dans une démarche d’écosystème, de fermer la porte aux énergies fossiles et d’ouvrir celle des énergies propres. Soyons déterminés dans cette tempête dont vous êtes les premiers de la classe.» Le premier Forum d’orientation Rev3 organisé à l’échelle des Hauts-de-France, à Amiens en Picardie, engendre une dynamique d’ensemble. La région entend en effet tenir son rang de pionnière dans une transition énergétique primordiale pour les générations futures. Dans la foulée, la signature du protocole d’accord avec Jeremy Rifkin consolide le partenariat et la poursuite de l’engagement pris. «Le temps d’avance que nous voulons prendre trouve les moyens de ses ambitions. 350 initiatives publiques et privées ont déjà émergé et il y a ici, en Picardie, une ingénierie à laquelle nous pouvons adhérer», a souligné Xavier Bertrand, président des Hauts-de France et du Forum d’orientation Rev3.

Rev3 s’appuie sur la transition énergétique et les technologies numériques pour changer les façons de vivre, de produire, de consommer, de se loger, de se déplacer, etc. Il s’agit de s’élancer vers une économie durable et responsable plus connectée et collaborative, de réduire l’empreinte écologique et le coût marginal. «Avant 2040, nous espérons parvenir à 100% d’énergies nouvelles comme le solaire, la géothermie, l’hydraulique, etc. C’est une croissance exceptionnelle qui verra s’écrouler les énergies fossiles. Les grands groupes devront s’adapter», a par exemple projeté Jeremy Rifkin. Pour Philippe Vasseur, président de la CCI Nord de France, commissaire à la revitalisation et à la réindustrialisation des Hauts-de-France, également président du Forum, «il s’agit de faire de la région entière un territoire laboratoire dans lequel chaque acteur privé et public a son rôle à jouer pour travailler plus rapidement et pour créer les infrastructures nécessaires.»

 

Des moyens financiers participatifs de près de 62 millions d’euros

 

Constitué grâce au soutien financier de la banque européenne d’investissement, la Caisse des dépôts, le Feder et le Crédit agricole Nord de France, un fonds d’investissement public-privé de 50 millions d’euros dédié à la transition énergétique et disponible dès ce premier semestre 2016, va pourvoir lancer des projets.

Un an après le lancement en 2015 du livret d’épargne Rev3 (un fonds d’épargne citoyen et participatif unique en France exclusivement réservé au financement des projets écologiques et sociaux innovants) initié par Philippe Vasseur en partenariat avec le Crédit coopératif, 24 projets d’entreprises lancées dans l’aventure vont devenir réalité grâce aux 11,5 millions d’euros épargnés sur 1268 livrets. C’est le cas d’Unéole, entreprise douaisienne qui développe des éoliennes individuelles entièrement fabriquées dans la région ; de l’entreprise lilloise Weenat dont les capteurs installés in situ sur les terres agricoles, permettent d’améliorer la gestion des cultures en temps réel, ou encore de l’entreprise solidaire Gecco qui collecte en triporteur les huiles usagées pour les recycler. «Nous souhaitons que des milliers de communautés et de personnes s’engagent aujourd’hui en Picardie, une des plus vieilles régions industrielles. C’est une opportunité à saisir.»

Sur le territoire picard, le Centre de valorisation des glucides et la plate-forme Improve, institut mutualisé pour les protéines végétales basées à Dury dans la Somme, le Laboratoire de réactivité chimique des solides et son futur Hub amiénois, institut français dédié au stockage de l’énergie initié par le professeur Jean-Marie Tarascon, ont une carte à jouer dans la chimie du végétal et le stockage des énergies électrochimiques. Le Centre d’innovation Daniel-Thomas de l’Université de technologie de Compiègne ou encore la plate-forme Pivert (Picardie innovations végétales, enseignement et recherche technologique) et la société Bostik du groupe Arkena, leader sur le marché de l’adhésif et toutes deux situées à Venette dans l’Oise, ont aussi leur place dans la recherche et l’innovation durables. De l’optimisme pour la troisième révolution industrielle déjà en marche.

 

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