Performance énergétique

Le pavillon dont la facture énergétique ne dépasse pas les 500 euros par an

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Chauffage - froid - Marché de l'énergie - Réglementation thermique et énergétique

Déclinaison du concept alsacien de Maison Europassive, le logement de 160 m² affiche un besoin en chauffage inférieur à 8 kWh/m².an, soit huit fois moins que les exigences de la RT 2012 dans l’Est de la France.

Une maison sans chauffage en Alsace, l’agence KMO avait démontré dès 2013 que c’était possible, avec une première Maison Europassive construite dans la commune bas-rhinoise de Gries (voir notre article). Son dirigeant, Vincent Kempf, pousse aujourd’hui la performance un cran plus loin. Le pavillon livré en juin dernier à Hochfelden (67) affiche des besoins en chauffage estimés à 7,7 kWh/m².an, près de deux fois moins que les exigences de la certification allemande Passivhaus, le référentiel choisi par l’agence KMO. C’est aussi un niveau inférieur de 30% à la première Maison Europassive, dont la consommation avait été chiffrée à 12 kWh/m².an. Les premiers retours d’expérience permettent même d’envisager une performance supérieure: après un an d’utilisation, la facture énergétique du pavillon de Gries s’est montée à 352 euros HT (hors abonnement, toutes consommations confondues), bien moins que les 420 euros HT attendus. «Les conditions météorologiques ont été meilleures que prévues», souligne modestement Vincent Kempf.

 

Entre 400 et 440 mm d’isolants, sur les six faces de l’enveloppe

 

A Hochfelden, le maître d’œuvre a estimé la facture énergétique annuelle à 500 euros HT (hors abonnement) pour l’ensemble des besoins de ce logement de 160 m². Le principe constructif de cette deuxième Maison Europassive reste identique: une maison à ossature bois fortement isolée et étanche à l’air, une VMC très performante couplée à un puits canadien, et une importante surface vitrée en façade sud avec des menuiseries en triple vitrage. Pour limiter les ponts thermiques, la structure repose non pas sur une dalle béton mais sur un réseau de 45 mètres de longrines courant sur tout le périmètre de la maison, avec une section de refend. L’isolation se fait par insufflation de ouate de cellulose dans l’épaisseur de l’ossature (400 mm pour la dalle basse et les murs, 440 mm pour la toiture). «Assurer une isolation continue de l’enveloppe permet de limiter les ponts thermiques, résume Vincent Kempf. Plusieurs facteurs expliquent le choix de la ouate de cellulose: son origine bio-sourcée, son coût modeste comparé aux solutions de laine minérale, et surtout son important temps de déphasage (14h) qui garantit un meilleur confort d’été.» Les fortes épaisseurs d’isolants permettent de limiter au maximum les déperditions thermiques, avec un coefficient U de 0,11 W/m².K pour la dalle basse, 0,09 W/m².K pour les murs et 0,08 W/m².K pour la toiture. Le choix d’une toiture végétalisée ajoute à la performance, avec la présence de 80 mm d’isolants PU, du système d’étanchéité et de 80 mm de substrats. Le niveau d’étanchéité est lui aussi excellent, à 0,28 m3/h.m2. Un soin tout particulier est accordé aux traversées de paroi, notamment pour la dalle basse: conduites d’eau et de ventilation sont systématiquement surisolées, et le cas échéant intégrés dans des caissons de bois.

 

Un taux record de récupération de chaleur

 

L’essentiel des apports lumineux se fait par les 40 m² en surface vitrée en façade sud, via des menuiseries triple vitrage équipées de brise-soleil orientables motorisés, fournies par le groupe allemand Pazen. «Le choix de cet industriel constitue l’une des principales sources de progression par rapport à la première Maison Europassive, souligne Vincent Kempf. Le châssis bois-alu présente une très haute performance avec un Uw limité à 0,68.» L’apport solaire constitue la principale source de chauffage de la maison. Le complément est apporté par une VMC double flux (de marque Paul Ventilation) aspirant l’air dans les pièces humides (cuisine, salle de bain) pour le restituer dans les pièces à vivre, avec un taux de récupération de la chaleur culminant à 94%. La maison a cependant été équipée de deux radiateurs électriques pour les mois les plus froids, avec une puissance maximale de 2000 W. Un puits canadien de 105 mètres de long, enterré à 2,5 mètres de profondeur, et un ballon ECS alimenté par deux panneaux solaires complètent les équipements techniques.

 

Une logique partenariale

 

Le choix d’artisans qualifiés et impliqués a été une préoccupation majeure pour l’agence KMO, qui a fait de la qualité et des valeurs humaines deux des piliers de sa marque Maison Europassive. Il s’agit aussi d’entreprises locales, à commencer par HL Structure Bois qui a assuré la préfabrication et l’assemblage de l’ossature ainsi que la pose des menuiseries. Les sociétés bas-rhinoises Bauer (plâtrerie), Wiedemann (étanchéité, végétalisation) et Stark (gros œuvre béton) figurent parmi les autres intervenants majeurs. L’expérience accumulée sur les deux premières maisons doit permettre d’améliorer la conduite des deux chantiers prévus en 2015. Menuiseries et isolants pourraient notamment être intégrés aux éléments d’ossature dès la phase atelier. En cours de certification Passivhaus, la maison d’Hochfelden a coûté 420 000 euros TTC, frais de maîtrise d’œuvre inclus, incluant la construction des 160 m² habitables et de 160 m² de garages et remises.

 

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