Entreprises de BTP

Légionelles : la conception des installations hydrauliques en cause

Une étude menée sur les installations de distribution d’eau chaude sanitaire à la suite de l’épidémie de légionellose intervenue à l’hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) bouscule quelque peu les idées reçues.
En effet, les enseignements que tire Jacques Naitychia, ingénieur travaux à l’hôpital Saint-Louis (APHP/Assistance publique – Hôpitaux de Paris) à la suite de ses investigations, déplace le débat d’un terrain essentiellement scientifique vers un terrain technique. En cause: la conception des réseaux hydrauliques.

Même si l’étude ne traite pas de l’aspect bactériologique, elle met en lumière des dysfonctionnements qui touchent la plupart des installations. Du moins celles qui, de par leur complexité, nécessitent un réseau de bouclage dont la fonction est de limiter le temps d’attente aux points de puisage de l’eau chaude sanitaire. Jacques Naitychia s’est en effet aperçu que, sur la plupart des sites, les débits sont insuffisants dans les colonnes de distribution malgré les pompes de recirculation. Du coup, l’eau stagne à une température propice au développement de la légionelle. De plus, il sera extrêmement difficile à un traitement chimique de se répandre dans l’ensemble du réseau.

L’étude a d’ores et déjà été présentée à l’établissement Maximilien-Perret, au Costic (Comité scientifique et technique des industries climatiques) et au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Si elle ne couvre pas l’ensemble des problèmes (notamment les aspects bactériologiques), elle a cependant le mérite de donner aux bureaux d’études, aux entreprises, aux services techniques des maîtres d’ouvrage ou aux exploitants des solutions techniques concrètes et raisonnables d’un point de vue économique.

L’analyse menée rejoint celle du cabinet Jean-Jacques Boiffier qui a breveté un procédé de « pasteurisation » de l’eau (cf. Le Moniteur du 11 mai 2001, p. 62) : avec cette technique, il y a élévation et maintien en température de l’eau, puis mise en circulation jusqu’au point de puisage, grâce notamment à des robinets thermostatiques spécifiques. Pour le docteur Fabien Squinazi, directeur du laboratoire d’hygiène de la ville de Paris, le réchauffage de l’eau en tout point du réseau est la seule solution qui permette, à coup sûr, de tuer les bactéries, contrairement aux procédés chimiques dont l’action sera limitée dans les bras morts où l’eau stagne.

Pour se convaincre de la nécessité des modifications à apporter, il convient de rappeler que les études épidémiologiques tendent à montrer que les installations de distribution d’eau chaude sanitaire constituent les principaux vecteurs de contamination par la bactérie, loin devant les équipements de climatisation.

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