Projets

Le Ronchamp du bas reconvertit sa filature

Mots clés : Architecture - Établissements de culte, funéraire

Ronchamp, ce n’est pas que la chapelle Notre-Dame-du-Haut de Le Corbusier, et plus récemment le monastère des clarisses signé Renzo Piano ! C’est aussi une ville basse avec sa filature désaffectée. Dans un autre registre que ses prestigieuses voisines, le site en Haute-Saône engage une reconversion qui se veut un modèle d’architecture et d’urbanisme en milieu rural.

«Ce projet est l’éloge du bris-collage», résume Bruno Tonfoni, de l’Atelier Cité Architecture (ACA), maître d’œuvre. Par ce jeu de mots, l’architecte-urbaniste exprime l’association entre la démolition partielle et la recherche d’une cohérence neuf/réhabilité qui caractérise la reconversion de l’ancienne filature, menée sous maîtrise d’ouvrage de la communauté de communes Rahin et Chérimont. Né au XIXe siècle, le bâtiment s’étendait sur 9 200 m2 à son rachat par la collectivité en 2011 après le départ de son dernier occupant industriel. L’équipe retenue (1) en conserve la moitié, correspondant aux éléments les plus remarquables du patrimoine industriel: les sheds et le logement patronal. Elle aménage 2 700 m2 supplémentaires de cour et auvents au centre. Après le siège de la communauté de communes dans l’ancienne maison de patron et une salle de répétition ouverte en octobre, les 5,6 millions d’euros de travaux (dont 60% de subventions) se poursuivent jusqu’à l’automne 2016 pour ajouter une galerie d’expositions, une halle d’événements, une salle omnisports et une «cour des artisans», conformément à la double vocation économique et culturelle voulue par le nouveau propriétaire public. La colonne vertébrale de cet ensemble sera apportée par la voie verte, aménagée sur près de 2 kilomètres: «son déroulé déterminera l’orientation des bâtiments et créera le lien entre les constructions et le reste de la commune. Nous recomposons un puzzle», décrit Bruno Tonfoni. Quant au canal usinier, il retrouvera une fonction: le stockage des eaux pluviales.

Avec son foncier constructible de 7 hectares, le site ménage de larges marges de développement futur. Il a vocation à ajouter de l’habitat, à raison d’environ 50 logements à partir de 2017, ce qui permettra aussi de rééquilibrer le bilan économique de l’opération.

 

Dialogue compétitif

 

Son exemplarité, l’ex-filature la revendique aussi sur le plan de la méthode. Deux éléments forts jalonnent la reconversion: l’accompagnement de bout en bout par le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, et un dialogue compétitif. «Celui-ci formait la dernière étape d’un process de trois ans passé par la sensibilisation des élus, la définition du projet de territoire, la vérification de l’adaptabilité du bâti à ce projet», décrit Jérémy Ronchi, chargé de mission architecture-urbanisme au Parc naturel régional (PNR). «Nous avons préféré prendre le temps pour s’assurer de ne pas faire fausse route, pour bien penser le projet sous le double angle de l’architecture et de l’urbanisme», ajoute-t-il.

Avec l’exemple de Ronchamp, le PNR, très engagé sur la relation entre urbanisme et environnement en montagne, espère redonner ses lettres de noblesse à l’aménagement en milieu rural. Sous l’intitulé «recycler pour transformer un territoire», la visite du site a introduit, en octobre, un colloque sur l’urbanisme rural qui s’est ensuite prolongé à l’Ecole d’architecture de Nancy. Histoire d’inviter les futurs maîtres d’œuvre à ne pas seulement se laisser attirer par les lumières de la ville.

 

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  • - Le
    Avant de parler de l’exemplarité de la méthode, vous auriez été bien inspiré de rencontrer les candidats écartés qui ont formellement contesté la façon dont s’est déroulé la fin de la procédure de dialogue compétitif. Quant au projet en cours de réalisation, on pourrait débattre de la façon de considérer le patrimoine industriel.
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