Profession

Les architectes se joignent à la grève des professions réglementées

Mots clés : Architecte - Métier de l'immobilier - Risque sanitaire - Travail

Ce mardi 30 septembre, notaires, médecins, pharmaciens, avocats ou taxis protesteront contre le projet de réforme des professions réglementées. En très grande difficultés, les architectes tenteront de faire entendre leur voix.

Taxis, notaires, greffiers… certains n’ont pas attendu cette journée « sans professionnels libéraux » pour faire parler d’eux. Mais cette journée du 30 septembre devrait être le point d’orgue du mouvement, marquée par l’arrêt de travail d’une grande partie des professions réglementées.  Des rassemblements seront également organisés dans les grandes villes à l’occasion de cette journée « sans professionnels libéraux ».

Chaque profession pense avoir de bonnes raison de se plaindre. Les dentistes ou les kinésithérapeutes craignent la suppression du numerus clausus ; les médecins fustigent le projet de loi santé, qui va placer, selon eux, la médecine libérale sous la coupe de l’administration ; les pharmaciens sont sous le coup d’une menace de la fin de leur monopole sur la vente de médicaments ; les notaires veulent conserver leur tarif proportionnel, refusent la libéralisation des conditions d’installation, et veulent conserver le monopole sur la rédaction et l’authentification des actes… Et les architectes dans tout ça ? Pas sûr que leur situation intéresse les médias et le grand public.

 

Une situation dramatique dans les agences

Pourtant, la situation est dramatique dans les agences d’architecture. Selon la Cipav (caisse de retraite de professions libérales), le revenu médian des architectes n’était en 2011 (derniers chiffres connus) que de 28.600 euros par an ! « Le contexte économique mais aussi législatif est défavorable, à cause de la valorisation des PPP, de la création des Semop, de l’augmentation des seuils… et les agences connaissent de grosses difficultés » explique Philippe Martial, président du Conseil régional de l’Ordre des architectes des Pays de la Loire. « Dans la région, nous avons chaque année une quarantaine d’engagements de procédure. Cela se sait peu, car la profession est pudique » ajoute-t-il.

Alors, même si leur action risque d’être noyée parmi les autres professions, au risque d’être classés comme des « grévistes nantis », les architectes se joindront au mouvement. Certaines agences se mettront en en grève pour défendre la loi de 1977 et réaffirmer le rôle essentiel des architectes dans notre société. « Aujourd’hui les spécificités de l’architecte sont remises en cause par le projet de loi sur la déréglementation des professions libérales, qui porte notamment sur la possibilité à des non professionnels, de faire des projets d’architecture » affirme l’architecte Philippe Barré (Barré Lambot à Nantes) dont l’agence participera à la journée de grève du 30 septembre 2014, en coupant toute communication vis à vis de l’extérieur.
L’architecte, qui note par ailleurs que « le diplôme d’architecte ne permet déjà plus d’exercer », pointe le risque de voir « une architecture qui ne sera plus forcément construite par des architectes formés ». Un « risque » qui n’est pas récent puisqu’il faut rappeler qu’aujourd’hui quelque 68 % des constructions sont édifiées sans architecte !

 

 

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