Environnement

Les collectivités locales au cœur des débats sur l’eau

Le 4e forum mondial de l’eau qui s’est achevé mercredi à Mexico a mis l’accent sur la décentralisation pour assurer une gestion transparente de ce bien qui tue quand il fait défaut.
Il a aussi été l’occasion de rappeler l’énormité des investissements nécessaires en faveur des presque deux tiers de l’humanité qui n’ont pas d’accès à l’eau potable ou aux structures sanitaires, estimés à 12 milliards de dollars par ans jusqu’en 2015 (contre 3,5 mds actuellement), pour réduire cette proportion de moitié.
« L’absence d’eau ou sa mauvaise qualité tue dix fois plus que les conflits », a rappelé à plusieurs reprises Loïc Fauchon, le président du Conseil mondial de l’eau, pour qui la communauté internationale « doit payer » – pas prêter – pour équiper les pays les plus démunis.
Au terme d’une semaine de débats à Mexico, – plus de 200 sessions et 378 conférences -, les délégations de 140 pays devaient publier en clôture une déclaration ministérielle insistant sur le rôle des autorités publiques locales dans la recherche des financements et la mise en oeuvre des projets.
Pour le directeur exécutif du CME, Daniel Zimmer, il s’agit de la « principale avancée » de Mexico. A Kyoto (en 2003), les collectivités locales n’existaient pas. Ici, elles ont dialogué avec les gouvernements locaux et nationaux ».
Il s’est félicité de voir « reconnue la priorité du politique qui doit assumer ses responsabilités et développer ses compétences, rendant ainsi la participation, sous contrôle public, du secteur privé ».
L’intérêt du forum, estime-t-il, est de servir « de précurseur », d’agir comme « une boîte à idées » grâce aux nombreux échanges qu’il suscite.
La bonne gestion et la transparence ont été également explicitement mentionnées comme des critères indispensables à une distribution de l’eau au plus grand nombre.
Le ministre français de l’Environnement, Nelly Olin, a insisté sur la mise en place de « cadres de régulation pour éviter la corruption » ainsi que sur « l’impératif de transparence et d’évaluation des performances des opérateurs ».
« L’Afrique a reçu des financements, mais quelle utilisation en a-t-elle fait, souvent pour des infrastructures obsolètes », a remarqué Salif Dialo, ministre burkinabè de l’Agriculture et des ressources hydrauliques, souhaitant « des plans transparents, une démarche cohérente avec des objectifs précis ».
En revanche, le droit à l’eau comme droit humain, s’il a bien été évoqué au cours du forum, mais jamais dans les sessions officielles à la demande du Mexique, reste une question sensible.
De fait, la déclaration finale du Forum ne le retiendra sans doute pas, mais plusieurs pays européens et latino-américains envisageaient de le stipuler en annexe de la déclaration ministérielle, selon un négociateur français.
« Beaucoup de pays considèrent l’eau comme patrimoine national et comprennent le droit à l’eau comme une obligation internationale. Or, ils n’ont aucune envie d’abandonner cette ressource naturelle à leurs voisins », explique Daniel Zimmer.
Il a néanmoins fait valoir la « force symbolique » du concept, qui « engagerait les gouvernements nationaux et locaux à garantir à leur population un minimum d’accès à l’eau ».
Mais, a-t-il souligné « droit ne signifie pas gratuité »: la question, estime-t-il, ne fait plus vraiment débat. « Chacun comprend qu’il faut payer l’eau. Quand elle n’est pas disponible, on la paie beaucoup plus cher ».
Anne Chaon (AFP)

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