Environnement

Les espoirs déçus de la microéolienne en Grande-Bretagne

Mots clés : Energie renouvelable

Cela allait devenir le gadget dans le vent. Aides publiques à la « micro-generation » aidant, sans oublier l’obligation faite aux électriciens britanniques d’accroître la part de courant vert dans leur mix, les riches propriétaires britanniques avaient l’ambition de s’équiper de micro-éoliennes. Et de fait, les constructeurs (souvent des PME) se sont mis à développer une offre que l’on a peine à imaginer de ce côté-ci du Channel. De la toute petite turbine en passant par des moulins à axe horizontal pour les toits des constructions urbaines, tout semblait possible aux Wind’s fans. D’autant que les premières estimations étaient plutôt réjouissantes. Selon la British Wind Energy Association, la banalisation des micro-éoliennes pourrait éviter l’émission de 2,8 MtCO2 par an. Certaines études évoquent même une économie de rejet de près de
17,8 MtCO2 pour une production annuelle d’électricité de 41,3 TWh. Pour en avoir le coeur net, le Carbon Trust(la société publique finançant les projets permettant de réduire l’empreinte carbone du Royaume-Uni) a commandité un rapport sur la question au Met Office – le pendant anglais de Météo France – et à Entec.

Des sites urbains à l’abri du vent
Rendu public à la fin de la semaine passée, le document douche les espoirs des partisans des moulins à vent lilliputiens. Sa conclusion est sans appel. « Si 10% des foyers installaient une turbine dont le coût de production serait de 12 p/kWh, on ne pourrait compter que sur une production de 1,5 TWh et une économie de C O2 de 0,6 million de
tonne par an. » Soit trois fois moins que le parc éolien onshore actuel. Les raisons de telles différences entre les différentes estimations ? Simple. Les partisans de l’éolien ont oublié que les sites urbains sont rarement favorables à l’implantation d’une éolienne, quelque soit sa technologie. « Les petites turbines installées en zones rurales pourraient bénéficier d’un facteur de charge de 15% à 20%, contre moins de 10% pour les turbines urbaines »,
précisent les auteurs. Et cela n’est pas sans impact sur le cycle du carbone.
En effet, rappellent les spécialistes, une machine de 1,5 kW produisant 2 000 à 3 000 kWh par an compensera son empreinte carbone initiale en moins de 20 mois. En revanche, une installation comparable ne produisant que 500 kWh/an (80% des cas estiment les rapporteurs) mettra plus de onze ans à rentrer dans ses frais carboniques.
Pas climatiquement correct, tout ça.

enerpress

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