Social

Les FRTP du Grand Est à nouveau dans la rue

Mots clés : Ouvrage d'art - Travaux publics

Les professionnels des travaux publics organisent barrages filtrants et manifestations dans cinq régions du quart nord-est du pays.

Opérations escargots, distribution de flyers, rencontres avec les élus locaux et les représentants de l’Etat: ce mardi 10 mars voit la mobilisation simultanée de quatre fédérations régionales des travaux publics (FRTP), Lorraine, Alsace, Bourgogne et Franche-Comté, avec de nombreux rassemblements prévus dans les chefs-lieux régionaux et départementaux. Hier, la FRTP de Champagne-Ardenne a donné le coup d’envoi, mobilisant 1500 à 2000 personnes (voir focus).

Après la manifestation nationale du 14 octobre, «le cri d’alarme de la filière n’a pas eu beaucoup d’échos», constate René Studli, président de la FRTP Alsace. L’objectif de cette journée d’action «est de faire prendre conscience aux citoyens que la commande publique est arrêtée, et qu’il faut la relancer dans l’intérêt général de préserver nos infrastructures», indique son homologue pour la Lorraine, Patrice Haltebourg. La mobilisation s’annonce beaucoup plus forte que lors du précédent mouvement, avec par exemple 1500 personnes attendues sur la place du Wacken, à Strasbourg, où la manifestation du 14 octobre dernier avait rassemblé 600 salariés et chefs d’entreprise.

 

Activité partielle

 

Avec une baisse d’activité estimée à 15% pour la Lorraine comme pour l’Alsace, l’année 2014 a fortement fragilisé les entreprises de travaux publics. La baisse a été moindre en Bourgogne (-8,7%) mais les perspectives y sont inquiétantes pour l’exercice en cours (-20%). Les conséquences pour l’emploi sont déjà lourdes: 800 postes ont été perdus en 2014 sur les 8000 que pèse la filière en Alsace, et au moins 400 postes sur les 10700 salariés qu’emploient les TP en Lorraine. «Au premier semestre 2015, un certain nombre d’entreprises vont engager les dispositifs d’activité partielle qui leur ont été accordés», ajoute Christophe Druost, délégué régional des Canalisateurs de France pour l’Alsace. Dans cette seule région, ce sont 500 000 heures d’activité partielle qui ont été demandées par les entreprises, précise la FRTP. De nouvelles destructions d’emploi sont déjà annoncées. «Si rien n’est entrepris immédiatement, dans le cadre d’un plan Marshall, cela amènera sans délai nos entreprises à prendre des mesures drastiques de contraction de personnel», s’inquiète Vincent Martin, président de la FRTP Bourgogne, qui évalue les baisses d’effectifs à 20% sur deux ans.

 

Sanctuariser les investissements

 

Les principales revendications des travaux publics du Grand Est concernent le ralentissement de la baisse des dotations, étalée sur six ans au lieu de trois, la suspension des clauses d’insertion et des procédures Mapa, ou encore la création d’une dotation financière dédiée aux investissements, pour que les chantiers d’infrastructure ne soient plus la variable d’ajustement des budgets locaux. A cela s’ajoute des revendications plus locales, comme l’activation de la taxe poids lourds en Alsace pour financer l’entretien d’un réseau largement utilisé par les transporteurs internationaux, ou encore la confirmation de projets majeurs comme le grand contournement ouest de Strasbourg ou l’élargissement de l’A4 au niveau de Metz, dans la droite ligne de la liste des 400 chantiers prioritaires dévoilée la semaine dernière. La FRTP Lorraine a parallèlement lancé un site participatif incitant les particuliers à noter les infrastructures de la région et à signaler toute dégradation ou besoin d’entretien.

 

Focus

1500 à 2000 salariés et patrons d’entreprises de travaux publics manifestent à Châlons-en-Champagne

Vêtus de gilets orange ou jaunes fluorescents et venus des quatre départements de la région Champagne-Ardenne avec près de 250 véhicules processionnels, dont des engins de chantier, les manifestants ont convergé vers la préfecture où ils ont manifesté dans le calme, lundi 9 mars en début d’après-midi. Une délégation a été reçue par le préfet et le président du conseil régional alors que le cortège défilait dans les rues de la ville-préfecture arborant des slogans comme «Non à la France des nids de poules» ou encore «650 emplois perdus en 2014, combien en 2015?»

«Nous sommes au bord de l’asphyxie, la baisse des dotations aux collectivités menace directement notre activité et nos emplois», a expliqué Hervé Noël, le président de la Fédération régionale de travaux publics (FRTP). «La réforme territoriale qui laisse aux élus peu de visibilité a entraîné un arrêt des appels et nos carnets de commandes sont en baisse de plus de 15% par rapport aux années précédentes», a souligné Hervé Noël. «En Champagne-Ardenne où sont répertoriées 250 entreprises liées aux travaux publics pour 7500 emplois, les entreprises dont beaucoup de PME enregistrent une baisse de 30% à 50% des appels pour la fin décembre», s’est-il alarmé.

Quelque 22 500 emplois dans ce secteur ont été perdus fin 2014 en France, dont 650 dans la seule région Champagne-Ardenne, d’après les chiffres de la FRTP.

 

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