Energie

Les eaux usées sources d’énergie

La recherche de l’efficience énergétique a pour effet de faciliter le développement de solutions innovantes visant, par exemple, à récupérer la chaleur sur les eaux grises. Une PME spécialisée dans le traitement de l’eau propose un système spécifique adapté, entre autres, aux logements sociaux.

Qui a dit que les PME françaises n’étaient pas dynamiques et inventives ? Qui a dit que l’industrie verte n’avait pas d’avenir ? Alors que le débat sur la réindustrialisation du pays fait rage, certaines PME n’attendent pas pour innover dans le secteur de l’environnement. Biofluides Environnement est l’une d’entre elles et Alain Mouré, son fondateur, n’en est pas à son premier dépôt de brevet, notamment pour des systèmes de récupération de chaleur sur eaux grises et des adoucisseurs d’eau électrochimiques. Deux systèmes qui ne visent qu’un seul objectif : « Permettre d’importantes réductions de charges sur la production d’eau chaude sanitaire et de chauffage, dans les ensembles immobiliers Hlm entre autres ». Ainsi à  Courcouronnes (91), dans les sous-sols d’un ensemble résidentiel de quatre-vingt-quatorze logements du bailleur social, ICF a fait installer un procédé de récupération de chaleur. Lequel recycle la chaleur produite par les eaux grises (cuisines et salles de bain) de trente-six logements. Circuit d’eau chaude sanitaire complété par un adoucisseur d’eau électrochimique de façon à lutter contre l’entartrage de l’installation.

 

Echangeur à forte inertie

Le système de récupération de chaleur sur eaux grises, appelé Biofluides Energy Recycling System, est conforme à la mesure réglementaire du Titre V délivré par le ministère de l’Ecologie pour une prise en compte dans le calcul de la RT2005 et a fortiori 2012. Mis en place dans le prolongement de l’écoulement des eaux usées, il est constitué d’un échangeur inox à forte inertie et à très faible perte de charges. Conçus pour ne pas interrompre l’écoulement des eaux usées, il est doté d’un système de filtration automatique et d’autonettoyage de façon à optimiser le rendement de récupération d’énergie. L’ensemble est revêtu d’un isolant thermique de 40 mm d’épaisseur à très faible coefficient de conductivité et est protégé par une enveloppe en tôle d’acier inoxydable. Le système intègre une pompe à chaleur à puissance variable capable de s’adapter aux flux d’évacuation des eaux usées pour atteindre le meilleur coefficient de performance selon la température des eaux usées. Une régulation est assurée par un automate programmable chargé d’optimiser la récupération de chaleur, tout en assurant les fonctions de sécurité, de signalisation et de téléalarme.

Concrètement, les eaux usées entrent dans l’échangeur à une température moyenne de 24/32°C. Les calories sont captées et transférées à la PAC. Parallèlement, l’eau provenant d’un ballon de préchauffage passe, via le circuit condenseur de la PAC, de 8 à 45°C. Une chaufferie se charge ensuite de la faire monter à 55°C, température nécessaire pour l’eau chaude sanitaire. Ainsi sur cette opération, le procédé procure 40 % d’économies d’énergie sur la facture énergétique, soit une économie d’environ 40 € par mois et par logement. Le retour sur investissement étant estimé à une dizaine d’années.

 

Puissante électrolyse

 

Pour l’optimiser, l’installation a été complétée par un adoucisseur d’eau électrochimique. Ce dernier, comme tous les adoucisseurs, a pour fonction de prévenir la formation du tartre. Son fonctionnement, en revanche, diffère des systèmes habituels. Il génère une puissante électrolyse entre une anode et une cathode. Electrolyse contrôlée et régulée en fonction du débit et de la qualité de l’eau. Ainsi la structure cristalline du carbonate de calcium et du magnésium est modifiée, ce qui l’empêche d’adhérer aux parois des installations. La qualité physique de l’eau est inchangée – couleur, goût, odeur –, et le tartre est naturellement évacué dans les eaux d’utilisation. Par rapport à un adoucisseur classique, le système s’avère plus simple en maintenance dans la mesure où il n’est pas nécessaire d’approvisionner en sel et où il n’y a pas de nettoyage des bacs à saumure. Autre atout, contrairement à un adoucisseur classique qui, selon le volume de l’installation peut consommer jusqu’à 150 m3 d’eau par an, ce système n’en consomme pas. Il peut aussi être relié à la GTB du bâtiment s’il y a lieu.

 

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