Energie

Les fabricants d’équipements électriques remettent en cause la RT 2012

Uniclima, syndicat professionnel regroupant des entreprises de matériel aéraulique, thermique, thermodynamique et frigorifique et le Gifam, Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager ont déposé chacun de leur côté un recours visant à annuler la RT 2012.

Joint par téléphone, Uniclima n’a pas souhaité s’exprimer. Quant au Gifam, il explique son recours en annulation du décret et de l’arrêté stipulant la RT 2012 (publiés en octobre dernier au Journal Officiel) par un traitement défavorable vis à vis du chauffage électrique. Selon Camille Beurdeley, directrice générale adjointe du Gifam, « la RT 2012 ne reprend pas l’objectif de réduction des gaz à effet de serre du Grenelle ». L’arrêté précisant les exigences de la future réglementation thermique prévoie bien un coefficient de modulation de la consommation conventionnelle maximale d’énergie primaire du bâtiment selon les émissions de gaz à effet de serre des énergies utilisées. Les 50kWh sont modulés favorablement dans le cas d’une utilisation locale de bois énergie comme énergie principale utilisée pour la production de chauffage et/ou d’eau chaude sanitaire, ou d’un raccord à un réseau de chaleur et à un réseau de froid. Ce que regrette Camille Beurdeley, c’est le fait que l’électricité ne bénéficie pas de cette modulation « alors qu’il s’agit d’une énergie plutôt faiblement émettrice de gaz à effet de serre ».
La directrice générale adjointe du Gifam, invoque aussi une « discrimination » vis-à-vis du chauffage électrique par rapport aux équipements fonctionnant avec une autre source d’énergie. Pour Camille Beurdeley qui défend les intérêts de l’industrie de l’électroménager, le coefficient de conversion de l’énergie finale électrique en énergie primaire fixé à 2,58 dans les textes de la RT 2012, combiné au seuil des 50kWhep/m²/an exclura la possibilité d’utiliser le chauffage électrique pour chauffer les bâtiments.
A l’heure actuelle, le recours déposé par le Gifam n’est qu’un texte succinct. Le groupement interprofessionnel travaille actuellement sur une explication plus détaillée de ses motivations, que les ministères concernés devront examinés. La procédure pourra durer plusieurs mois et dépasser le 28 octobre 2011, date d’entrée en vigueur de la future réglementation thermique pour les bâtiments neufs publics, les bureaux, les établissements d’enseignement, ainsi que les bâtiments en zones prioritaires de rénovation urbaine. Le recours n’étant pas une procédure suspensive, il pourra se poursuivre parallèlement à l’application de la réglementation thermique.

Un « comportement de mauvais joueur »

« La RT 2012 est un consensus, fruit d’une longue discussion qui n’a pas à être remis en cause » explique Raphaël Claustre, directeur du Comité liaison énergies renouvelables (Cler), qui a participé à toutes les étapes de l’élaboration de la future réglementation thermique. Pour ce promoteur des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie, il s’agit là d’un « comportement de mauvais joueur ». . Et même s’il se dit à peu près sûr que les recours ne passeront pas, il redoute qu’ils fassent perdre du temps à la mise en place de la future réglementation.

 

 

 

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  • - Le

    Isolation thermique

    Quelle que soit la source d’énergie utilisée pour chauffer notre habitat, sa quantité sera toujours proportionnelle à la qualité de l’isolation thermique. Partant de ce constat, il ne nous reste plus qu’à choisir la source d’énergie la plus proche de la construction et la moins dévastatrice pour notre planète. Ces sources sont variées et diffèrent d’un point à l’autre du globe. Seul le bon sens nous fera préférer le géothermique là où l’eau chaude abonde au solaire un peu partout ou au biogaz là où les déchets organiques seront valorisés. Il peut être avantageux d’en combiner plusieurs. Mais, de grâce, arretons de croire que les ressources naturelles de notre bonne vieille Terre sont inépuisables !
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  • - Le

    Bien sûr que c´est le contraire

    Je suis tout à fait en phase avec Bernard et Jacques, tout en faisant la remarque suivante. Même dans le collectif, l´électricité peut avoir sa place. Tout est une question d´isolation thermique. Aujourd´hui des bâtiments de logements sociaux des années 50 ou 60 sont réhabilités pour passer de 225 Kwh/m²SHON.a à 9,6 (neuf virgule six !) Kw/m²SHON.a et cela p.ex. dans une région froide en hiver qu´est la Styrie en Autriche. Alors, bien entendu que l´électricité continue à avoir tous ces atouts aussi bien en construction BBC individuelle que collective.
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  • - Le

    Pourquoi une autre énergie que l'électricité dans un lotissement de maison individuelles?

