Energie

Les assises nationales de l’énergie se penchent sur le réchauffement climatique

La 16e édition des assises nationales de l’énergie s’est ouverte le mardi 27 janvier et pour trois jours à Bordeaux. Près de 2 000 congressistes, élus, territoriaux, associatifs sont attendus.

Après Grenoble l’an dernier, c’est désormais à Bordeaux que se tiendront – en alternance avec Dunkerque qui les a initiées – les assises nationales de l’énergie. Lancées avec l’Ademe en 1998 par la communauté urbaine de Dunkerque, elles correspondent à un territoire que son maire actuel, et président de la communauté urbaine, Patrice Vergriete rappelle être « la première plate-forme de production énergétique en France, mais aussi un territoire industriel en mutation et un site touché par les effets du changement climatique, notamment les inondations ». Accueilli par Alain Juppé, président de Bordeaux métropole au sein du Palais des congrès, où les premiers congressistes affluaient lundi 27 janvier au matin, certains pris par les embouteillages, liés à une opportune manifestation de taxis, d’autres ayant astucieusement pris le tramway, dont l’extension vers le Palais des Congrès a été mise en service trois jours plus tôt

En ouverture des assises, les deux maires ont souligné les points de convergence de leurs deux territoires, et notamment leur sensibilité en matière de réchauffement climatique : érosion du littoral, inondations et problèmes de précarité énergétique. Bruno Léchevin, président de l’Ademe, a rappelé que « le changement climatique doit être traité globalement, mais que l’action est menée ou pas sur les territoires ».

 

En attendant la conférence sur le climat

 

Ces assises s’inscrivent dans la perspective en fin d’année de la tenue à Paris de la 21e conférence des Nations unies sur le climat, qui selon les partenaires « doit déboucher sur un accord multilatéral et contraignant pour limiter le réchauffement climatique ». Les élus et gestionnaires territoriaux présents à la première table ronde ont notamment souligné que les territoires étaient pour la première fois invités, en tant que partenaires à ce sommet, dans la lignée de celui de Rio en 1992.

« C’est nous, les collectivités territoriales, les territoires, qui faisons, qui agissons, en appliquant des mesures concrètes, dans le transport, les réseaux de chaleur, la rénovation énergétique des bâtiments » a indiqué Alain Juppé. Et de regretter l’abandon par le Gouvernement de l’écotaxe : « je pense que les pollueurs doivent être les payeurs » a-t-il répondu, à une sollicitation de journaliste.

La ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie est attendue ce jeudi aux assises et sera sans doute sollicitée, du moins en privé, sur ce point.

 

Des prévisions sombres

 

Puis les assises ont opéré un premier bilan du réchauffement dressé sans concession par Jean Jouzel, climatologue et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), qui a détaillé le dernier rapport de ce groupe. Les prévisions sont sombres et désormais le réchauffement ne peut plus qu’être modéré, non enrayé. Il a notamment rappelé que l’inertie des différents effets sur le climat ne fonctionne pas à la même échelle: « si on arrêtait toute émission, il faudrait un siècle pour revenir à la température normale, mais des millénaires pour enrayer l’augmentation du niveau de la mer. Si la calotte du Groenland fond, cela représentera 7 mètres d’élévation du niveau général ».

Une urgence partagée par Patrice Geoffron, économiste à Paris Dauphine, qui a notamment rappelé que « la croissance du CO2 dans l’atmosphère correspond aussi à une augmentation de la richesse mondiale de 200% en deux siècles et une croissance de la population multipliée par dix en cent ans. »

L’objectif, bien compris, est de casser la relation entre la croissance et les émissions de CO2. Et de rappeler également, « qu’à l’heure actuelle, notamment dans les pays producteurs d’énergie fossile, il y a quatre fois plus de subventions publiques à la consommation énergétique fossile que de subventions aux énergies renouvelables ». Puis de l’Europe (Anne Houtman, DG Energie) et du ministère (Virginie Schwarz, directrice générale de l’énergie) sont venues débattre des propositions d’action immédiates: « aider les solutions locales de production et de distribution d’énergie renouvelable, notamment la biomasse, rénover les logements: 500 000 logements à rénover énergétiquement chaque année, cela représente la moitié de l’effort nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique. La Loi de transition énergétique de Ségolène Royal va permettre de généraliser les bonnes pratiques et d’amplifier le mouvement».

 

Emploi, initaitives et technostructure

 

Et de montrer que le développement durable est également créateur d’emplois. Anne Walryck, vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge du développement durable inaugurait le Carrefour des Métiers de l’Énergie, réunissant différents exposants et filières.

L’après-midi, plusieurs acteurs énergéticiens (ERDF, GDF Suez, etc.), de l’éolien, associatifs, des élus, bailleurs sociaux (Domofrance) ont présenté en atelier de nombreuses initiatives dont les plus connues sont aussi les plus efficaces: développer le transport public, rénover les logements, produire des sources d’énergie renouvelables.

En soulignant toujours la limite de la volonté des élus, comme Alain Juppé, qui, la veille en conseil municipal, se désolait devant « les lenteurs de la technostructure qui nous empêche de couvrir l’intégralité d’un gymnase de panneaux photovoltaïques au sein même de l’écoquartier Ginko ».

 

En savoir plus

En parallèle des ateliers techniques, diverses personnalités sont attendus, mercredi et jeudi:

Anne Hidalgo, Maire de Paris, déléguée de Cities Climate Leader Ship Group à la COP21;

Johanna Rolland, Présidente de Nantes Métropole, Présidente d’Eurocities;

François Baroin, Président de l’AMF, Maire de Troyes;

Ronan Dantec, Sénateur de Loire-Atlantique, porte-parole climat de CGLU et président de la commission «Environnement et Développement durable» de l’AFCCRE;

Alain Rousset, Président de l’ARF, Président de la Région Aquitaine;

Jo Spiegel, Maire de Kingersheim, commissaire Transition énergétique de Mulhouse Alsace Agglomération, Secrétaire National Adjoint de l’AdCF.

 

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    Juppé a raison

    Alain Juppé a raison de dénoncer les décisions de notre gouvernement en matière énergétique. La lutte contre le réchauffement climatique dû en grande partie aux hydrocarbures devrait être la priorité de nos dirigeants en matière de politique énergétique. La suppression de l’écotaxe poids-lourds et son report vers les particuliers moins enclins à bloquer les autoroutes, sur les prix à la pompe, est proprement scandaleuse. Idem pour la démagogie qui a conduit à geler les tarifs EDF. Explications : si ces tarifs augmentent, c’est à cause du financement des énergies renouvelables décidé par l’État, sous forme de la taxe CSPE que nous payons tous. Pour éviter que nous réagissions comme les transporteurs routiers, le gouvernement a truqué la formule de calcul du tarif EDF qui imposait de vendre à prix coûtant afin qu’EDF vende à perte. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce qu’un autre gouvernement hérite du bébé et nous fasse éponger la dette EF pour lui permettre de survivre.
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