Ingénierie

Le pont Citadelle de Strasbourg, Grand prix national de l’ingénierie 2016

Mots clés : Architecte - Conception - Ouvrage d'art

Conçu par une équipe d’ingénieurs et architecte d’Egis, cet ouvrage d’art salué par le jury pour « son élégante simplicité, son originalité et sa lisibilité » a été distingué par le dixième Grand prix national de l’ingénierie décerné le 20 octobre lors d’une cérémonie au ministère de l’Environnement.

Dix ans après le projet du pont grec de Rion-Antirion, premier lauréat en 2006, le Grand prix national de l’ingénierie a été attribué à une équipe d’ingénieurs et d’architecte du groupe Egis pour la conception originale du pont Citadelle sur le bassin Vauban à Strasbourg qui permet l’extension du réseau de tramway de la Compagnie des transports strasbourgeois vers l’Allemagne. Salué par le jury pour son élégante simplicité, son originalité et sa lisibilité, l’ouvrage est le fruit d’une conception très intégrée entre architecte et ingénieurs au sein d’Egis.

Claude Le Quéré, ingénieur chef de projet, et Jean Bernard Nappi, architecte, se souviennent qu’ils sont partis d’une page blanche et d’une longue liste de contraintes techniques et esthétiques pour élaborer cet ouvrage. Une partie de ping-pong entre ingénieurs et architecte a conduit à éliminer les unes après les autres les solutions les moins adaptées au projet pour parvenir à trois solutions, puis une seule.

 

Les exigences du rail


« Grâce à la conception en 3D dès les premières esquisses, nous avons pu tester de nombreuses variantes, tant structurelles qu’esthétiques », apprécie Claude Le Quéré. La maquette numérique 3D a ensuite permis de détecter très vite les défauts et d’éviter toute imprécision dans le projet. A toutes les phases de conception, l’équipe a cherché à concilier les exigences du tramway, notamment une certaine rigidité du tablier support des rails, avec la souplesse de la structure métallique suspendue. L’objet à construire étant parfaitement défini, les entreprises ont pu ensuite se consacrer à la recherche des meilleures méthodes de mise en place. Le résultat est un pont métallique dont le tablier courbe et élancé, d’une portée de 163 m, est suspendu à un arc supérieur par l’intermédiaire de suspentes. Cet arc de 40 m de haut, dont la ligne d’épure est dans un plan vertical, présente un biais par rapport au tablier qu’il enjambe. L’axe de symétrie vertical de l’arc se trouvant à l’aplomb du centre du tablier, les deux demi-arcs sont sollicités de manière identique, « comme une balançoire », illustre la chef de projet.

Les formes épurées voulues par l’architecte constituent également une réponse technique à l’analyse des efforts. Par exemple, la section transversale de l’arc en caisson métallique varie en hauteur et en largeur, de sa base plus haute que large à son sommet plus large que haut. Cette forme résulte d’une volonté esthétique mais aussi de l’analyse des efforts afin d’optimiser la matière. De même, le choix technique des accroches basses des suspentes via des caissons secondaires en rive extérieure a favorisé la finesse perceptible du tablier. En effet le tablier par sa forme courbe continue, apparaît comme très fin et contribue à renforcer son image urbaine. La mise en oeuvre des équipements et des voies est en cours et le pont Citadelle devrait être mis en service au printemps 2017, après les essais de rigueur. L’équipe de maîtrise d’œuvre salue la confiance du maître d’ouvrage pour cette première mondiale.

Le jury n’a pas désigné de lauréat pour le prix Construction-aménagement. Quant au prix Industrie, il revient au projet «Métro Lille Métropole : banc de tests dynamique» mené par Artelia avec l’agence d’architecture Urba Linea.

Rappelons que ces prix destinés à mieux faire connaître les métiers de l’ingénierie ont été créés en 2006 à l’initiative de Claude Martinand, alors vice-président du conseil général des Ponts et Chaussés, Alain Bentéjac, président de Syntec-Ingénierie, et Jacques Guy, président-directeur général du groupe Moniteur. Ils sont, depuis, organisés chaque année par les ministères de l’Environnement ; de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique ; du Logement et de l’Habitat Durable et Syntec-Ingénierie, avec le concours du groupe Moniteur.


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