Economie

Les entreprises de travaux publics de Midi-Pyrénées sont en danger

Mots clés : Entreprise du BTP - Travaux publics

Après plus de six années de baisse continue de leur chiffre d’affaires, les entreprises de travaux publics sont à bout de souffle. Pour relancer la commande publique, la FRTP propose de toucher directement les citoyens et les associations, meilleur relais de leurs messages.

Les travaux publics ne profitent pas du dynamisme de la région Midi-Pyrénées, deuxième en France en termes de création d’emploi industriel et en nombre de projets portés par des investisseurs étrangers.

 

Dégradation

 

Confronté à la crise depuis 2008, le secteur vit une dégradation ces derniers mois avec une chute du chiffre d’affaires de -8,9% entre 2013 et 2014, contre -11,2% entre 2007 et 2014. Dans ce contexte, l’état de la trésorerie s’est dégradé. Et depuis 2007, 200 entreprises ont disparu. Sur la même période, le secteur a perdu 3 000 emplois permanents et intérimaires, soit -17,5%. Entre 2013 et 2014, la baisse des effectifs est de -6,1%. «Nous sommes capables de nous adapter mais sur le long terme, pas du jour au lendemain. C’est pour cela que nous avons proposé d’étaler sur une plus longue période la baisse des dotations de l’Etat. Nous avons besoin d’un plan d’urgence. Sinon, nous serons contraints de continuer de réduire les effectifs», a déclaré Pascal Enjalbert, vice-président de la fédération régionale des travaux publics (FRTP) et Président du Syndicat Professionnel Régional de l’Industrie Routière de Midi-Pyrénées, lors d’un point de conjoncture organisé le 7 avril à Toulouse, avec Gilles Abraham, délégué régional des canalisateurs de France, et Christophe Monge, délégué régional du syndicat des Entreprises de génie électrique et climatique.

 

Baisse des appels d’offres

 

La baisse des prix et la «chute libre» des appels d’offres, tant en valeur qu’en nombre de lots (- 23,2% en 2014 par rapport à 2013), expliqueraient cette situation. A elles seules, les communes baisseraient de 50% les appels d’offres en Midi-Pyrénées.

«L’impact de phénomènes conjugués comme la réforme territoriale, les élections, la baisse des dotations de l’Etat est d’autant plus important que le secteur des travaux publics en Midi-Pyrénées se compose à 50% de PME-TPE employant moins de 50 salariés. Ce sont 20 500 foyers sur notre région qui sont ainsi affectés», a poursuivi Christophe Monge, délégué régional Serce.

Faute d’activités et de visibilité, les trois hommes soulignent le «vent de panique» qui a envahi les entreprises avec comme conséquences la baisse des prix et le recours au dispositif d’activité partielle. Entre octobre 2014 et février 2015, la Direccte Midi-Pyrénées a enregistré 96 demandes, soit autant que sur les trois années précédentes. Plus de 1,2 million d’heures ont été sollicitées sur les cinq derniers mois, contre 420 000 heures entre début 2009 et septembre 2015. En janvier, le montant de la demande de remboursement, soit 15 000 heures, est comparable à celui enregistré pour l’année 2014.

 

Multiplier les actions

 

«Il faut savoir que ces 1,2 million d’heures coûte à la Direccte plus de 9 millions d’euros. Nous aurions préféré investir cet argent dans des travaux, sachant que les deux tiers des heures non travaillées début 2015 l’ont été dans la construction de routes et d’autoroutes. Or, les entreprises routières n’avaient jamais eu recours à l’activité partielle depuis 2008», a ajouté le président du Sprir.

Ces chiffres alarmants n’empêchent pas les actions. S’inscrivant dans la dynamique lancée par la fédération nationale, la FRTP multiplie les actions. Elle va continuer son travail de pédagogie auprès des collectivités en leur présentant les 17 propositions pour la relance en infrastructures. Elle va d’ailleurs inviter les collectivités à signer la «charte pour la croissance et pour l’emploi» avec cinq propositions. Elle a participé au recensement des chantiers bloqués en France, qui sont au nombre de 32 en Midi-Pyrénées. Il y a certes le barrage de Sivens, dans le Tarn, mais aussi le projet de parc des expositions à Toulouse, la poursuite de l’aménagement de la RN21 entre Tarbes et Lourdes, et le projet de prolongement de la ligne B du métro jusqu’à Labège, dans le sud-est de Toulouse.

De son côté, l’observatoire régional de la qualité de service des infrastructures (Orquasi) développe des outils pour toucher les collectivités à travers l’usager. Fin avril, l’observatoire va ainsi proposer à ses collectivités adhérentes une application smartphone sur le modèle «Fix my street» qui permettra de signaler tout dysfonctionnement en matière de réseaux et d’infrastructures: nids de poule, fuites d’eau, éclairage défaillant… «Nous voulons faire des citoyens et des associations des relais de nos messages. Aujourd’hui, c’est l’opinion publique qui fait infléchir les politiques», a conclu le vice-président de la fédération régionale des travaux publics.

 

Chiffres-clés

Les TP en Midi-Pyrénées

13 196 salariés dans les entreprises de TP, sur l’ensemble de la filière régionale (fournisseurs principalement);

1,78 milliard d’euros de chiffre d’affaires, soit 4,4 % de l’activité des TP en France;

23% de la valeur et du nombre des lots « travaux publics » dans les appels d’offres de 2013 à 2014;

2 839 établissements.

 

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