Energie

Le SER opposé aux 1000 m de distance éolienne/habitation

Mots clés : Energie renouvelable

Le Syndicat des énergies renouvelables ne veut absolument pas laisser passer l’amendement adopté par le Sénat qui double la distance minimale entre une éolienne et une habitation en la faisant passer à 1 000 mètres.

Lors d’une conférence de presse organisée le 3 mars, le SER a assuré que les dispositions de l’autorisation ICPE suffisent à garantir la sécurité et la santé du voisinage d’un parc éolien, notamment sur le bruit généré par les turbines, principal argument des partisans de l’amendement. « L’autorisation ICPE nécessite de réaliser des études acoustiques qui assurent que le niveau sonore reste à un niveau acceptable par le voisinage, a rappelé Damien Mathon, délégué général du SER. La généralisation d’une distance minimale de 1 000 mètres n’est pas une réponse adaptée. Ce n’est pas une question de distance, mais de niveaux sonores. » Dans l’éventualité où une nuisance serait avérée après la construction du parc, le préfet peut prendre des mesures de bridages des machines, ou d’arrêt à certaines tranches horaires. « Cela existe, mais c’est très rare, a assuré D. Mathon. À notre connaissance, cela n’est arrivé qu’une fois. »

 

Plus puissant pas plus bruyant

 

Par ailleurs, le SER a tenu à réfuter 2 points mis en avant par les partisans de l’amendement : les machines plus puissantes sont plus bruyantes, « ce qui est faux, les turbiniers améliorent constamment cette caractéristique », a certifié D. Mathon ; et une législation qui serait plus stricte dans les autres pays européens. « Hormis la Bavière, aucun pays européen n’a introduit cette règle des 1 000 mètres », a rectifié le délégué général.

Le risque d’introduire une telle distance entre les habitations et les parcs éoliens est d’amener à une réduction importante du nombre de projets, selon le SER. « Nous estimons qu’environ 90 % des projets en cours seraient impactés au moins en partie. Or, pour des petits parcs, une seule turbine en moins, et c’est l’équilibre économique du projet en entier qui est menacé, a prévenu D. Mathon. De plus, dans certaines régions à habitat très dispersé, comme le grand Ouest, cette règle va mener à un arrêt total du développement de l’éolien. »

Reste à savoir si cet amendement sera conservé lors du passage de la loi devant la Commission mixte paritaire qui devrait se tenir aux alentours du 10 mars. François Brottes, député PS président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, avait assuré fin février à Enerpresse, que revenir à la distance minimale de 500 mètres faisait partie des « sujets non négociables ». De son côté, Ségolène Royal, ministre de l’Énergie, a affirmé le 3 mars que la procédure d’élaboration de sa loi « n’était pas terminée, notamment sur les règles applicables aux éoliennes », sans préciser si elle faisait allusion à cette règle des 1 000 mètres.

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