Paysage

Le sourire des entrepreneur(e)s du paysage

Les entreprises du paysage gardent le moral, malgré le tassement de leur chiffre d’affaires. Le baromètre annuel de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) enregistre ces deux tendances, présentées et commentées le 28 septembre par les dirigeants de l’organisation professionnelle.

Côté bouteille à moitié vide, les 5,14 milliards d’euros de chiffre d’affaires totalisés en 2016 traduisent un repli des prestations paysagères chiffré à 3,7 % par rapport à 2014. Principale cause : la chute des marchés publics, enregistrée par le baromètre annuel publié le 28 septembre par l’Union nationale des entreprises du paysage, et réalisé avec les chiffres de leur assureur Agrica. Sur 10 ans, la part de la commande publique dans l’activité est passée de 32 % à 27,5 %, sous l’effet conjugué de la chute des dotations d’Etat et de la nouvelle organisation territoriale.

 

Les plus grands trinquent

 

Principales victimes : les entreprises de plus de 20 salariés. Leurs ventes ont chuté de 6 %, pendant que celles qui emploient moins de cinq personnes stabilisaient les leurs à – 0,5%. D’où l’appel aux élus locaux lancé le 28 septembre par la présidente de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) : « 60 % des électeurs demandent une augmentation des investissements dans les espaces verts », rappelle Catherine Muller, citant l’étude réalisée en 2016 pour le compte de l’Unep par le cabinet Asterres.

L’encouragement de la société rejaillit sur le moral de ses troupes, comme en témoignent les chiffres qui font pencher la bouteille du côté plein : le nombre d’entreprises du paysage a augmenté de 500 entre 2014 et 2016, et de 12 400 en 10 ans, pour atteindre 29100. Le nombre d’actifs a continué à augmenter de 300 unités sur la période 2014-2016, pour s’établir à 91800. « Parmi les créateurs d’entreprises, je note le nombre important de quadragénaires qui se reconvertissent après une formation » : Pierre-Henri Pennequin, premier vice-président de l’Unep chargé de l’économie, voit dans cette donnée un signe de l’attractivité du secteur.

 

Réveil conjoncturel

 

L’augmentation continue des investissements et de la part des diplômés de la filière dans les effectifs (deux tiers du total), contribue à l’optimisme persistant des entrepreneurs. Les données conjoncturelles disponible pour 2017 vont dans le même sens : le net redressement de la commande publique sur un an, établi à 5 % au premier trimestre, s’est poursuivi au second semestre à + 1 %, ce qui laisse espérer une clôture de l’année à +2 %. Même la courbe des prix s’est inversée, sans toutefois mettre fin aux inquiétudes : « Nous ne pouvons pas préjuger de la durabilité de cette tendance », prévient Jean-Philippe Teilhol, délégué général.

 

Elever l’esprit

 

La conviction d’aller non seulement dans le sens de la demande citoyenne, mais aussi dans celui de l’intérêt général, continuera à porter l’Unep dans les mois à venir, en particulier sur le dossier de la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. « Certes, 1 litre d’huile de coude coûte plus cher qu’1 litre de produit chimique, mais nous ne pouvons pas jouer avec les générations à venir »,  insiste la présidente. Dans l’argumentaire de l’Unep, les thèmes de la santé et de la qualité des sols s’intensifient, à la veille du grand rendez-vous biennal du début décembre : le salon Paysalia de Lyon, confié par l’organisation professionnelle à GL Events.

Catherine Muller se réjouit de voir près de la moitié des cimetières franchir le pas vers le Zéro Phyto, et pointe la marge de progrès qui subsiste dans les terrains de sports : la transition ne concerne à ce jour que 13 % d’entre eux, selon les données de l’Observatoire des villes vertes, issu d’un panel de 23 villes suivies avec l’appui de l’association des chefs de services d’espaces verts territoriaux Hortis. Mais plus que les chiffres, l’évidence du mieux-être urbain imprègne son discours, quand elle évoque la métamorphose verte de sa ville de Strasbourg, avant de conclure sur une citation de Plutarque : « Les jardins élèvent l’esprit ».

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