Entreprises de BTP

« Le ralentissement de la croissance se confirme »

A quelques jours de l’inauguration de Batimat, le président de la Capeb, Jean Lardin, dévoile dans un entretien exclusif accordé au Moniteur ses prévisions conjoncturelles. Il revient également sur la loi d’orientation sur l’artisanat.

Comment qualifiez vous l’activité du bâtiment ?
Jean Lardin: Nous constatons une nouvelle décélération du taux de croissance au troisième trimestre 2001. Le ralentissement de la croissance se confirme. En effet, le volume des travaux dans l’ensemble du secteur bâtiment ne progresse que de 1% en volume par rapport au même trimestre de l’année précédente. Dans l’artisanat, la croissance est encore plus modeste: elle n’est que de 0,5% en volume.

Est-ce un ralentissement plus fort que prévu?
Nous espérions atteindre, pour l’ensemble de 2001 une croissance en volume de 2,5% ou 2,6% dans l’artisanat du bâtiment. Si la tendance du troisième trimestre se confirme au quatrième, nous n’arriverons qu’avec difficulté aux 2%. Nous tomberons même peut-être sous ce chiffre, pour être plus près des 1,5% que des 2%.
Par région, nous notons que l’Ile-de-France subit un ralentissement plus rapide que les autres, de même que le Centre.

Etes-vous inquiets sur les risques d’une non reconduction de la TVA à 5,5% par Bruxelles ?
Inquiet, non! mais je suis très vigilant. Le risque serait de penser que l’affaire est gagnée et de ne pas se préparer à défendre le dossier. La secrétaire d’Etat au Logement nous a assuré encore récemment que le dossier était en cours d’étude et que c’était un dossier prioritaire pour elle.

Selon vous, les pouvoirs publics pourraient-ils laisser filer le dossier afin de remettre la main en 2003 sur les 20 milliards de francs que « coûterait » la mesure?
Ce serait un mauvais calcul politique. On s’est trop battu pour tenter l’expérience. Elle s’est avérée très positive. Il est hors de question de penser que trois années suffisent! Dans une période où l’on observe un ralentissement de la croissance, il faut défendre les dispositifs qui permettent à l’activité d’être soutenue. Derrière l’activité, il y a des emplois, des rentrées fiscales, des cotisations sociales… Il ne faudrait pas prendre le risque d’un effet domino.

Plaidez-vous le dossier auprès de l’opposition parlementaire ?
La classe politique est unanime pour maintenir la baisse de la TVA. Et quelle que soit l’issue des élections, le sort de la TVA à 5,5% n’est pas menacé par des changements éventuels de majorité.

La loi d’orientation sur l’artisanat semble prendre du retard, pensez vous que le projet pourra être examiné en première lecture prochainement à l’assemblée ?
Une étape a été franchie il y a quelques jours puisque les deux députés qui ont été chargés du dossier viennent de remettre leur rapport et leurs propositions au Premier Ministre.
Nous avons eu l’assurance du gouvernement et du président de l’Assemblée Nationale que toutes les dispositions étaient prises pour que le projet passe en première lecture, donc avant les élections de 2002. S’il passe en première lecture, c’est l’assurance que le projet sera repris par la nouvelle assemblée, qu’il y ait ou non une nouvelle majorité. Nous attendons beaucoup de cette loi notamment sur la prise en compte des aspirations des entreprises en matière de protection du patrimoine, du financement des investissements de la transmission-reprise…

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le Moniteur numéro 5109 en date du 26 octobre 2001


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