Construction Numérique

« Le traitement des données est l’un des grands enjeux de l’industrie des drones », Benjamin Benharrosh, cofondateur de Delair-Tech

Mots clés : Lieux de travail

Moins connue que Redbird, et tout aussi active, la start-up Delair-Tech conçoit et vend des drones capables de voler longtemps et de couvrir 200 km. En attendant de confirmer sa forte croissance avec la publication de son chiffre d’affaires, Benjamin Benharrosh, co-fondateur et directeur commercial de l’entreprise, présente les enjeux pour ce secteur.

Quelles sont les activités de Delair-Tech ?

Benjamin Benharrosh : Nous travaillons actuellement sur trois marchés : la topographie, les grandes infrastructures et l’agriculture. Nos drones étant conçus pour voler loin et longtemps, ils sont particulièrement adaptés aux opérations de construction, de maintenance et de surveillance d’ouvrages comme les routes, les voies ferrées, les voies fluviales, les lignes électriques, etc. Nous avons été les premiers à obtenir une certification de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) pour le vol hors vue en 2012, ce qui nous a permis de travailler ensuite avec des grands comptes comme EDF ou la SNCF et à générer énormément d’images et de données. Nous avons développé l’activité de traitement d’images à partir de 2013 avec notre plateforme Delair Analytics, qui collecte, traite et analyse les données.

Par ailleurs, tous nos drones sont assemblés à Toulouse où nous sommes basés. En 2015, nous avons produits 115 drones et notre objectif pour 2016 est d’en produire entre 300 et 500.

 

Quel est le niveau de maturité des solutions que vous proposez pour le BTP ?

B. B. : Tout ce qui tourne autour de la topographie est parfaitement mature aujourd’hui. Le travail consiste à prendre des photos du sol puis à les analyser pour reconstituer la terre en 3D et réaliser des études de topographie. Cette technologie rend le travail des géomètres beaucoup plus efficace et rapide. Dans les bâtiments, ce sont les missions d’inspection et de surveillance qui se développent, mais la partie traitement de données et reconnaissance des motifs n’est pas encore automatisée. Le traitement autonome et automatique d’images ou de données est devenu l’un des grands enjeux actuels.

 

Justement, quels sont les enjeux liés à la technologie des drones aujourd’hui ?

B. B. : Nous avons la chance de travailler en France, l’un des pays les plus à la pointe sur les drones et où la réglementation date de 2012. Elle a besoin d’évoluer et le fait au fil des avancées technologiques. A ce titre, nous sommes en contact étroit avec la DGAC a qui nous faisons parvenir régulièrement des rapports de fiabilité, d’accident, etc. Aujourd’hui, le poids des appareils pour le vol à vue est limité à 2 kg, or nous voudrions pouvoir monter jusqu’à 25 kg, afin d’embarquer davantage de capteurs, mais aussi pour réaliser des appareils plus sûrs, avec des équipements redondants et des dispositifs de sécurité.

L’autre enjeu, à plus long terme, concerne le vol des drones dans un espace aérien commun au trafic aérien dense et habité. C’est une rupture par rapport à ce que nous faisons pour l’instant, puisque les drones restent sous la barre des 500 pieds et sont interdits à proximité des aéroports.

 

Quelles sont les perspectives pour ces appareils à long terme ?

B. B. : Non seulement la technologie ne cesse d’évoluer, mais elle est facile à utiliser. De nombreuses entreprises décident d’internaliser les drones et de gérer eux-mêmes leur flotte. Bouygues Construction et Vinci par exemple réfléchissent sérieusement à cette possibilité. Par ailleurs, même si la réglementation aux Etats-Unis ne favorise pas encore les drones, les américains sont très moteurs en la matière. Amazon a défrayé la chronique en envisageant la possibilité de réaliser des livraisons de colis avec des drones, mais ce n’était pas qu’un effet d’annonce. Leur équipe sur le sujet est constituée de personnes compétentes et ils mènent des opérations de lobbying fortes. Ils comptent parmi les plus actifs dans les réunions internationales sur le sujet. La question est bien sûr à envisager sur le long terme car l’application reste très complexe techniquement, réglementairement et commercialement.

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X