Innovation produits

Le poêle à granulés : un combustible, deux possibilités

Mots clés : Plancher (structure)

Déjà très prisé dans sa version classique, le poêle à granulés ajoute une touche à sa palette en version « hydro », raccordée à un plancher chauffant.

Aujourd’hui encore, le poêle à granulés reste l’affaire de spécialistes, âtriers ou cheministes. Mais il est désormais susceptible d’intéresser les plombiers-chauffagistes depuis que plusieurs fabricants de poêles classiques ont ajouté à leur gamme des poêles « hydro » ou poêles « bouilleurs ». Des produits promis à un véritable « boom », mais qui pour l’heure ne parviennent pas à élargir leur clientèle aux chauffagistes, comme l’explique Dominique Lutz, formateur Qualibois : « Les fabricants de poêles traditionnels (Wanders, Deville, Palazzetti&hellip) ne sont pas très bien implantés auprès des chauffagistes. Ça leur pose problème de proposer du poêle classique ou bouilleur.

Mais plusieurs fabricants de chaudières étudient sérieusement la possibilité de commercialiser des poêles à bois, qu’ils soient classiques ou bouilleurs. Dès lors, l’engouement des chauffagistes prendrait réellement son essor. » Sans oublier que les poêles étanches (voir encadré), qui ne nécessitent pas de prise d’air de 50 cm 2 , se prêtent aux maisons BBC.

 

Attention aux conduits de fumées

 

D’autant que les plombiers sont tout à fait légitimes pour installer des poêles bouilleurs, de par leur aptitude à réaliser des raccordements hydrauliques. Mais il leur faudra maîtriser les règles de l’art en matière de fumisterie. Le DTU 24.1 en constitue la base, qui régit notamment les distances de sécurité en toiture ainsi que la constitution du conduit de fumées. Mais les règlements sanitaires départementaux types, qui encadrent l’obligation d’entretien des conduits de fumées, sont également à prendre en compte. En matière de formation, l’association Qualit’EnR propose une appellation Qualibois disponible en deux déclinaisons : Qualibois « air » pour les poêles indépendants ainsi que les cheminées et inserts ; Qualibois « eau » pour les chaudières bois et poêles bouilleurs.

 

Deux possibilités

 

Le poêle à granulés « classique »


 

Principe

Au même titre que le poêle à bûche, le poêle à granulés classique chauffe l’espace dans lequel il est situé par convection et rayonnement. Lorsqu’il est qualifié d’étanche, la combustion des granulés est alimentée par de l’air provenant de l’extérieur (voir encadré). Tandis qu’un poêle non étanche prélèvera l’air comburant au sein de la pièce, grâce à une entrée d’air d’au moins 50 cm 2 .

Mise en œuvre

Pour tout type de poêle (étanche ou non étanche), le conduit de fumées doit être choisi et dimensionné selon la norme EN 13384.1. Son installation doit répondre au DTU 24.1 et respecter les points suivants : son extrémité doit dépasser le faîtage de la toiture d’au moins 40 cm et ne doit rencontrer aucun obstacle dans un rayon de 8 m.

Avantage

Outre son apport esthétique à la pièce de vie, le poêle à granulés classique peut venir en complément d’un mode de chauffage principal.

Inconvénient

Il ne permet pas de chauffer toutes les pièces de la maison.

 

Le poêle à granulés « bouilleur »


 

Principe

Également appelé poêle « hydro », il se raccorde à un circuit hydraulique de distribution, à l’instar d’une chaudière.

Mise en œuvre

Le poêle « hydro » requiert pour son installation des compétences de chauffagiste. Mais attention : un séjour n’est pas une chaufferie ! L’installation doit être propre et contribuer à l’esthétisme de la pièce. À titre d’exemple, le conduit de fumées sera agrémenté d’une collerette de finition.

Avantage

Le poêle bouilleur permet d’alimenter toutes les pièces via le circuit de distribution. De plus, le granulé est un combustible qui permet à la boucle d’eau de fonctionner sans inertie (octroyée par un ballon d’accumulation), contrairement aux poêles à bûches.

Inconvénient

Plus complexe à installer, notamment pour les non-chauffagistes, il implique également un investissement plus lourd.

 

 

Cet article est extrait du Moniteur Entrepreneurs et Installateurs d’Octobre « spécial » Batimat, Interclima+Elec, Idéo Bain

Focus

Le poêle « étanche »

Il vise à prévenir les retours de fumées, synonymes de possible intoxication au monoxyde de carbone. Un poêle est certifié étanche après mise en dépression sous 50 Pa dans un laboratoire accrédité afin de valider son seuil de débit de fuite (qui doit être inférieur à 0,25 m 3 /kW). Il peut alors être raccordé à un conduit de fumées concentrique ou « double flux » en rampant de toiture. Ce type de conduit assure dans le même temps l’alimentation du brûleur en air extérieur et l’évacuation des fumées.

Focus

« Ne jamais surdimensionner un poêle ! » - Dominique Lutz, formateur à l'Agecic (1)

« De plus en plus de poêles « bouilleurs » sont disponibles sur le marché et de nombreux fabricants de chaudières s’intéressent à ce produit. Pour choisir entre un poêle classique et un poêle « hydro », il faut considérer l’énergie de base utilisée dans le logement. Si cette énergie est chère, la substituer à un poêle bouilleur est pertinent. Si en revanche, le logement est alimenté par une énergie bon marché (type géothermie), autant recourir à un poêle classique, en complément. Enfin, quel qu’il soit, il ne faut en aucun cas surdimensionner un poêle, sous peine de le faire fonctionner dans sa plage de non-modulation (entre 0 et 30 % de sa charge nominale), ce qui détériore son rendement tout en aggravant son encrassement. »

 

(1) Agecic : Association pour la gestion des études du Ceric sur les installations de combustion

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  • - Le
    C’est certain , le chauffage au bois s’integre desormais tellement dans la construction qu’un installateur de poele a bois doit s’interesser à la construction dans son ensemble (RT2012) et qu’un chauffagiste/plombier doit aussi s’interesser au chauffage au bois (ex chaudiere, poele hydro comme vous l’expliquez). Du coup les 2 métiers se croisent mais ces opportunités sont aussi vecteurs de risques, ne s’improvise pas chauffagiste qui veut et ne s’improvise pas fumiste (installation des conduits). Certes les qualifications (quand on recoit enfin les documents necessaires une fois la certification obtenue) minimisent ces risque, mais la formation en fait pas tout , il faut aussi du terrain ! Source: http://www.poelesabois.com
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