Paysage

Le projet mondial d’un jeune amoureux des arbres

Mots clés : Conservation du patrimoine - Démarche environnementale

La gestion écologique du patrimoine arboré motive la création d’une fédération internationale. Sa naissance aura lieu le 7 octobre à Pantin (Seine-Saint-Denis), à l’initiative de Matthieu Lemouzy, professionnel aveyronnais du paysage et militant de la cause des arbres âgé de 26 ans.

Pantin, aux portes de Paris, deviendra pour deux jours la capitale mondiale de la défense du patrimoine arboré, du 7 au 9 octobre à l’occasion du premier colloque international « Les arbres en congrès ». Les efforts de gestion écologique engagés par la ville lui ont valu, le 17 juillet dernier, le premier label « Arbre d’avenir », attribué à l’initiative de l’Association pour une révolution écologique du patrimoine arboré. L’évaluation conduite par cette dernière conclut à la capacité de la collectivité à poursuivre, dans les cinq ans à venir, une politique de plantation et de gestion favorable à l’épanouissement des végétaux. L’audit inclut le choix des espèces, la qualité du sol, leur éloignement des bâtiments et infrastructures, les pratiques de taille…

 

Du label à la certification

 

L’engagement à un accompagnement technique place la commune en situation de grimper la hiérarchie du label, qui comprend trois niveaux. L’Association pour une révolution écologique du patrimoine arboré a engagé la procédure requise par le comité français d’accréditation pour donner, à partir de l’an prochain, la puissance juridique d’une certification à sa démarche qui se décline auprès de deux cibles : les gestionnaires – parmi lesquelles Pantin fait figure de pionnier – et les entreprises de paysage et d’élagage. La certification de ces dernières comprendra deux niveaux.

Auréolée par le parrainage du botaniste Jean-Marie Pelt, la manifestation de Pantin sert de marchepied à une ambition nationale et internationale qui, outre le label, comprend deux autres piliers : la réglementation et la formation. Une « pétition pour l’arbre en France et en Europe », lancée du 25 mai au 30 novembre 2015, développe l’argumentation réglementaire en faveur du « symbole de vie », du « climatiseur naturel », et du « puits de carbone » dépourvu de système légal de protection.

 

Diplôme d’ingénieur

 

En cours d’habilitation comme organisme de formation permanente, l’Association pour une révolution écologique du patrimoine arboré prévoit de diffuser son expertise à travers des cursus conduisant à des diplômes d’ingénieurs, destinés, comme les labels, aux gestionnaires et aux entreprises de paysage et d’élagage. La notoriété des intervenants au colloque de Pantin renforce la crédibilité technique du projet de l’association.

Sur les mêmes thèmes de labellisation, réglementation et formation, l’association française, créée depuis 18 mois, espère un essaimage international. Des Italiens, Belges, Béninois et Nigérians poseront les fondations de la « Fédération internationale de l’arbre », le 7 octobre au cours du colloque. Cette mondialisation n’empêche pas Matthieu Lemouzy de labourer sa terre natale, identifiable à son accent : les 19 et 20 septembre à Saint-Côme d’Olt (Aveyron), la première édition d’une « foire aux plantes » se concentrera sur le thème des « herbes en folie ». L’un des deux concours déclinera le thème culte du créateur de l’association : les plantes oubliées ou méconnues.

 

Peur de rien

 

Porté par l’ébullition qui accompagne la préparation du sommet mondial du climat, fin novembre et début décembre à Paris, le jeune militant aveyronnais du végétal situe l’origine de sa vocation d’activiste au salon Paysalia 2011 : après son BEP, son bac pro et son BTS en aménagement paysager, l’Aveyronnais était arrivé premier au concours de reconnaissance des végétaux. Sa passion des oubliés et méconnus du monde végétal l’a amené à identifier les arbres comme des oubliés de la loi.

Rebondissant sur le projet de 60 millions d’arbres à planter dans les 10 ans, inclus dans le plan national d’actions pour le paysage, il entend proposer à la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal d’y ajouter une pièce : celle de l’éducation à l’environnement. « Il m’a fallu 18 mois pour décrocher le rendez-vous du 3 septembre avec son cabinet », raconte le jeune homme, déjà rompu aux courses de fonds exigées par la mise en mouvement des administrations de l’Etat et des collectivités.

Gageons que Mathieu Lemouzy ira loin : rien n’arrête ce surdoué inclassable, calme et déterminé, sûr de lui sans se poser en donneur de leçon.

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