Paysage

Les brebis appliquent le plan environnemental de Claye-Souilly

Mots clés : Aménagements extérieurs

Les brebis sont entrées dans la ville de Claye-Souilly (Seine-et-Marne). Quatre solognotes, missionnés par l’entreprise d’espaces verts Mabillon (groupe Segex) contribuent à honorer le contrat quadriennal d’entretien des espaces verts de la commune, renouvelé en juin avec un objectif de réduction de l’empreinte carbone.

Après l’agglomération Est Ensemble (Seine-Saint-Denis) pour le bois de Bondy, Claye-Souilly offre à Mabillon son deuxième marché d’éco-pâturage. Bien placée pour renouveler ses Quatre fleurs au concours annuel des villes et villages fleuris de France, la commune de 12 000 habitants en Seine-et-Marne offre une référence stratégique et prestigieuse à la filiale régionale du numéro deux français des travaux paysagers, active dans l’Est de l’Ile-de-France. « Les quatre compétiteurs en lice pour le marché quadriennal ont tous présenté des offres très argumentées », confirme le député Yves Albarello, maire (LR) de la commune.

 

Ecologie et pédagogie

 

Les vertus écologiques et pédagogiques de l’éco-pastoralisme ont contribué au succès du prestataire reconduit, actif depuis 26 ans auprès des élus de Claye-Souilly. Le premier plan de charge des solognotes comprend trois sites : 2 570 m2 au parc Pasteur, brouté depuis le mois de juillet jusqu’à la première semaine d’octobre ; le terrain de la Biberonne, où les bêtes traiteront 2425 m2 proches du canal de l’Ourcq, au nord de la ville ; enfin, quand la pousse des herbacées le justifiera en 2016, les moutons investiront les abords du bassin d’orage du lotissement le Champ de Claye, au sud du ban communal.

L’accompagnement pédagogique de l’innovation passera par une animation festive au printemps prochain : Mabillon prévoit de missionner l’association des Bergers urbains, dont le troupeau domestiqué dans ce but sillonnera les sites entretenus par l’entreprise sans produits phytosanitaires, et ce depuis 2010. Engagés par la ville, des inventaires faunistiques et floristiques des espaces traités par éco-pâturage permettront d’en consolider le bilan scientifique.

 

Entreprises engagées

 

Récent titulaire d’un agrément officiel pour l’élevage de 10 à 15 animaux suivis par la direction départementale de protection des populations, Mabillon récolte les fruits d’un pari pionnier qui associe l’entretien écologique et la biodiversité. « La France comptait 300 000 solognots en 1850, et 3000 aujourd’hui », rappelle Sylvain Fabiani, conducteur de travaux principal. Le sauvetage de l’espèce associe les quatre entreprises de travaux paysagers rassemblées au sein du Fonds De Natura (qui, outre Segex via sa filiale Tarvel, réunit Edelweiss, Plaine Environnement et SAEE Flandres).

La mutualisation du cheptel favorise l’amortissement de l’investissement tout en évitant la consanguinité. « La race présente l’avantage de sa rusticité : les solognotes apprécient les herbacées autant que les ligneux, et se nourrissent volontiers de plantes invasives comme la renouée du Japon », explique Sylvain Fabiani. Avec leur poids de 80 à 90 kg, les solognotes présentent également une bonne capacité à tenir en respect les populations urbaines.

 

Plan communal

 

Pour le maire de Claye-Souilly, l’éco-pastoralisme s’intègre dans un « plan environnemental communal » (Pec) : « Nous avons préféré cette démarche simple et lisible à un Agenda 21, où chacun met n’importe quoi sans aucun contrôle », insiste Yves Albarello. La commune et l’entreprise se trouvent d’autant mieux en phase qu’elles ont sollicité le même bureau de conseil : Alisea a inspiré le Pec et accompagné la démarche environnementale de Mabillon. L’externalisation de l’entretien dégage le temps des 9 agents municipaux des espaces verts pour la création de nouveaux espaces et le jardinage des abords de la mairie.

 

Force de proposition

 

La réduction de l’empreinte carbone de l’entretien des espaces verts communaux passe par le renouvellement progressif du matériel utilisé par les six équivalent temps plein mobilisés par Mabillon, au profit d’outils électriques : après les souffleuses et tailles haies de Pellenc, utilisées depuis 2012, l’entreprise teste actuellement les mêmes outils proposés par Stihl, plus légers. Pour arracher les mousses et adventices en évitant les projections dans les voiries urbaines grâce à deux lames contre-rotatives, le choix s’est porté sur le réciprocateur de Kawasaki (« twin cutter »), distribué par Sarp.

Les premiers acquis encouragent un approfondissement de la démarche sur le front de la biodiversité : déjà habituée aux fauches tardives, l’équipe de Mabillon prévoit d’adapter ses interventions aux périodes de reproduction des animaux qui habitent dans les espaces entretenus. L’entreprise envisage l’acquisition d’outils de désherbage mécanique. « Le volontarisme dont fait preuve la commune sur le long terme nous offre l’occasion d’aller bien au-delà d’une prestation de pousseur de tondeuses : l’entreprise propose aussi des idées pour valoriser le patrimoine vert », se réjouit Nicolas Tilquin, P-DG de Mabillon.

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