Réalisations

Les économistes de la construction, un maillon essentiel dans la construction

A l’occasion du 35ème congrès de l’Union nationale des techniciens de l’économie de la construction et des coordonnateurs (Untec) et du salon de la prescription, qui se tiennent conjointement à Poitiers du 17 au 19 avril, Jacques-Philippe Charpy, Président de l’Untec évoque dans « Le Moniteur » les sujets qui font débats dans la profession comme le rôle des économistes dans l’acte de construire et le recrutement de jeunes diplômés.

Pourquoi avoir choisi « Maîtrise d’ouvrage : l’apport de l’économie de la construction » comme thème des débats de ce congrès?
C’est pour nous l’occasion de mesurer le positionnement de l’économiste de la construction dans les opérations de construction. Cela touche la maîtrise d’ouvrage publique comme la maîtrise d’ouvrage privée. Or, près de 70% des missions assurées par nos adhérents le sont en maîtrise d’ouvrage publique. Il s’agit principalement des missions d’estimation, de métré et de description des ouvrages. Posons-nous à nouveau la question de notre faible présence en maîtrise d’ouvrage privée.

Pourquoi les économistes sont-ils moins présents en marchés privés selon-vous?
Les promoteurs privés réalisent généralement eux-mêmes les missions qui sont les nôtres. Soit parce qu’ils ont acquis les compétences en interne, soit parce qu’ils travaillent avec des architectes qui ont ce savoir-faire. Certains promoteurs travaillent avec des descriptifs-types et font chiffrer directement les travaux par les entreprises. Ceux-là se privent de notre expertise d’économiste et de notre force de propositions. C’est notamment le cas en matière de développement durable, discipline dans laquelle nos adhérents sont à jour des connaissances réglementaires et normatives. En effet, leur qualification OPQTECC (1) leur impose de suivre une formation continue. Par ailleurs, l’Untec dispose de groupe de travail et d’outils élaborés en son sein, tels que la « méthode d’estimation du contrôle permanent des coûts », la méthode de calcul en coût global « CG Calc », notre indicateur de consommation énergétique ICE, ou encore la méthode de diagnostic des bâtiments existants « Eco Diag ». Ces outils sont perfectionnés et mis à jour régulièrement. Je note néanmoins, que nous devons rapidement remédier au fait que seulement 10% des économistes sont formés à la pratique du droit à titre accessoire.

Les carnets de commandes sont pleins et cependant la profession peine à recruter… Combien de collaborateurs la profession recherche t-elle?
La capacité d’embauche de la profession n’est pas satisfaite aujourd’hui. Les adhérents recherchent actuellement 500 collaborateurs (10% de confirmés, 90% de débutants niveau BTS, licence et master). Nous sommes sollicités tous les jours par nos adhérents pour les aider à trouver de jeunes collaborateurs. L’un de nos problèmes est que les jeunes professionnels qui sont formés dans le cadre des bacs pro, BTS, licences, masters (et bientôt doctorat) mis en place par la profession d’économistes indépendants, sont embauchés à plus de 80% par des maîtres d’ouvrage institutionnels ou des majors du BTP. Nous sommes pourtant très investis dans ces formations. Mais j’ai la conviction que nous les retrouverons chez nous dans quelques années…

Comment pouvez-vous remédier à cette situation?
Nous allons, dès l’année prochaine, participer en accord avec les universités à des licences d’économie de la construction en alternance. Ceci pour favoriser le parcours d’apprentissage des jeunes au sein des cabinets d’économistes indépendants. L’accueil des jeunes et leur accompagnement en seront facilités. Mais la vraie question est l’attractivité de nos entreprises…

Comment s’explique le manque d’attractivité de la profession?
Il y a deux problèmes : d’une part, le niveau de salaire est moins élevé et les avantages moins nombreux chez nous que chez les majors du BTP. D’autre part, les « 35 heures » qui sont très attractives, sont peu pratiquées dans les petits cabinets d’économistes constamment « charrette » (ndlr: qui ont une grosse charge de travail). Connaissez-vous des jeunes qui feraient 70heures de travail par semaine aujourd’hui? Nous devons parler de ce problème de société à notre congrès.
Et pourtant au sein de nos cabinets, il y a un formidable potentiel de progression et de promotion, d’ascension sociale. En 5 à 10 ans de pratique, un jeune avec BTS mène ses dossiers tout seul et peut se mettre à son compte.

Propos recueillis par Dominique Errard
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans « Le Moniteur » du 13 avril.


(1) OPQTECC : Organisme professionnel Paritaire de qualification technique des économistes et coordonnateurs de la construction

Focus

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Chiffres-clés


2 500 économistes en exercice en France, soit 6.500 emplois.
La quasi-totalité des 650 cabinets employeurs sont membres de l’Untec
Le nombre des membres de l’Untec oscille autour de 850, pour 2.900 emplois.
Age moyen du dirigeant : 52 ans
20% ont plus de 64 ans
20% ont moins de 44 ans
Le plus gros cabinet compte 59 personnes
Le total des honoraires facturés peut être estimé à plus 650 millions d’euros.
Source : Untec

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