    Une réflexion en prospective nous permet de penser que les futures constructions n’auront besoin que de très peu d’énergie nécessaire au chauffage voir à la production d’ECS. A quoi cela servira-t-il d’amener une autre énergie telle que le gaz en plus de l’électricité nécessaire aux besoins domestiques dans un lotissement de maisons individuelles si ce n’est qu’à réaliser un gros investissement pour une très faible consommation, un coût de maintenance élevé, le tout se traduisant par ne payer pratiquement que des abonnements. Il faudrait au contraire interdire ces adductions qui sont un contresens. Par contre il est évident que dans le collectif, et en très forte densité, il est impératif d’envisager toutes autres solutions énergétiques.
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  • - Le

    Partie de poker menteur

    Le lobbying industriel a plus d’un tour dans son sac : En agitant ainsi la sonnette, les fabricants d’équipements électriques font penser qu’ils sont victimes d’une injustice. De fait, ils se placent pour les négociations à venir avec une longueur d’avance… Et pourtant : – le coefficient de conversion énergie primaire/finale de 2.58 est un cadeau fait par la France à l’électricité (c’est en réalité plus de 3); – le coût carbone du chauffage électrique (180g/kWh) provient d’un calcul franco-français en décalage réel avec ceux retenus au niveau international. Le but : cacher le très mauvais score de l’électricité des heures de pointe française… soit celle fortement utilisée pour le chauffage.
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  • - Le

    erratum

    Dans une note interne ADEME-RTE qu’Agir pour l’Environnement diffuse ce jour sur son site, ces deux institutions reconnaissent que le kWh électrique français, loin d’être sans effet sur les rejets de CO2, est au contraire fortement émetteur de gaz à effet de serre. Globalement, chaque kWh électrique français destiné au chauffage émet en moyenne 500 à 600 grammes de CO2 par kWh selon l’ADEME-RTE alors que la méthode privilégiée par EDF minore le bilan carbone du kWh dédié au chauffage à 180g… La réalité nucléaire est donc une réalité toute relative !
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  • - Le

    Et le stockage thermique ?

    Le coût de l’électricité nucléaire est artificiellemnt bas, mais en réalité, à terme et collectivement très élevé (coûts sociaux et environnementaux…) La solution est plutôt dans un batiment ayant soit structurellement une inertie suffisante, soit équipé d’un déphaseur thermique (Stockage, ballon tampon, …etc). Alors tout mode de chauffage écologique de petite puissance peut convenir, puisqu’il fonctionnera à sa puissance nominale, mais pendant une courte période chaque jour.En fait , le stockage thermique permet de changer de variable d’ajustement: ce sera le facteur temps au lieu de la puissance installée.n
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  • - Le

    C'est le contraire !

    Plus un bâtiment est isolé de façon performante, plus le recours à l’électricité constitue le meilleur choix, pour ne pas dire le seul possible, du moins en maison individuelle. En effet, quand une habitation nécessite 3 kW par -15° extérieur, (à peine plus d’un KW par 0°) quel autre système peut offrir la souplesse de réponse, l’absence d’inertie, la juste adaptation aux faibles besoins, pour un coût bas. En matière de coût, l’amortissement d’une installation sophistiquée et plus logique sur le plan énergétique est en effet quasi impossible puisque l’investissement est divisé par une très faible quantité d’énergie. Une de nos dernière habitation de 130 m2, près de BESANCON, (3000 degrés-jours) consomme 5200 kWh par an, TOUS USAGES CONFONDUS.
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  • - Le

    La part belle aux pétroliers

    La RT2012 est censée lutter contre l’effet de serre. Même si la fourniture d’électricité est gourmande en énergie, il n’y a plus de centrales thermiques en France. Donc, l’électricité est la seuls énergie non renouvable ne produisant pas de gaz à effet de serre (pas de transport, pas de combustion etc). La volonté des concepteurs de la RT2012 ne serait-elle donc pas plutôt de faire la part belle aux lobies pétroliers ? (le contraire de ce que l’état prétend … ce ne serait pas la première fois !!!)
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  • - Le

    la mauvaise foi

    Aberration dispendieuse puisqu’on transforme de l’énergie primaire en chaleur (vapeur) pour faire de l’électricité pour la retransformer en chaleur. Le coefficient de 2.58 est déjà un arbitrage favorable artificiel à l’électricité puisque la réalité physique est de 3 (loi de Carnot). L’électricité est bien trop précieuse pour en faire du chauffage ! Nous avons à notre disposition une multitude d’autres possibilités parfaitement maitrisée. Rappelons qu’en hivers LE KWh électrique génère 160gr de Co2 selon l’Ademe
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  • - Le

    Justice...

    J’avoue ne pas être un très grand fan du chauffage électrique, il faut tout de même reconnaître que c’est le grand perdant de l’arrêté RT2012. En le lisant j’ai moi aussi cherché le fameux coefficient de modulation par rapport aux émissions de CO2, pour finalement me rendre compte qu’il ne prenait tout simplement pas en compte le chauffage électrique. Sans vouloir défendre ce mode de chauffage, la justice voudrait que ses légers avantages, même peu nombreux, soient effectivement pris en compte…
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