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« Les 7 erreurs… de Jacques Blancard ! » par Daniel Hernot

Suite à la publication du point de vue de Jacques Blancard (« Les 7 erreurs de l’éolien »), nous avons reçu de nombreux mails. Nous publions ici celui de Daniel Hernot, membre du Conseil d’Administration de l’association Défi Energie 17, qui répond point par point au propos de M. Blancard.

1) Erreur énergétique
Il est exact que personne n’a jamais prétendu que l’éolien SEUL était susceptible de remplacer la production nucléaire. Le développement des énergies renouvelables doit conduire à une diversification des sources d’énergie privilégiant l’indépendance énergétique et le respect de l’environnement. L’éolien doit y participer (c’est d’ailleurs acté par le parlement dans la LOI programme du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique) avec d’autres ressources comme la biomasse, le solaire, l’hydraulique, la géothermie, etc…

2) Erreur esthétique
Les parcs éoliens actuellement présents en France ont été soumis lors de leur conception à un texte réglementaire limitant la puissance installée à 12 MW. Dans ces conditions, ce sont des groupes de 6 à 8 machines qui ont été installés… et non une centaine. Beaucoup de permis de construire sont refusés pour des raisons « paysagères ».

3) Erreur économique
Toutes les énergies ont été subventionnées directement ou indirectement. On ne compte pas dans le prix du kWh nucléaire les coûts énormes de dizaines d’années de recherche (civile ou militaire), ni le coût à venir du stockage des déchets pour des siècles, ni le coût du démantèlement des centrales très insuffisamment provisionné.

Quant au consommateur, le rachat de l’électricité éolienne lui est répercuté par une taxe (la C.S.P.E). Or la Commission de Régulation de l’Energie (C.R.E) qui est l’organisme gérant cette taxe prévoit pour 2008 une contribution de 4,5 Euro par MWh consommés, dont seulement 6% est liée aux énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque, petite hydraulique…) contre 52% pour compenser le surcoût de l’électricité produite en Corse et dans les TOM-DOM, ou 35% pour le rachat de l’électricité produite par les installations de cogénération implantées par les industriels de l’énergie (Dalkia, Elio…). Le fait qu’E.D.F soit privatisée ou non ne changera rien, puisqu’il s’agit simplement d’un problème de perception et redistribution de taxe, comme pour la T.V.A.

4) Erreur éthique
Quand l’éolien fait l’objet d’investissements privés, on comprend bien que l’investisseur attende un revenu de sa mise de fond (n’est-ce pas une règle générale ?). Il doit financer la prospection et les études, sachant qu’environ un permis de construire sera accordé pour dix études effectuées. Il faut ensuite financer la construction, pour la bagatelle de deux millions d’euros par machine et reverser, comme tout industriel, diverses taxes (professionnelle entre autre) et les droits de concession des terrains occupés. Il ne s’agit pas de pleurer sur le sort des industriels de l’éolien, mais juste de rappeler que leur situation n’a rien d’exceptionnelle par rapport à d’autres opérateurs agissant pour un service public (concessionnaires d’autoroutes par exemple).

5) Erreur écologique
Certes la production d’une éolienne est aléatoire, lié aux conditions climatiques, mais il a été démontré par l’organisme gérant le réseau électrique français (R.T.E) qu’une répartition des éoliennes sur un territoire comme la France, soumis à plusieurs régimes de vents, conduit à un certain lissage de la production, et que cette intermittence est totalement gérable dans le réseau actuel jusqu’à 10.000 MW de puissance éolienne.

La contribution des éoliennes à la production permet de diminuer la régulation secondaire apportée par les centrales thermique. Cela a été dit dans le rapport annuel de R.T.E. Une analyse de l’ADEME des données de R.T.E montre que les émissions de CO2 évitées par l’éolien sont de 300 g/kWh produit. Les centrales thermiques « doublures » des éoliennes (déjà présentes dans le parc de production existant) ne produisent pas quand le vent souffle, elles fonctionneraient en permanence s’il n’y avait pas d’éoliennes.

6) Erreur environnementale
La fondation d’une éolienne est enterrée sous la couche de terre végétale et ne nuit en rien à l’exploitation des terres quasiment jusqu’au pied du mât (voir photo jointe). Il n’y aurait sans doute pas grand dommage environnemental à ce que la fondation subsiste comme un gros rocher parfaitement inerte, mais la détruire reste possible si on le souhaite, bien plus facilement que le coeur en béton contaminé d’un réacteur nucléaire.

7) Erreur électoraliste
L’erreur électoraliste serait de tout arrêter « pour ne pas faire de vagues ». Il appartient bien aux élus de préparer l’avenir énergétique du pays à un moment où les énergies fossiles vont de crise en crise. L’énergie éolienne progresse par nécessité comme l’a indiqué la loi de programmation et les objectifs européens auxquels la France a souscrit, et si l’on se met à parler de lobby, que pèsent les industriels de l’éolien face au lobby nucléaire ou au lobby pétrolier ?

En ce qui concerne le Danemark, Monsieur Blancard est bien mal informé, comme en témoigne par exemple cette dépêche de l’Agence France Presse du 26 aout : »Le Danemark construit son plus grand parc éolien ». Le pays a annoncé la construction du plus grand parc éolien du pays, le long de la côté est, qui devrait fournir 400.000 foyers en électricité dès 2012. Quelque 100 à 175 éoliennes, d’une capacité de 400 mégawatts, seront construites jusqu’en 2012 en mer entre l’île de Anholt et la côte du Djursland, à l’est du Danemark ».

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