Transport et infrastructures

Le port de Marseille achève deux chantiers majeurs pour son avenir

Mots clés : Gares, aéroports - Transport maritime

L’élargissement de la passe nord et la remise en état de la forme 10 permettent d’adapter les infrastructures des bassins de Marseille à l’augmentation de la taille des navires et aux besoins de la réparation navale. Mais le chantier du nouveau bateau-porte de la forme 10 a rencontré de sérieuses difficultés…

Pour la première fois depuis le début des travaux de rénovation, la forme 10 -destinée à la réparation et à l’entretien des navires- des bassins de Marseille a été remise en eau, afin de permettre la mise en flottaison du nouveau bateau-porte et de trois caissons également réalisés à l’intérieur de cette infrastructure. Ces caissons sont destinés à reconstituer les extrémités de la digue du Large et de la digue de Saumaty, dans le cadre du chantier de l’élargissement de la passe nord (32,7 millions d’euros). Ils doivent permettre de retrouver les mêmes conditions de protection du plan d’eau qu’avant les travaux de raccourcissement des digues de Mourepiane et Saumaty.

Pour les travaux sur la forme 10 (budget total de 31,1 millions d’euros), alors que sa rénovation devrait être achevée à l’automne 2015 avec la mise en œuvre d’un nouveau bateau-porte, celle-ci doit, pour l’heure, encore utiliser le bateau de porte de 1975, construit à sa création. En cause: de sérieux incidents techniques survenus pendant la mise en précontrainte des câbles verticaux de l’ouvrage, en mars 2015. Ils ont entraîné la mise à l’arrêt du chantier de précontrainte, plusieurs mois de diagnostics et d’expertise par le groupement piloté par Spie batignolles et par le GPMM, suivis d’une phase de réparations menée par le groupement, à partir de janvier 2016 et jusqu’en juin.

 

Des fibres de carbone pour réparer le radier

 

«Ces incidents font que la remise en service commerciale de la forme 10 interviendra avec un an de retard, en septembre 2016, avec des conséquences commerciales sur l’entrée en vigueur du contrat qui lie le GPMM et le Chantier naval de Marseille, l’exploitant de l’ouvrage. Nous devons également procéder à une remise à niveau de l’ancien bateau-porte, des travaux qui vont durer deux mois jusqu’en septembre» explique Alain Dormenval, chef de département à la Direction des Opérations du GPMM.

Ouvrage maritime complexe -un assemblage de caissons en béton précontraint représentant 3 600 m3 de béton haute performance, 17 km de câbles de précontrainte et un poids de 16 000 tonnes une fois mis en place-, le nouveau bateau-porte a subi un décollage de la paroi béton et une fissuration profonde au niveau du radier lors de la tension des câbles verticaux de précontrainte. Problème de ferraillage, de qualité des gaines de précontrainte, de formulation du béton ? Entreprises et maître d’ouvrage sont discrets sur les causes de cet incident du fait des enjeux économiques et des surcoûts engendrés. Les réparations ont été faites au moyen de 8 000 tresses en carbones introduites pour rigidifier l’ouvrage et de tissu de fibre de carbone appliqué sur le radier.

 

Des caissons construits en deux étapes

 

Après des travaux de finition et d’équipement sur un côté de la forme 10, le nouveau bateau-porte sera réceptionné par le port puis suivra une phase d’essais de deux mois. La date de sa mise en service n’est pas encore connue. «Ces travaux supplémentaires sont pris en charge par le groupement et nous restons dans le marché initial du bateau-porte de 13,5 millions d’euros avec des pénalités appliquées au groupement par jour de retard» confirment les responsables du GPMM.

Pour les caissons qui vont reconstituer les musoirs des digues de Saumaty et du Large, leur construction a débuté en mars dernier dans la forme 10. Confiés à un groupement Bouygues TP, Bauland TP, DTP et Spac, ces ouvrages représenteront chacun 30 m de long, 15 m de diamètre, 22 m de haut, 4 500 tonnes avant lestage. Circulaires, bilobés, ils sont perforés en partie haute pour réduire la puissance des vagues. Egalement mis en eau, ils atteignent actuellement une hauteur de 12 m et l’achèvement de leur construction doit se poursuivre à flot, jusqu’en octobre. Leur échouage, à l’extrémité des digues interviendra entre septembre et décembre 2016. «Ces caissons ont des parois en béton d’un mètre d’épaisseur et ils ont été réalisés en continu, en trois semaines chacun, grâce à un coffrage glissant et à deux centrales à béton installées sur site» précise Alain Dormenval.

 

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