Transport et infrastructures

Les futures LGV ne seront pas financées par SNCF Réseau

Mots clés : Gouvernement - Transport ferroviaire

Accablé par une dette abyssale que le gouvernement refuse d’alléger, le gestionnaire du réseau ferré français ne financera plus « la construction de lignes nouvelles », a affirmé le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies.

« On ne fait plus financer par Réseau (…) la construction de lignes nouvelles », a déclaré Alain Vidalies au Sénat lors de son audition par la Commission de l’aménagement du territoire mercredi 5 octobre. « Soit on trouvera une autre solution, soit ça ne se fera pas », a-t-il insisté.

La dette de SNCF Réseau – qui dépassait 44 milliards d’euros fin juin – doit être plafonnée par une « règle d’or » inscrite dans la réforme ferroviaire d’août 2014. Mais son décret d’application n’est toujours pas paru deux ans plus tard. « Nous avons soumis le décret au Conseil d’Etat (qui) a estimé la semaine dernière qu’il ne pouvait pas statuer avant d’avoir saisi l’Arafer », le régulateur du secteur ferroviaire, « ce qui va reporter forcément la publication du décret », a indiqué le secrétaire d’Etat.

Alain Vidalies a néanmoins assuré que « le dispositif envisagé par le gouvernement exclura toute participation de SNCF Réseau dans les projets de lignes nouvelles en tracé neuf ». « Le rapport de la Commission des finances du Sénat préconise de geler tous les nouveaux grands projets, notamment le GPSO (le grand projet ferroviaire du sud-ouest, censé relier Bordeaux à Toulouse en 2024 et à Dax en 2027 pour un coût total évalué à 8,3 milliards d’euros, ndlr), je ne partage pas cet avis. », précise le secrétaire d’Etat. « SNCF Réseau ne financera pas GPSO, mais nous sommes en discussion avec les chefs de file des collectivités concernées pour trouver une solution de financement entre nous,  à savoir les grandes collectivités et l’Etat – et l’Europe ». 

 

Première entorse à la « règle d’or »

 

« On ne peut pas aggraver la situation de Réseau », a-t-il ajouté, deux semaines après le refus de l’exécutif de reprendre tout ou partie de la dette de l’entreprise publique, au nom de la réduction des déficits de l’Etat.

Le gouvernement a aussi fait voter à l’Assemblée une première entorse à sa « règle d’or », en permettant à SNCF Réseau d’investir environ 250 millions d’euros dans la construction du CDG Express, la ligne entre Paris et l’aéroport de Roissy attendu fin 2023.

 

Vidéo : l’audition d’Alain Vidalies devant la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat

 

 

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