Paysage

Les coulisses chaotiques du Grand prix du paysage

Mots clés : Aménagement paysager - Gouvernement

La proclamation des deux lauréats du grand prix national du paysage a conclu dans l’allégresse une gestation chaotique, le 18 mai. Il reste désormais à trouver un rythme à l’événement relancé par Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, conformément au quatrième engagement de son plan d’actions national pour la reconquête des paysages.

Deux périodes de doute et d’expectative ont jalonné la relance du Grand prix national du paysage, avant le dénouement heureux de ce 18 mai et le sacre de l’agence Folléa Gautier. Le 15 juin 2015, le jury apprend l’annulation de sa réunion programmée le lendemain. Trop tard pour Ana Luego : en vue de la délibération, la présidente portugaise de l’antenne européenne de l’association internationale des architectes paysagistes (Ifla Europe) est déjà arrivée à Paris. Ni elle, ni les autres jurés ne connaîtront la cause de ce report.

 

Accélération fulgurante

 

La délibération se tient finalement huit mois plus tard, le 15 février 2016. Mais cette date ouvre immédiatement une seconde séquence comparable : alors que le cabinet de la ministre annonce l’envoi, dans les 24 heures, d’un communiqué officialisant le choix des jurés, les semaines passent et l’étonnement grandit. Le 1er mai, Laure Planchais, titulaire du dernier grand prix, décerné en 2012, rompt le silence et rappelle le triste sort d’une lauréate oubliée : « Nous avons dû attendre, la commune de Langueux et moi-même, onze mois avant que le prix 2012 soit à la fois officialisé et fasse l’objet d’une remise officielle ».

 

La marge au centre

 

L’ensemble du jury approuve alors la démarche d’accélération portée par son président Gilles Clément avec une réussite immédiate : la lettre à la ministre part le 11 mai, la remise des prix se déroule sept jours plus tard. La promptitude de la réaction prendra de court les titulaires du grand prix : le 18 mai, Claire Gautier et Bertrand Folléa, en mission pour un atelier territorial de l’Etat à Fort-de-France, s’adressent aux participants à la cérémonie à travers un message lu par Laure Cloarec, paysagiste de l’équipe.

Les lauréats témoignent de la continuité, en Martinique, du travail réalisé à la Réunion et récompensé par le Grand Prix. La substance de leur lettre a fait fondre les pesanteurs et oublier les aléas du calendrier politique : « Les îles sont à la planète ce que sont les jardins aux territoires. Entre eaux douces et salées, entre la ville et le site classé, nous avons centré l’attention sur les marges. Nourrir des relations, établir des liens, c’est faire du paysage, en plaçant la marge au centre ».

 

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