Vie de l'entreprise

Le Smic européen, une « utopie réaliste » pour Myriam El Khomri

Mots clés : Gouvernement - Travail

Le gouvernement français milite pour la création d’un salaire minimum européen, afin de lutter contre le dumping social.

Une « utopie réaliste » : c’est ainsi que Myriam El Khomri, ministre du Travail, qualifie l’idée d’établir un salaire minimum au sein de l’Union européenne. Cette idée est issue d’un rapport de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale, remis mercredi 19 octobre au gouvernement par le député Philip Cordery. La fixation d’un tel revenu aurait pour objectif de lutter contre le dumping social en Europe en diminuant les écarts de coûts du travail, parfois importants, existant entre les Etats membres. Ce que résume l’expression « à travail égal, salaire égal dans un même lieu de travail ».

En raison de divergences fiscales et sociales selon les pays, il est impossible en l’état actuel des choses de fixer un salaire d’un montant unique pour toute l’Europe. C’est pourquoi le rapport propose de l’exprimer en fonction du salaire médian de chaque pays. Pour le député Philip Cordery, l’idée serait de faire converger, petit à petit, les salaires minimums de manière à ce qu’ils se retrouvent dans la fourchette de 50 à 60% du salaire médian national (il est par exemple à 40% du salaire médian en Estonie et de 60% au Portugal et en France). Autres freins à lever : six Etats membres n’ont pas instauré de salaire minimum, laissant ce soin aux partenaires sociaux de chaque branche.

Cette proposition de salaire minimum européen fera partie des propositions de la France dans le cadre de la renégociation de la directive de 1996 sur le détachement des salariés.

 

« Oeuvrer pour la dignité des travailleurs européens »

 

Au-delà de la question du dumping social, Myriam El Khomri a estimé, lors de la réception du rapport, que l’instauration d’un Smic européen oeuvrerait en faveur de la dignité des travailleurs européens, en « augmentant le niveau de vie des ménages les plus modestes ». « La convergence des Etats membres vers un salaire minimum commun va dans le sens de l’histoire, a-t-elle aussi affirmé. C’est notre horizon indépassable. Reste à trancher sur la manière de fixer le niveau de ce salaire. » Pour Harlem Désir, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, il s’agit de réaliser un « rattrapage social » au sein de certains Etats-membres qui ont déjà connu, grâce à l’entrée dans l’Union, un rattrapage économique.

« La Commission européenne a lancé une grande consultation publique sur la création d’un socle européen des droits sociaux, a également rappelé Harlem Désir. Celle-ci doit déboucher sur une proposition au printemps 2017. Pour ce qui concerne la France, nous ferons toute une série de propositions mais je peux d’ores et déjà vous dire que la mise en place d’un salaire minimum au sein de l’Union européenne sera l’un des points majeurs de la contribution française. »

 

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