Paysage

Le thouarsais, laboratoire énergétique et paysager

Mots clés : Démarche environnementale - Établissements de soins

Le thouarsais ouvre une voie paysagère vers la transition énergétique. La communauté de commune centrée sur Thouars (Deux Sèvres) le démontrera du 27 au 29 septembre à Figeac (Lot), à l’occasion des septièmes rencontres nationales des territoires à énergie positive.

Les papistes ont trouvé leur terre promise : lauréat d’un appel à projets de la Caisse des dépôts et consignations, le collectif des Paysages de l’après-pétrole (Pap) accompagne la communauté de communes de Thouars dans une « recherche action » consacrée au « paysage, comme méthode pour mettre en œuvre les transitions dans les territoires ». Lors de leur rencontre nationale des 27 au 29 septembre à Figeac, les territoires à énergie positive (Tepos) pourront prendre la mesure de la dynamique territoriale en cours, à travers l’exposition montée pour l’occasion par le collectif Pap, et dont l’intitulé reflète l’esprit : « Des paysages pour demain, 15 expériences pour construire les transitions ».

 

Recherche action

 

A ses côtés dans la recherche action programmée de 2016 à 2019, l’association emmène un groupement auquel participent les énergéticiens de Negawatt et les paysagistes de l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, à travers le laboratoire de recherche en paysage (Larep) et la chaire Paysage et énergie. Les Tepos ont donné au thouarsais le statut de laboratoire, dans le programme de leur rencontre.

« Le paysage ne constitue pas une couche de plus, mais un intégrateur de l’ensemble des projets ». Membre du conseil général de l’environnement et du développement durable, Jean-Pierre Thibault résume ainsi l’un des points forts de la profession de foi des papistes qu’il a rejoints dès leur naissance en 2015. Pour démontrer la capacité des paysagistes à jeter des ponts entre les enjeux techniques et sociétaux, le collectif a cherché patiemment, depuis sa création, à s’appuyer sur des territoires ouverts aux chercheurs : « Notre démarche suscite beaucoup d’intérêt, mais souvent, la volonté d’aller rapidement vers l’opérationnel prime sur l’acceptation d’une posture exploratoire qui exige le temps de la réflexion », décrypte l’architecte papiste Mathilde Kempf, chef de file de la recherche action.

 

Mix renouvelable

 

Un terreau fertilisé depuis les années 80 a facilité l’ouverture thouarsaise : la communauté de communes de Saint-Varent, une des deux structures fusionnées depuis 2016 dans l’intercommunalité du thouarsais, a déjà pris pied de longue date dans les filières du méthane et des énergies bois, photovoltaïque et éolienne. En 2013, un atelier pédagogique régional de l’ENSP avait posé les premiers jalons d’une intégration de la stratégie écologique dans un projet de territoire cimenté par le paysage : quatre étudiants y avaient travaillé pendant 6 mois, contribuant à l’émergence, en juin 2015, de la chaire Paysage et énergie, financée grâce à des partenaires privés, au premier rang desquels figure RTE. Pour creuser ce sillon d’une transition désirable et ouvrir les débats, le collectif Pap propose l’outil méthodologique de l’allégorie : « Nous avons actualisé une représentation graphique du « bon gouvernement », en référence à la fresque d’Ambrogio Lorenzetti qui, au XIVème siècle, avait représenté la symbiose entre les composantes urbaines et rurales d’un territoire, dans les domaines du transport, de l’énergie ou de l’agriculture », explique Gaëlle des Déserts, coordinatrice du Pap. Julien Dossier, artiste nantais membre du Pap, a donné un second souffle à l’oeuvre médiévale.

 

Consolidation juridique

 

Aux fondations techniques et aux inspirations poétiques, le thouarsais ajoute désormais une consolidation règlementaire : les paysages post-pétroliers constitueront le socle des orientations d’aménagement et de programmation du plan local d’urbanisme intercommunal. La communauté de communes profite de l’accompagnement de l’Etat : le ministère de la transition écologique l’a désignée au début juillet, parmi les 27 lauréats de son appel à projets consacré aux plans paysage. La collectivité a désigné Isabel Claus pour rédiger ce plan.

Entre les partenaires du groupement emmenés par le collectif, la collectivité et le maître d’œuvre de son PLUi, la coopération s’appuie sur le partage des rôles définis par Mathilde Kempf : « Tout en se calant sur le calendrier du PLUi, le collectif Pap garde son regard extérieur. Il s’appuie sur les compétences énergétiques de ses partenaires du groupement, dans l’idée de mettre le mot transition au pluriel, pour passer de l’énergétique au sociétal ».

 

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