Etat et collectivités

Les élus locaux commencent à s’approprier la HQE

A l’occasion des 5es Assises nationales de la haute qualité environnementale, qui se tiennent à Saint-Malo jusqu’au 17 mars 2006, coup de projecteur sur une petite commune rurale d’Ille-et-Vilaine qui a réhabilité son école primaire selon la démarche HQE.

Avec la crise pétrolière et le réchauffement climatique, « de plus en plus d’élus ont vraiment envie de faire du développement durable, mais, souvent, ils ne savent pas comment s’y prendre », explique Daniel Cueff, le maire sans étiquette de Langouët, petite commune rurale d’Ille-et-Vilaine.

Un ancien bâtiment insalubre de l’école maternelle et primaire de Langouët a ainsi entièrement été refait en 2004 selon les préceptes de la haute qualité environnementale (HQE).
Selon M. Cueff, les techniques mises en oeuvre dans cette école, comme dans la plupart des bâtiments écologiques, « sont connues depuis longtemps »: puits de lumière naturelle pour limiter le recours aux lampes, panneaux photovoltaïques, isolation de haut niveau, système de récupération de l’eau de pluie, planchers et murs de bois pour le confort thermique et acoustique…
La lenteur de l’essor des constructions écologiques s’explique notamment par « la peur de l’inconnu », estime-t-il. « On attend que le voisin fasse quelque chose et puis, si ça marche, on suit ».
Beaucoup d’élus « s’imaginent aussi que la HQE est chère », poursuit M. Cueff. Or, à Langouët, commune de 600 habitants, « on a pu réaliser un bâtiment HQE à un coût moindre qu’un bâtiment classique. Une commune, qui a peu de moyens, a intérêt à faire de la HQE ».
Grâce au photovoltaïque, l’école ne coûte plus rien en électricité. La récupération d’eau a permis aussi 30 à 35% d’économie. Au total, la réhabilitation de l’ensemble du complexe scolaire, qui n’est pas encore achevée, permettra une économie d’énergie de 3.000 euros par an, sur un budget de 400.000 euros, se félicite le maire.
M. Cueff a créé en septembre l’association Bruded, avec le maire de Silfiac (Morbihan), autre commune en pointe dans ce domaine, pour partager l’expérience acquise avec d’autres élus.
« Ce qu’on a dépensé en plus pour des matériaux chers, qui offrent des prestations supérieures, on peut le compenser en faisant simple », explique l’architecte Dominique Hélary, qui a rénové l’école. Pour lui, « l’architecture durable est aussi une architecture de santé et de bien-être ».
Plus de 50 conseillers municipaux sont déjà venus s’inspirer de l’école de Langouët. La région Bretagne a accordé depuis 2005 quelque 2,2 millions d’euros à une cinquantaine de projets d’urbanisme exemplaires en matière de développement durable.
Daniel ARONSSOHN (AFP)

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