Matériaux et équipements

Le Qatar invente le « casque réfrigérant » pour les ouvriers des stades du Mondial 2022

Mots clés : Energie renouvelable

Cette technologie innovante utilise des ventilateurs à l’énergie solaire pour réduire jusqu’à 10 degrés la température de la peau, a indiqué le Supreme Committee for Delivery and Legacy, le comité qui supervise l’organisation du Mondial-2022.

Depuis l’attribution au Qatar de l’organisation de la Coupe du monde 2022, le sujet d’inquiétude principal (en dehors des graves soupçons de corruption qui pèsent sur le processus d’attribution lui-même) reste la chaleur  : les températures estivales atteignent régulièrement les 50 degrés dans l’émirat. Dès lors : comment y jouer au football  ? Et surtout : comment permettre, dans de bonnes conditions, la construction des stades ?

Sévèrement critiqué pour les conditions d’embauche, de travail et de vie des quelque 5000 ouvriers chargés de construire les bâtiments destinés à accueillir la Coupe du monde (voir Focus), le Qatar a promis des mesures pour assurer leur santé. La dernière en date : le développement d’un casque « réfrigérant » révolutionnaire.

 

 

 

Mis au point par l’Université du Qatar, ces casques sont équipés de ventilateurs à énergie solaire. Le ventilateur souffle de l’air frais sur le front de l’ouvrier, « créant un micro-climat » pendant quatre heures, a expliqué Saud Abdel-Aziz Abdel-Ghani, professeur ingénieur à l’université du Qatar. Cette fraîcheur permettrait de réduire jusqu’à 10 degrés la température de la peau estime l’université du Qatar. « Notre objectif était de réduire le stress et les accidents vasculaires dus à la chaleur », a ajouté M. Abdel-Ghani qui soutient que cette technologie pourrait « révolutionner » l’industrie du bâtiment dans les régions les plus chaudes de la planète.

Ces casques, dont l’élaboration a été lancée il y a deux ans pourraient voir le jour l’été prochain, selon le Supreme Committee  for Delivery & Legacy (le comité qui supervise l’organisation du Mondial-2022). Il en faudra une quantité colossale : 36.000 travailleurs sont attendus sur les chantiers du Qatar au cours des deux prochaines années.

 

 

Focus

Sous le feu des critiques

Le Qatar est sous le feu des critiques pour les conditions des travailleurs employés sur les chantiers du Mondial, et des migrants en général. Amnesty International a ainsi publié en mars un rapport dénonçant des abus flagrants que subissent les travailleurs sur un des sites du Mondial, le stade Khalifa.

En octobre, le Qatar annonçait pour la première fois la mort d’un ouvrier sur le chantier d’un stade. Les détracteurs de ce petit pays du Golfe affirment que quelque 1.200 travailleurs sont déjà morts et que ce nombre peut atteindre les 4.000 d’ici 2022, ce que le pays nie catégoriquement.

Récemment, l’émirat a annoncé avoir aboli le système de la Kafala, un sytème qui assigne à l’ouvrier un « parrain » local -individu ou entreprise- auprès de qui il doit obtenir une autorisation pour changer d’emploi ou quitter le pays, et qui s’apparente par nombre d’ONG à de l’esclavage moderne.

 

 

 

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